Il était une fois… Alpina : La passion avant tout

Il était une fois… Alpina : La passion avant tout

L’histoire d’Alpina c’est d’abord celle de Burkhard Bovensiepen, un passionné d’automobile. Après des résultats plutôt mitigés sur des Fiat, c’est en 1963 que l’aventure a commencé, quand BMW a lancé la 1800 peu de temps seulement après la 1500 avec un bloc plus puissant et un tarif presque similaire. Le bloc de la 1500 était alimenté par un carburateur simple corps, Bovensiepen a bricolé un kit permettant de monter deux double carbus Weber sur des tubulures d’admission plus courtes. La puissance passe de 80 à 92 ch, en échange de la modique somme de 980 marks, pose comprise. La première préparation Alpina était née !
Intrigués par le kit, les ingénieurs de Munich se sont procuré une 1500 préparée. Ils ont donc apporté leur soutien à Bovensiepen, qui est devenu le premier préparateur officiellement reconnu par un constructeur. Un cadeau d’une valeur inestimable pour le petit artisan : en effet, grâce à cette bénédiction, les propriétaires de BMW pouvaient profiter des bonnes œuvres d’Alpina sans pour autant annuler la garantie du constructeur. Parallèlement, Bovensiepen préparait des voitures pour la compétition et a fini par faire d’Alpina le département compétition de BMW, qui ne conservait la main que sur la Formule 1. Pour le reste, les BMW-Alpina étaient partout : courses d’endurance, rallyes, courses de côte… A leur volant, des pilotes comme Jacky Ickx, James Hunt, Hans Stuck ou Niki Lauda ont fait  des étincelles. En 1973, les BMW-Alpina 3.0 CSL ont même remporté le Championnat d’Europe des voitures de tourisme.
A la fin des années 60, BMW a lancé la 2002, modèle mythique de la marque. Alpina a retravaillé le moteur, et est parvenu à sortir 165 ch au lieu des 130 de la 2002 ti d’origine ! C’est presque autant que la 2002 Turbo qui est sortie un an plus tard,  soit en 1974. Décidément très impressionné par le travail rigoureux et efficace du préparateur, BMW lui a confié le développement d’un modèle particulièrement important en termes d’image de marque : le coupé 3.0 CSL, évolution ultime de la série des CS apparue fin 1968. Le «L» supplémentaire signifie «leicht»  (léger). Grâce à sa carrosserie fabriquée par Karmann, utilisant de nombreuses pièces en alliage léger, et des vitrages en plexiglas, la BMW 3.0 CSL affichait un poids réduit de 200 kg. Avec sa suspension raffermie, la 3.0 CSL était une merveille d’efficacité… Mais la discrétion n’était pas son fort : les contraintes de l’aérodynamique ont poussé les ingénieurs d’Alpina à la doter d’un kit carrosserie particulièrement voyant. Seule signature du préparateur, les jantes aluminium reprennent le dessin à bâtons cher à Burkhard Bovensiepen. Dans la foulée, Alpina a également commercialisé une version préparée du coupé CSL, dont le six-cylindres a vu sa puissance portée à 250 ch. La BMW-Alpina 3.0 CSL affichait des performances extraordinaires pour l’époque : 243 km/h, 6,7 s sur le 0 à 100 km/h, 0 à 200 km/h en 27,1 s. Pour trouver aussi performant, il fallait chercher du côté des grosses GT produites par Ferrari ou Aston-Martin.
Après une dernière victoire en Championnat d’Europe des voitures de tourisme en 1977, le préparateur s’est retiré de la compétition pour se recentrer sur les voitures de tourisme. En 1978, Alpina présentait une gamme complète : B6 (une BMW Série 3 à moteur six cylindres, quand les versions de série se contentent de quatre cylindres), B7 Turbo (une Série 5 suralimentée de 300 ch, qui devient la berline la plus rapide du monde) et B7 Turbo Coupé (un coupé Série 6 de 300 ch). Ces trois modèles inaugurent en première mondiale une gestion entièrement électronique de l’alimentation et de l’allumage. Cinq ans plus tard, Alpina est reconnu par l’administration allemande comme un vrai constructeur. Après un bref retour à la compétition en 1987 et 1988, Alpina a dévoilé la B10 Biturbo. Une BMW 535i dont le six cylindres, dopé par deux turbocompresseurs, délivrant la bagatelle de 360 ch et 520 Nm de couple ! La B10 Biturbo a marqué l’apogée du préparateur. Entre début 1989 et fin 1993, 507 exemplaires sont sortis des chaînes d’Alpina. Pendant ce temps, le département Motorsport de BMW proposait des produits de plus en plus aboutis. Chez Alpina, c’est l’heure au doute jusqu’à fin 1996, quand BMW a confié à Alpina le développement d’un moteur diesel à hautes performances. Deux ans et demi plus tard, la D10 Biturbo – sur base de BMW Série 5 – a été dévoilée au salon de Genève. Son six-cylindres de 2,9 l suralimenté par deux turbocompresseurs à géométrie variable développait 245 ch et 500 Nm de couple, et a fait de la D10 Biturbo la plus rapide des berlines diesel.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *