Il était une fois… Simca Aronde : L’élégante hirondelle

Il était une fois… Simca Aronde : L’élégante hirondelle

L’hirondelle est arrivée pour la première fois au printemps 1951. Elle se prénomme Aronde, et si elle porte ce nom, c’est bien parce qu’elle est légère comme l’hirondelle (symbole qui orna longtemps les publicités de la marque) et possède un appétit d’oiseau.
La Simca Aronde laisse nostalgiques beaucoup de nos sexagénaires qui se rappellent sûrement leurs premiers rêves de voitures ou des escapades à son bord à travers le Maroc, à l’heure où il n’était pas rare de la croiser sur nos routes. Aujourd’hui, l’Aronde a complètement disparu, sauf peut- être dans le cœur de ceux qui l’ont aimée durant ses heures de gloire ou dans les garages de certains collectionneurs passionnés.   

Voiture raisonnable

La Simca 9, que tout le monde a fini par appeler Aronde, est le stéréotype de la berline familiale type de son époque. Elle fut fabriquée de 1951 à 1963 par le constructeur automobile français Simca. La firme, dirigée alors par Henri Théodore Pigozzi, a été fondée fin 1934 par Fiat comme filiale française pour construire sous licence en France des Fiat italiennes, et de fait échapper aux exorbitants droits de douane de l’époque. Il faut dire qu’en ce temps, le Marché commun de 1957 n’était pas encore en place. Dès sa sortie, l’Aronde enterre la concurrence: sa ligne est moderne pour des performances honnêtes et sans prétention. La voiture offre quatre portes, quatre places, 7 chevaux et 7 litres aux cent km. C’est une voiture raisonnable. En tout cas en phase avec son époque faite de restrictions, d’espoir et de reconstruction.

La plus ritale des françaises

En 1956, l’Aronde a figuré en tête du top des ventes au sein de l’Hexagone. La première série (9 Aronde) a été produite pour les modèles 1951 à 1953 (calandre en podium) et la seconde (Aronde) pour les modèles de 1954 à 1955 (calandre en arc de cercle). Ce fut la première Simca à carrosserie monocoque, et n’avait presque plus rien en commun avec les modèles Fiat existants, contrairement aux Simca précédentes fabriquées sous licence Fiat, bien que certaines similitudes au niveau de la structure rappelaient la Fiat 1400 sortie un an plus tôt. L’intérieur des Simca 9 Aronde modèle 1951 est tapissé d’un tissu rayé. Ces premières versions ont la particularité d’avoir leur batterie de 12 V sous la banquette avant.

Résolument moderne

A l’époque, la Simca paraissait résolument moderne face à la Citroën Traction Avant ou à la Peugeot 203. Sa carrosserie tout en acier a été finalisée par René Dumas, mais sous forte influence italienne au niveau du style et de la ligne. Malgré la modernité de son apparence, l’Aronde reste techniquement très classique. Elle conserve sa propulsion et est mue par le même moteur Fiat de 1.221 cm3, identique à celui qui équipait les Simca 8 1200 qu’elle remplace. Ses qualités restent toutefois visibles au niveau de sa direction précise et légère, sa nervosité, son freinage efficace, qui en ont fait une voiture très agréable à conduire. Ses défauts les plus criants sont toutefois son essieu arrière sautillant et inconfortable et sa commande de boîte de vitesses très imprécise et mal étagée.
 

100.000 km parcourus à 113 km/h…

En 1957, l’Aronde va acquérir ses lettres de noblesse et connaître un retentissement sans précédent grâce à l’opération des records du monde qui faisaient rage entre les grands constructeurs de cette époque. En effet, une Aronde strictement de série fut prélevée le 20 mars sur la chaîne de production et était la 538.080e produite depuis 1951. Le départ fut donné sur l’autodrome de Montlhéry le 9 avril à 6h01 et la voiture tourna pendant 38 jours et 37 nuits pour arriver le 16 mai à 14h après 100.000 km parcourus à une moyenne de 113 km/h. Au total, ce sont 1.400.000 Aronde qui vont être commercialisées.

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