Jaguar XF 4.2 l : Un félin dompté du bout des doigts

Jaguar XF 4.2 l : Un félin dompté du bout des doigts

Que l’on soit journaliste automobile ou non, conduire une routière haut de gamme est une occasion rare et à ne pas manquer. Mais se mettre au volant de la Jaguar XF est carrément une expérience unique, comme on le verra plus loin. La XF, c’est cette grande Jag’, remplaçante de (feue) la S-Type et ayant été lancée au Maroc au même moment que sur les principaux marchés européens, c’est-à-dire durant la première semaine de mars 2008. Quelques mois plus tard, Jaguar Maroc dresse un bilan inattendu pour ce modèle, avec plus d’une soixantaine de clients déjà livrés ! C’est dire combien la nouvelle routière de Coventry est prisée.
Pour comprendre les raisons d’un tel engouement, il nous a fallu aller à la rencontre de cette belle anglaise. Et le premier atout de la XF, c’est certainement son style et la forte personnalité qu’elle dégage. Son allure et ses atours tranchent radicalement avec le design ultraconservateur qui caractérisait la S-Type. Il ne faut pas être connaisseur pour le constater : ce modèle marque un tournant stylistique dans l’histoire de Jaguar. En atteste la face avant et ses larges blocs de phares effilés. A lui seul, ce détail est en totale rupture esthétique avec les Jaguar précédentes. Bas et arqué, le profil s’inscrit dans la veine des tendances actuelles qui caractérisent les coupés quatre portes. Mais c’est au traitement de la partie arrière que vont nos plus belles louanges. Là encore, les blocs de feux arborent une forme originale et inédite, valorisés par une imposante barre de chrome. Quant à l’épaulement de la ceinture de caisse qui se prolonge jusqu’à la malle, il n’est pas sans rappeler –ne serait-ce que vaguement–  certains coupés d’Aston Martin. Bref, ce félin a du chien. Et ses designers prouvent par ailleurs qu’un style classieux peut également être audacieux ou inversement.
Ceci étant et à l’approche du véhicule, c’est plutôt son gabarit qui impressionne. Longue de 4,96 mètres, la XF dépasse ses trois rivales battant pavillon teuton, à savoir l’A6, la Série 5 et la Classe E. Même son coffre est géant, affichant un volume de 540 litres ! Pour ouvrir le véhicule, pas besoin de sortir le badge d’accès (qui intègre pourtant diverses commandes à distance) de sa poche : la porte du conducteur se déverrouille par simple pression sur sa poignée. On s’installe au volant de la XF et découvre son univers so british. Là encore, on ne peut s’empêcher du comparatif avec les meilleures routières d’Outre-Rhin. L’intérieur de la XF n’est pas moins raffiné que celui d’une allemande de même trempe. Il est tout simplement différent ! Du cuir perforé, du bois précieux (en loupe de noyer SVP), des coutures régulières et un assemblage difficile à critiquer… bien évidemment et comme sur toutes les Jaguar, la présentation est de grande qualité et les matériaux sont nobles à bord de la XF. Nobles jusque dans le fond des deux porte-gobelets creusés dans le prolongement de la console centrale et qui est (le fond) recouvert d’aluminium brossé. Indépendamment du fait que notre modèle d’essai (version 4.2 litres V8 essence) soit associé à la finition Premium Luxury, c’est du cuir qui habille quasi-intégralement l’habitacle. En revanche, c’est parce qu’il s’agit de cette livrée que l’on a droit à un cuir dit «à grain tendre», qui plus est, recouvre somptueusement le tableau de bord et le haut des panneaux de portes.
Le bouton du démarrage clignote en rouge : la XF invite à la conduite. Vient alors le moment magique de la mise en marche : le sélecteur rotatif de vitesse émerge doucement de la console centrale, tandis que les aérateurs avant pivotent pour passer au mode ouvert et en marche. Cette mise en scène est tout simplement unique au monde : vous ne la vivrez que sur une Jaguar XF. Au même moment, le V8 essence libère les premières ondes de sa voie feutrée et l’écran de 7 pouces, situé au milieu du tableau de bord, s’allume. La techno-parade de la XF a déjà commencé et s’accentuera encore plus en conduite nocturne. Car, le soir venu, c’est presque une ambiance discothèque. L’éclairage azuré de l’instrumentation est du plus bel effet et celui tamisé de la lumière intérieure, activé par une simple pression de la main sur le plafonnier. C’est le JaguarSense : un système qui permet également d’ouvrir la boîte à gants ou encore de naviguer dans les menus de l’écran tactile de façon digitale. Du reste, on apprécie tous ces gadgets qui offrent aux occupants de cette Jaguar un confort princier : réglages électriques et avec mémoire des sièges avant et de la colonne de direction, climatisation automatique bizones, sièges avant ventilés (air chaud ou froid), volant chauffant, caméra de recul, alarme volumétrique, installation Bluetooth pour téléphone, chargeur frontal 6 CD avec installation audio Jaguar de 320 W et connecteur pour iPod, toit ouvrant, store de lunette arrière électrique… On l’aura compris : l’équipement de la XF n’est pas seulement pléthorique, ni même up to date : il est «ultrasophistiqué».
C’est le même constat qui nous vient à l’esprit une fois que l’auto est lancée sur la route et l’autoroute. Et pour cause, la XF ne se contente pas d’un ABS avec répartiteur et d’un contrôle dynamique de stabilité (DSC), elle s’offre le must actuel en matière d’aides à la conduite : un régulateur de vitesses avec radar anticollision. Un dispositif de sécurité active qui va jusqu’à freiner le véhicule indépendamment de l’action du conducteur (étourdi). Telle ne fut pas notre attitude au volant de la XF qui nous a également impressionné par son comportement routier. Bien suspendue et dotée d’un châssis efficace, cette grande Jag’ s’est révélée d’une agilité qui fait très vite oublier qu’elle frôle les 5 m de long et les 1,8 tonne sur la balance. Un dynamisme auquel le 4,2 l V8 et ses 298 chevaux (pour un couple de 411 Nm) ne sont pas étrangers bien sûr. Et avec autant de pur-sang sous le capot, un mode «sport» et des palettes derrière le volant, l’agrément de conduite était naturellement au rendez-vous. Qu’on passe les rapports par mode séquentiel ou qu’on repasse au mode automatique via la molette rotative, ce félin se laisse dompter du bout des doigts. Demandez à son V8 d’évoluer sagement à bas régime ou de rugir jusqu’à 6.000 tr/min, il le fera sans rechigner. Côté «perfs», on retiendra que la vitesse est limitée par le constructeur à 250 km/h, que le 0 à 100 km/h est annoncé à 6,5 sec et que la consommation tourne en moyenne autour de 11 l/100 km, mais peut dépasser les 17 litres aux 100 en milieu urbain. Mais au diable le contenu du flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse se disent les acheteurs potentiels de la XF, c’est-à-dire les connaisseurs de la marque, mais aussi des purs passionnés des grosses mécaniques essence. Et puis, il est presque indécent de parler de «conso», ou même d’y penser lorsqu’on peut débourser 880.000 DH pour se mettre au volant de cette Jaguar XF. Une belle routière qui, sans exagération, est à qualifier de «berline d’exception».

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