Hind Aba Tourab : «Je rêve de participer à des courses automobiles à l’étranger»

Hind Aba Tourab : «Je rêve de participer à des courses automobiles  à l’étranger»

Entretien avec Hind Aba Tourab, championne marocaine, africaine et arabe en courses automobiles

Hind Aba Tourab vient de remporter la 4ème manche du Championnat national organisé récemment au Circuit international Moulay El Hassan Marrakech. Dans cet entretien, elle parle également de son expérience en tant que seule femme en courses mixtes ainsi que de son évolution dans ce sport.   

ALM : Vous participez à des courses mixtes. Comment menez-vous cette expérience?

Hind Aba Tourab : Tout d’abord, des femmes prenaient part à ces courses, mais pour le moment je suis la seule femme qui y participe. Si d’autres ne poursuivent pas l’aventure, c’est parce que ce sport est difficile. Déjà, c’est mon père qui me prend en charge puisqu’il faut assurer un entretien à la voiture qui est normalement importée de l’étranger. Les pièces de rechange sont chères. Aussi, il faut payer le technicien qui provient à son tour de l’étranger. Pour s’entraîner, il faut s’appuyer sur l’expérience d’un moniteur qui est souvent étranger. L’ensemble coûte cher. Rien n’est disponible au Maroc. Depuis que j’ai commencé à faire ce sport en 2009, je prends part à tous les championnats au Maroc exclusivement dédiés aux hommes. Pour ma part, je participe en deux catégories en même temps. Auparavant, j’ai commencé par la catégorie M1 puis M2. L’an dernier j’ai testé M3 dans laquelle il faut rouler à grande vitesse et j’ai été classée championne au Maroc en cette catégorie en 2016. Chose qui m’a permis de remporter le titre de championne également en Afrique et dans le monde arabe. Cette année, je viens de participer à la 4ème manche du championnat national organisé tout récemment à Marrakech. J’y ai remporté le premier rang en M1 et 2ème rang en M2. J’ai également obtenu le titre de championne à l’issue de ma participation dans d’autres compétitions.

Quel regard porte l’autre sexe à votre égard dans un milieu purement masculin ?

Cela dépend des mentalités. Par exemple, je n’oublierai jamais certains pilotes qui m’ont aidée au début, orientée et montrée la technique du pilotage. Par contre, d’autres n’acceptent pas l’idée qu’une femme soit championne en courses mixtes. Il arrive que certains me fassent de sales coups en secouant ma voiture. Cela me stresse. Mais ce sont ces déceptions qui font de moi une femme forte.

D’autant plus que je ne veux pas baisser les bras même si je prends beaucoup de risques tout en pensant à ma famille.

D’ailleurs c’est mon père qui m’accompagne en courses puisqu’il est passionné de ce sport. Il est trop dur avec moi mais il veut faire de moi sa fierté surtout qu’il n’a pas de garçons. A mon tour, je voulais faire des réalisations qu’aucune femme n’a jamais accomplies en sport automobile. J’aimerais bien véhiculer l’image de la femme qui fait des miracles.

Disposez-vous d’un sponsoring ?

Je compte sérieusement commencer à en chercher bientôt puisque je rêve de participer à des courses automobiles à l’étranger. J’aimerais bien y prendre part dès l’année prochaine. Il est vrai que je n’y pensais pas à un moment, mais les titres que j’ai récoltés m’ont donné l’idée de chercher du sponsoring.    

Que faites-vous quand vous n’êtes pas en course ?

En fait, je m’occupe d’une auto-école à El Jadida appartenant à mon père. A un moment je faisais de la location de voiture mais j’ai cessé de le faire. Pour l’heure, je dirais que je suis également une femme au foyer où je m’occupe de mes enfants.

Contribuez-vous à des œuvres associatives ?

Je représentais le Pr. Amal Bourkia, qui a une association de dons d’organes afin de sensibiliser au don d’organes que ce soit avant ou après la mort. Pour l’heure, je contribue également à d’autres associations. 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *