Industrie automobile: Un investissement de 100 millions d’euros attendu

Industrie automobile: Un investissement de 100 millions d’euros attendu

100 millions d’euros d’investissements dans les semaines qui viennent. C’est ce qu’annonce Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine des industries de la construction automobile (AMICA). Cette enveloppe sera entièrement dédiée à l’industrie automobile et probablement débloquée à la mi-aout.
L’industrie automobile marocaine est visiblement à son apogée. C’est du moins ce que nous confirment les professionnels du secteur.  Selon le président de l’AMICA, les 100 millions d’euros annoncés «sont attendus à partir du 15 août. Ils feront l’objet d’une signature de plusieurs conventions de partenariat entre les industriels marocains et de grands constructeurs internationaux». A l’heure actuelle, Hakim Abdelmoumen garde jalousement les noms des entreprises qui seront sujettes à ces opérations.

Il est à souligner cependant qu’il y a quelques semaines, pas moins de sept milliards de dirhams d’investissements ont été débloqués pour cette industrie.  Il s’agit là d’un grand pas pour le secteur. «La stratégie des écosystèmes séduit par son efficacité et commence à donner ses fruits», se réjouit Hakim Abdelmoumen.

Et de poursuivre : «Il est évident qu‘actuellement le développement du secteur a permis aux constructeurs d’identifier le potentiel de la fourniture au Maroc, qui se présente de manière compétitive. Les donneurs d’ordre mondiaux et les multinationales ont adhéré à la stratégie d’accélération des écosystèmes et lui accordent beaucoup de confiance» (voir entretien ci-dessous, ndlr).

Actuellement, l’industrie automobile marocaine enregistre 25% d’évolution annuelle à export. Un taux  considéré largement insuffisant pour Hakim Abdelmoumen.
«Au Maroc, il est important de faire attention à faire émerger des chaînes et des réseaux de distribution qui s’appuient sur la  production locale. Ceci permettrait même à ces réseaux de se déployer à l’avenir vers l’étranger. Dans le cas contraire nous resterons des sous-traitants sans maîtrise de nos marchés», regrette-t-il.

Hakim Abdelmoumen: «Nous avons prévu de réaliser 100 MMDH de chiffre d’affaires d’ici 2020»
Hakim-Abdelmoumen-AMICA-2783-2012-10-10Trois questions à Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (AMICA)

ALM : Quel impact du passage de l’émergence à l’accélération industrielle sur le secteur de l’industrie automobile?

Hakim Abdelmoumen  : C’est aujourd’hui que le secteur de l’industrie automobile au Maroc commence à donner ses premiers résultats ; preuve de la réussite de la stratégie du plan d’accélération industrielle des écosystèmes. La stratégie d’émergence n’apportait pas suffisamment de visibilité pour le développement du secteur de l’industrie automobile au Maroc. Elle était orientée vers les infrastructures. Le secteur «mono-constructeur» à l’époque ne permettait pas de valoriser certains métiers, comme le câblage dont la valeur ajoutée était complétement absente. A partir de l’année 2012, l’industrie automobile a pris un sacré tournant. Après la mise en place de la stratégie des écosystèmes, nous avons réussi à réaliser une dynamique exceptionnelle. Nous sommes devant un secteur qui est passé de 25 milliards de dirhams d’exportation en 2012, à 50 milliards de dirhams en 2015. La valeur ajoutée est estimée actuellement à 40%. Pour 2020, nous avons prévu de réaliser 100 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, en assurant 65% de valeur ajoutée. Et c’est dans ce sens que le secteur poursuit son acheminement vers une croissance maintenue.

Voilà quatre ans que vous êtes à la tête de l’AMICA, comment la mutation du secteur s’est-elle opérée?

En 2012 l’usine Renault a démarré sa production au Maroc. En parallèle, une dizaine de multinationales d’équipements l’ont accompagnée. C’est là que le début de la transformation du secteur de l’automobile au Maroc a commencé. Nous avions également connu une période de crise par rapport aux  ventes de voitures. A l’époque, l’objectif fixé était de 400 mille voitures alors que le secteur réalisait à peine 200 mille voitures durant cette période, soit la moitié du chiffre d’affaires prévu. Là n’était pas  le seul hic qui entravait l’évolution du secteur. Les multinationales d’équipementiers implantées au Maroc manquaient de compétitivité, ce qui affichait un manque de diversité pour le secteur. S’ajoute à cela le fait que ce dernier n’avait pas encore intégré les tissus sous-traitants comme la maintenance, l’ingénierie et l’outillage. Le constat était clair : la stratégie du secteur n’était pas à point, surtout au niveau des métiers.  La mutation est passée par plusieurs phases longues et laborieuses. Une fois les opportunités identifiées nous avons poussé les fabricants de connecteurs mondiaux à venir s’implanter au Maroc. Et c’était les industriels, eux-mêmes, qui se sont regroupés pour exprimer le besoin du changement.  Le ministère de l’industrie a apporté son soutien également. C’est de cette façon qu’au lieu d’avoir un secteur mono-constructeur, nous nous sommes projetés dans une vision de régionalisation qui a permis la signature de partenariats avec plusieurs  constructeurs automobiles mondiaux.

 Qu’en est-il des investisseurs ?

Ils sont très nombreux. Nous avons des investisseurs coréens dans le câblage, deux entreprises chinoises qui sont en train d’investir dans les pneumatiques «HVAG» au niveau des véhicules. Il y en a d’autres qui vont investir sur les toits ouvrants. Je peux dire que la liste est assez longue. Nous avons actuellement une structure d’animation pour accompagner ces investisseurs. Ce qu’il faut souligner c’est que les investisseurs sont de jour en jour plus nombreux et qu’il y en a quotidiennement des nouveaux qui viennent s’exprimer. La plupart des cas, ce sont des investisseurs poussés par leurs donneurs d’ordre, des constructeurs automobiles internationaux qui demandent désormais à être livrés depuis le Maroc plutôt que depuis l’Europe ou ailleurs.

Maryem Laftouty
(journaliste stagiaire)

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