Jaguar XFR : Un félin dans la bergerie

Jaguar XFR : Un félin dans la bergerie

Dubaï. Ses hauts buildings, ses luxueux hôtels et ses grandes autoroutes allant jusqu’à six voies ! C’est dans cet univers très mégalo, frappé de gigantisme et aux conditions climatiques éprouvantes pour les automobiles, que Jaguar Middle East a convié quelques journalistes pour présenter ce qu’elle a de neuf dans sa gamme XF. Pourquoi ce pays ? Peut-être parce qu’il correspond mieux à l’étiquette bourgeoise qui colle à la marque anglaise… Mais assurément parce que le constructeur au félin a enregistré un bond de ses ventes de 35% durant le premier trimestre 2009 sur l’ensemble des marchés de la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord. Et cela, justement, grâce à la XF. C’est dire combien Jaguar se porte mieux, depuis son rachat par l’indien Tata (lire l’interview ci-dessous).
Un élan sur lequel la marque devrait enchaîner avec l’arrivée de versions inédites de la XF. De subtiles et légères évolutions par-ci, par-là et surtout, l’arrivée de la déclinaison sportive de cette même routière. Ni trait d’union, ni espace entre les lettres : la XFR s’écrit ainsi et elle est encore plus belle à appeler dans la langue de Shakespeare (prononcez «ékséfaaarr»).
Qu’a-t-elle de si spécial ? D’abord, un traitement extérieur spécifique. Un bouclier avant dominé par des grilles en nid d’abeille, ainsi que deux prises d’air frontales chromées l’identifient au premier regard par rapport à une XF normale. A l’arrière, outre le logo R accolé sur sa malle, elle adopte quatre sorties d’échappement polies, un becquet, des jupes latérales et de superbes jantes de 20 pouces. Du reste, on ne saurait aborder la silhouette de cette Jag’ sans revenir sur son profil qui l’inscrit au cœur de la tendance actuelle des routières: celle des coupés à quatre portes.
L’esprit avant-gardiste du véhicule va au-delà de sa carrosserie. Comme la version normale dont elle dérive, la XFR plonge son conducteur dans un univers de sophistication unique que l’on ne retrouve dans aucune autre berline. Lorsqu’on appuie sur le bouton-poussoir pour réveiller (ou endormir) le félin, le sélecteur de vitesse émerge ou se rétracte électroniquement, au même titre que les aérateurs de la planche de bord pivotent.
On n’a presque pas envie de le rappeler, (ne serait-ce que pour ne pas ennuyer les habitués de la marque): la finition est somptueuse. Un placage en aluminium court le long de la planche de bord, laquelle est surplombée d’un habillage en cuir noir avec une surpiqûre de la même couleur que la sellerie.
C’est d’ailleurs ce détail qui tue ! Badgés d’un R en relief au niveau du dossier, les sièges avant ne manquent ni de maintien, ni de confort, offrant des réglages électriques dans tous les sens et une ventilation en air chaud ou froid. La XFR place la dragée haute en matière de présentation intérieure et de technologie embarquée. Et que dire de l’installation audio, si ce n’est qu’elle est signée Bowers & Wilkins et qu’elle ne compte pas moins de 14 HP pour répandre ses 440 watts de décibels…
Bien évidemment, les entrailles de cette belle «bête» ont largement été revues pour lui permettre d’exprimer toute sa félinité. Plutôt que de se limiter à un contrôle dynamique de stabilité associé à un anti-patinage, les ingénieurs de Jaguar ont préféré doter cette propulsion du système ADC (pour Active Differential Control). Il s’agit d’un différentiel arrière piloté électroniquement et capable de répartir et adapter la puissance entre chacune des roues arrière, selon les conditions (motricité, adhérence, sens de la courbe…).
Mais c’est surtout sous son capot qu’il faut chercher la particularité de la XFR. Et à ce niveau, on ne peut s’empêcher de la comparer à sa principale rivale : la BMW M5. Avec deux cylindres en moins, mais une cylindrée équivalente (5 litres), l’anglaise fait mieux sur plusieurs registres. En effet, son V8 développe 510 chevaux (contre 507 pour la M5) et surtout un couple de 625 Nm de 2.500 à 5.500 tr/min (contre 520 Nm à 6.100 tr/min).
Certes, le moteur de la XFR est suralimenté par un compresseur, mais il parvient –curieusement– à être plus sobre que le V10 atmosphérique de la M5 avec une consommation moyenne de 12,5  l/100 km contre 15,4 l/100 km.
En fait, la routière de Conventry profite surtout d’une aérodynamique très aboutie comme en atteste son Cx (coefficient de pénétration dans l’air) qui est de 0,29 (contre 0,31 pour la M5). Performance toujours, la XFR est bridée électroniquement par le constructeur pour ne pas dépasser les 250 km/h, tandis qu’elle accélère de 0 à 100 km/h en 4,9 secondes, soit 2 centièmes de plus que la routière bavaroise. Question comportement, la XFR fait un peu mieux que la XF. Comment? Des accélérations plus franches, des suspensions mieux paramétrées et bien sûr, une sonorité mécanique heureusement moins discrète.
Nous en avons fait l’expérience sur circuit fermé et avec même quelques tests d’évitement. Ainsi, entre les cônes (orange et en plastique) espacés de quelques mètres, cette sprinteuse accomplit avec brio le fameux test de la baïonnette. Une direction plus incisive, peu de roulis et un freinage très mordant, avec quasiment pas de tangage à l’arrêt… Voilà autant d’aspects qui la distinguent de la XF «normale». Le tout, sans aucunement remettre le confort en question ! Bref, la sportivité bien dosée de la XFR l’assimile –sans ironie– à l’agilité d’un félin prédateur, mais courant sur des griffes de velours.
Enfin, cette britannique qui ne craint pas grand monde sur la route sera bien évidemment présente chez Jaguar Maroc. Mais, caractère exclusif oblige, elle se fera un peu désirée.
Il faudra donc attendre quelques mois encore et débourser une somme gravitant autour du million de dirhams.


DNES à Dubaï
Jalil Bennani

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *