Il était une fois : Citroën DS, quand la Déesse flirte avec le mythe

Il était une fois : Citroën DS, quand la Déesse flirte avec le mythe

C’est en 1955 que la Citroën DS a fait son apparition. Une voiture très moderne qui a mis la concurrence, à l’époque, dans l’embarras.  Il faut dire que le constructeur avait frappé fort avec son nouveau fleuron moderne, révolutionnaire et efficace. Cette déesse française qui fut commercialisée pendant deux décennies sans pour autant perdre de son éclat a, depuis sa présentation triomphante au Salon de l’automobile en 1955, enregistré des ventes exceptionnelles. Rétrospective des heures de gloire de cette légende. 

Que ce soit en berline, en break ou en cabriolet, la Citroën DS a été l’attraction numéro un du public.  Commercialisé entre 1955 et 1957, ce bijou est le produit d’une collaboration entre le designer italien Flaminio Bertoni et André Lefebvre, ingénieur issu de l’aéronautique. L’on pense que le «D» dans la nomination de cette automobile fait référence à  l’usage du moteur le plus récent alors de Citroën, le moteur D, qui avait équipé juste avant la 11 D et qui fut le dernier modèle de la fameuse traction avant. Le «S» aurait alors été ajouté pour former le mot Déesse. Il est à noter que la version simplifiée de la DS, la Citroën ID, bénéficiait également d’un jeu de mot dans ses initiales (ID=idée). Aujourd’hui même, le nom DS a été réexploité  par Citroën pour commercialiser sa nouvelle gamme DS, quoique la signification des initiales cette fois-ci serait différente et voudrait plutôt dire «Different Spirit», une façon de souligner l’anticonformisme des nouveaux modèles du constructeur français.

La Déesse devait sa place de révolutionnaire à plusieurs facteurs, notamment son design époustouflant, sa performance et son originalité. On reconnaissait facilement cette Déesse grâce à son long capot qui, à la base, était conçu pour contenir un moteur 6 cylindres, pour des raisons de mise au point, la Déesse fut équipée d’un moteur 4 cylindres en ligne à arbre à cames latéral. La DS est dotée d’une ligne très imposante et son confort intérieur demeure irréprochable grâce à sa suspension hydropneumatique mais aussi grâce à des petits atouts technologiques qui la distinguaient à l’époque. La DS disposait d’une direction assistée, boîte de vitesses à commande hydraulique, freins à disque à l’avant, pivot de direction dans l’axe et, à partir des années 1968-1969, phares pivotants ainsi qu’un moteur à injection. 

Puisque le côté sécuritaire n’est point négligeable, la DS a été outillée d’un volant de direction monobras, conçu pour éviter de briser la cage thoracique du conducteur en cas de choc frontal violent. Ce curieux volant monobranche qui semblait venir de nulle part ne rassurait pas toujours. Il en était de même pour cette dérangeante planche de bord dont l’asymétrie choquante nourrissait le sentiment qu’elle allait tomber du côté droit. Les DS 21 et 23 auront également les distances de freinage associées aux principales vitesses sur route rappelées sur le tachymètre. La conception du projet «DS» était lancée par le PDG de Citroën Pierre-Jules Boulanger puis son successeur Pierre Bercot et c’était sous le nom de code «VGD» (Véhicule de grande diffusion) que ce chantier prometteur fut intérieurement connu. 

Ceci dit, la DS n’a atteint sa maturité en matière de fiabilité qu’en 1960. Avant cela, son vieux moteur de traction amélioré à arbre à cames latéral pour les premiers modèles, son cabrage au freinage, sa fragilité aux chocs et le fait que les enfants pouvaient être sujets au mal de mer, étaient source d’inquiétude. Malgré ces faiblesses, la Déesse s’est imposée avec force et fut même la référence des voitures de luxe tout au long des années 1960. Les hommes de notoriété, les grandes stars et même le général de Gaulle furent attirés par ce bijou. Ce dernier en aurait même fait son véhicule officiel. La DS resta populaire et compétitive durant toute sa carrière, le plus haut niveau de production étant atteint en 1970. 

Sur Webcarcenter on peut même lire que «jamais une aussi étrange voiture n’avait été vue sur les routes de France. La DS ne ressemblait en rien à ce qui existait alors. Elle semblait venir d’une lointaine galaxie par rapport à une Traction ou Aronde et quelques américaines qui composaient la majorité du parc motorisé d’alors. Ce n’était pas une automobile». 

Après vingt ans de production, durant lesquels plus d’un million trois cent mille DS sortirent des chaînes de production, Citroën refait vivre les deux lettres mythiques et on retrouve dans sa gamme les  DS3, DS4 et DS5. 

Des voitures qui, selon les observateurs, n’ont plus grand-chose à avoir avec la DS d’antan si ce n’est cette volonté de faire exception sur le marché.

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