Il était une fois… Isetta : Chacun dans sa bulle

Il était une fois… Isetta : Chacun dans sa bulle

Il est des voitures qui ont marqué par leurs performances, leurs chiffres de vente ou encore par leur look sortant du commun. C’est notamment le cas de l’Isetta, cette voiture d’origine italienne qui a rapidement envahi d’autres pays grâce à sa forme ovoïde et son petit gabarit qui était d’actualité après la Seconde Guerre mondiale. Présentation d’un modèle qui a redonné des couleurs à des marchés en berne.
Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des constructeurs misent sur les microcitadines à cause du pouvoir d’achat en baisse des consommateurs et des courts trajets qui sont privilégiés par les automobilistes. C’est donc dans cette conjoncture que l’Italien Renzo Rivolta, qui fabriquait jusque-là des réfrigérateurs, des scooters et des petites motos, a décidé de faire confiance à ses ingénieurs qui ont imaginé l’Isetta en 1952. C’est une année plus tard que la micro-voiture, dont le nom veut dire petite Iso (en référence à la société de Rivolta), a été présentée au Salon de Turin.
La première chose qui distingue l’Isetta est bien évidemment sa porte avant, qui s’ouvre en déplaçant la colonne de direction et le volant, ce qui permet de se garer et de descendre du véhicule, face au trottoir, entre 2 autres voitures. La carrosserie était en tôle d’acier en forme de goutte d’eau avec de larges baies vitrées et un toit ouvrant. Alors que le châssis était en tube d’acier, la voie arrière se passait complètement de différentiel puisqu’elle était très étroite.
Bien que son look fut original, elle n’a pas eu le succès escompté en Italie, mais heureusement pour l’Isetta, sa participation aux Mille Miglia lui a ouvert de nouveaux horizons. En effet, en 1954, des observateurs de BMW, impressionnés par ses performances, n’ont pas manqué de faire un rapport complet à leur arrivée à Munich. La marque bavaroise qui essuyait encore les conséquences de la guerre, avait besoin d’un second souffle. C’est donc en 1955, que BMW a décidé de lancer la production de l’Isetta au même moment où elle tirait sa révérence en Italie. Dès sa première année sous les couleurs de BMW, elle a été écoulée à 10.000 exemplaires, ce qui a permis à la marque allemande de se redresser puisque ses grosses berlines ne trouvaient plus vraiment preneur. Pour son Isetta, BMW a opté pour un moteur quatre-temps de 245 cm³ couplé à une boîte de 4 vitesses avec levier au volant pendant que la transmission aux roues arrière était assurée par une double chaîne.
La «Bubble Car» intéressait également un autre pays, à savoir la France dont la production, sous licence, a été assurée par Velam. Dans les deux pays plusieurs versions sont nées au même moment. En 1957, par exemple, alors qu’une variante à 4 places avec une porte latérale, nommée 600, est produite par les Allemands à 35.000 exemplaires, les Français ont lancé une Isetta au profil extrêmement dynamique qui a battu 7 records mondiaux sur l’autodrome de Linas-Monthéry . Malgré cela et un prix inférieur à celui d’une 2 CV, elle n’a pas duré sur le marché français à cause notamment de problèmes de livraison. Finalement, en 1958 Velam arrête la production de l’Isetta tandis qu’en Allemagne, elle a été produite jusqu’en 1962 et a cumulé plus de 160.000 unités vendues durant sa carrière chez les Bavarois. BMW a également pensé aux acheteurs potentiels aux Etats-Unis où elle s’est vendue à près de 13.000 exemplaires. Autre pays où l’Isetta a été exporté le Brésil, où deux Italiens vivant là-bas ont réussi à décrocher le contrat de licence avec Renzo Rivolta. Fabriquée à partir de 1956 sous le nom de Romi-Isetta, elle a été vendue à 3.000 exemplaires.
Bubblecar, œuf d’autruche ou encore grenouille, l’Isetta a, certes, disparu, mais son look hors du commun a marqué son temps. D’ailleurs BMW pense depuis un moment à produire une voiture avec cette vision qui privilégierait le rapport prix-écologie et dont le lancement serait prévu pour 2015.

Historique :

• 1952 : Les ingénieurs Ermenegildo Preti et Pierluigi Raggi imaginent un petit véhicule animé par un moteur de motocyclette qui reprenait les traits du prototype, mais cette fois à 4 roues pour plus de stabilité.
• 1955 : Alors que sa production est arrêtée en Italie, l’Isetta renaît sous les couleurs de BMW qui a été impressionné par ses performances aux Mille Miglia.
• 1957 : En France, Velam réussit à avoir la licence pour la production de l’Isetta. La petite bulle française a réussi à s’adjuger sept records mondiaux dans la catégorie inférieure à 250 cm3
• Entre 1959 et 1961 : Produite au Brésil depuis 1955 également, l’Isetta qui en est à sa deuxième série est équipée d’un nouveau moteur dérivé de celui utilisé par BMW.
• 1962 : L’Isetta de BMW prend sa retraite après s’être écoulée à plus de 150.000 unités.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *