Grandes manoeuvres dans l’industrie automobile chinoise

Grandes manoeuvres dans l’industrie automobile chinoise

La restructuration dans l’industrie automobile chinoise s’est accélérée avec la fusion du plus gros constructeur et du doyen, pour former un groupe qui veut rivaliser avec les géants mondiaux.
Shanghai Automotive Industry Corporation (SAIC) s’est emparé la semaine dernière d’un de ses concurrents, Nanjing Auto Corporation (NAC), propriétaire depuis deux ans de la marque britannique MG.
Grand groupe public, SAIC va débourser 2,1 milliards de yuans (286 millions de dollars) pour acquérir Yuejin Motor, la maison-mère de NAC, qui recevra en échange 320 millions d’actions SAIC, soit environ 5% du capital du constructeur shanghaien.
Basé à Nankin (Est du pays), NAC est le plus ancien constructeur automobile chinois, fondé en 1947. 
Le rapprochement des deux constructeurs, qui s’étaient battus pour la marque MG de Rover en faillite, a été encouragé au plus haut niveau par l’Etat chinois.
Le gouvernement cherche à bâtir des entités nationales capables de faire bonne figure aux côtés des General Motors, Toyota et Volkswagen, très présents en Chine avec des partenaires locaux.
L’accord a pour but de créer un groupe «de classe mondiale», selon le directeur général de SAIC, Hu Maoyuan.
«C’est une excellente nouvelle pour les deux, et pour l’industrie chinoise dans son ensemble (…) ce genre de consolidation permet aux firmes d’être mieux armées pour la compétition», estime Liu Shuofeng, analyste chez CEL Venture Capital (Shenzhen).
Pour Wang Mingchun, de TX Securities Consulting (Pékin), «les constructeurs vont encore s’appuyer pendant 5 à 10 ans sur le marché intérieur avant de s’intéresser davantage aux marchés étrangers», avec plus d’expérience et de meilleurs produits.
Leur appétit de conquête est déjà remarqué sur les grands salons où ils exposent, y compris des contrefaçons présumées.
Encore faibles, les exportations chinoises sont toutefois passées de 1.000 unités en 2003 à 170.000 en 2005 – plus que le nombre de voitures importées – essentiellement vers des pays émergents et la Russie, l’Europe et l’Amérique semblant intouchables à ce jour.
«Nous allons continuer à promouvoir la marque MG à l’étranger pour dynamiser nos exportations», n’a pas manqué de souligner le président de la SAIC, Chen Hong, lors de la signature de l’accord avec NAC.
Ce n’est pas un hasard en tout cas si la nouvelle de la fusion entre SAIC et Nanjing Auto est tombée le même jour que celle de la rupture entre Fiat et NAC, qui ont mis fin à leur joint-venture en Chine, et cinq jours après l’annonce par General Motors de la vente de plus d’un million d’automobiles en Chine en 2007.
Le géant américain, le mieux implanté en Chine avec VW, est ainsi devenu le premier constructeur à franchir cette barre mythique en une seule année, grâce en partie à son alliance avec … SAIC, créée il y a dix ans.
Les ventes de GM en Chine avaient dépassé le cap des 100.000 immatriculations annuelles en 2002 et celui des 500.000 en 2005.  A un moindre niveau, le groupe français PSA, associé à Dongfeng Motor, est également très offensif en Chine, avec 200.000 voitures Citroën et Peugeot vendues en 2006. Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles vise une production totale de 450.000 unités d’ici à la fin 2009.  Le marché chinois pourrait rapidement atteindre les 8 millions de véhicules par an, selon les experts. Le parc devrait passer de 20 millions d’automobiles en 2002 à 50 millions en 2010 et plus de 100 millions en 2020.

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