Hyundai Santa Fe II : Changement de style

Lancée en 2000, la première génération du Santa Fe n’avait pas tardé à trouver des clients. Son constructeur, Hyundai, parle d’un joli succès, puisqu’il s’en est vendu au total quelque 900.000 exemplaires dans le monde. Sauf que sur différents marchés, ces ventes ont été bousculées par l’arrivée de quelques concurrents de taille, notamment son cousin ennemi, le Sorento de Kia. Hyundai Motor Company se devait donc de réagir et il était de toute façon temps de le renouveler. Une mission délicate, notamment sur le plan stylistique. Un volet qui a été confié au bureau de design américain de la marque, situé en Californie. Et son travail est plutôt réussi. C’est du moins la première impression que dégagent les lignes tendues et raffinées de ce Santa Fe, deuxième du nom. Les designers se sont livrés notamment à quelques exercices de style très en vogue actuellement, mais qui restent propres à ce modèle. C’est le cas des nervures qui courent le long des portières, de la troisième vitre de custode qui remonte légèrement ou encore, du léger épaulement qui caractérise la ceinture de caisse au niveau des portières arrière. Pour le reste de la carrosserie, il semblerait que ceux qui ont dessiné le nouveau Santa Fe ne se soient pas trop croisé les neurones, bien qu’ils disent être partis d’une feuille blanche. Car, à y voir de plus près, la face avant du Santa Fe n’est pas sans évoquer précisément celle du luxueux 4×4 FX 35/45 de la marque Infiniti (label de luxe de Nissan). Moins accrocheur et plus conventionnel, le design de la partie arrière affiche des blocs de feux à forme longiligne et débordant sur les côtés, ainsi qu’un hayon vertical dont la lunette n’est pas à ouverture indépendante. Dommage ! Mais tout cela ne nous empêchera pas de trouver ce 4×4 globalement réussi, voire très attirant. Ce sera surtout à la clientèle de se prononcer…
Ce qui reste sûr, c’est que ce nouveau Santa Fe a progressé en longueur (4,68 m), en largeur et en hauteur gagnant respectivement 15 – 5,5 et 5 cm. En outre, il profite d’un empattement de 2,7 m, soit 8 cm de plus que celui qu’il remplace. C’est ce qui lui permet d’être bien plus habitable, d’offrir un coffre plus grand (774 litres contre 690 auparavant) et, en option, une troisième rangée de sièges escamotables au plancher. Sauf que dans cette dernière configuration, le coffre voit sa capacité sensiblement réduite. En revanche, l’habitabilité est généreuse, surtout aux places arrières.
Lors de notre premier contact avec l’univers intérieur du véhicule, nos premières impressions ont été plutôt bonnes. La présentation de la planche de bord est réussie, plus actuelle et assez flatteuse. Là encore et comme pour la partie extérieure, il est clair que le nouveau Santa Fe marque le pas avec son devancier. L’agencement de la console centrale est bien étudié et l’éclairage azuré de certains afficheurs, est du plus bel effet, tout comme le placage façon bois qui agrémente l’ensemble.
A ce niveau, il serait malhonnête de ne pas reconnaître les efforts du constructeur en matière de design intérieur, mais aussi en ce qui concerne la qualité de finition et l’assemblage des différents composants. Un seul regret : la présence de plastiques durs ne correspond pas au cachet chic que l’on voudrait pour un véhicule de ce niveau de gamme. Notre modèle d’essai disposait d’un équipement assez étoffé et même embourgeoisé. Sellerie cuir, sièges chauffants et  à réglage électrique, toit ouvrant, lecteur CD avec commandes au volant, climatisation automatique à deux zones, accoudoir central réfrigéré… le tout, sans oublier les incontournables airbags (frontaux, latéraux et rideaux).
Mécaniquement, le Santa Fe s’attaquera au marché européen avec deux principales motorisations : un V6 essence de 2.7 litres (183 ch), ainsi que le tout nouveau diesel du groupe, le 2.2 litres CRDi. C’est sur ce dernier que notre choix s’est porté, puisqu’il devrait logiquement constituer l’essentiel des ventes dans un pays comme le Maroc où le Diesel constitue plus de 65% des ventes. Avec sa rampe commune de seconde génération, ce moteur ne manque ni de puissance (150 chevaux) ni de couple (335 Nm).
Sur le plan dynamique, cette première prise en main du véhicule a démontré une tenue de route globalement saine, malgré quelques petites faiblesses. On signalera à ce titre un certain roulis lors des passages en courbe à vive allure, ainsi que des suspensions un peu trop souples. Et justement, il pourrait y avoir un lien de causalité entre les deux. En effet, à bord et au fil des kilomètres, il apparaît que ce 4×4 a été typé «confort» sur le plan de l’amortissement. Il est donc bien taillé pour évoluer sur les chaussées marocaines, le plus souvent dégradées et même assez criblées de nids de poules. Heureusement, la présence d’un contrôle électronique de stabilité (ESP) rassurera bien des conducteurs. Histoire de montrer de quoi le Santa Fe est capable en milieu «off-road», l’itinéraire de l’essai comportait un tronçon de quelques kilomètres sur terrain (très) endommagé.
Le nouveau 4×4 Hyundai s’en est tiré avec brio, bien qu’il ne dispose que d’une transmission intégrale permanente classique qui répartit le couple entre les deux essieux, selon le schéma 50/50. Commercialisé en Europe à partir de ce mois, le nouveau Santa Fe ne sera pas disponible au Maroc avant la mi-mai prochain. Autrement dit, il sera lancé à l’occasion du Salon Auto-Expo. En attendant, Global Engines, l’importateur de Hyundai au Maroc, n’en a pas encore révélé le détail des prix et des configurations d’équipement.

• DNES à Valence Jalil Bennani

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