Jean-François Rageys : “Le Classic reste très prisé”

Jean-François Rageys : “Le Classic reste très prisé”

ALM : Quelles sont les nouveautés ou particularités du Rallye Classic 2006 ?
Jean-François Rageys : Comme vous le savez déjà, le Rallye se déroulera du 18 au 25 mars, soit dans la deuxième quinzaine de ce dernier qui coïncide avec le début du printemps au Maroc. Concernant les nouveautés, il est toujours difficile d’en trouver pour chaque édition. Mais disons que cette année, il y en aura essentiellement au niveau du parcours, ainsi que de l’organisation et du déroulement au niveau des épreuves de régularité. Mais il y aura surtout des changements au niveau de l’organisation que nous essayons d’améliorer tous les ans. Car, dans la liste des participants, nous avons enregistré près de 70% de taux de fidélisation, ce qui signifie que nous devons chaque année progresser pour donner satisfaction à nos fidèles participants. Parmi les nouveautés du parcours, il y a deux villes étapes par lesquelles le Rallye n’est jamais encore passé et qui sont Safi et Zagora. Les démarches et l’accueil que nous avons eus auprès du wali de Safi ont été très positifs et je dois dire que nous sommes très contents de faire découvrir cette ville aux participants d’autant plus qu’il le feront dans un cadre assez exceptionnel, puisque nous leur avons prévu un dîner dans le château de mer. L’autre nouvelle ville-étape est Zagora que le Rallye avait frôlée à plusieurs reprises, mais sans jamais s’y arrêter. Là encore, nous avons reçu un accueil très favorable de la part des autorités et des hôteliers. Côté itinéraire, il faut savoir que sur les 2.100 km du parcours, nous allons avoir entre 600 et 700 km de nouvelles routes.

Combien vous avez enregistré de participants et combien d’entre-eux sont marocains ?
Là encore c’est presque une nouveauté, car nous avons explosé notre taux de participations depuis que le rallye existe. En moyenne générale, nous avions 50 à 55 véhicules, alors que cette année, ils seront 70 à prendre le départ du Rallye. Parmi eux, il y a une dizaine d’équipages marocains, soit plus de 10 %. Et j’ai non seulement refusé du monde, mais j’ai aussi une liste d’attente d’une vingtaine de concurrents impatients de savoir si je pourrais les prendre ou pas, alors que de toute façon je resterais à 70 concurrents. D’abord pour des raisons de logistique et d’organisation, ensuite parce que je tiens vraiment à préserver cet esprit de convivialité qui domine le Rallye. Il est donc clair que le Classic reste très prisé.

Pourquoi un tel engouement pour le Classic cette année ?
Moi j’y vois plusieurs raisons. D’abord, l’attrait que suscite le Maroc auprès de beaucoup de gens. Le pays est beau et on en parle sur toutes les chaînes de télévision européennes. Ensuite, je dirais que le bouche-à-oreille fonctionne bien entre anciens et nouveaux participants. Troisièmement, le fait d’avoir ouvert depuis 2005 la compétition aux voitures modernes (NDLR : modèles produits à partir de 1980) à travers le Rallye Prestige, nous a donné un nouveau souffle et de ce fait nous avons un peu plus de concurrents.

A ce propos, ne craignez-vous pas que l’épreuve du «Prestige» prenne le dessus sur celle du «Classic» et vide ainsi ce Rallye de toute sa substance ?
Je ne pense pas qu’il y ait ou qu’il y aura une telle tendance. Je tiens à relativiser les choses car, parmi les concurrents que nous avons actuellement pour la catégorie Prestige, beaucoup d’entre-eux participaient au Classic en voitures modernes.
Mais je tiens absolument à préciser que je ne voudrais pas déséquilibrer cette épreuve. Le Rallye, c’est deux tiers de voitures anciennes et un tiers de modernes. Et dans la catégorie des modernes, je tiens avant tout à ce que les participants soient des gens qui participent au Rallye parce qu’ils aiment les voitures d’époque et non pas pour venir frimer avec leurs bolides.

En terme de couverture médiatique, le Rallye sera-t-il retransmis par une chaîne télévisée ?
Une année de plus, le Rallye Classic sera retransmis sur la chaîne Eurosport. En parallèle, il y a aussi la RTM qui va en faire une grande couverture. Maintenant, ce qui m’intéresse le plus, c’est qu’on ait surtout des retombées médiatiques un peu partout en Europe. D’ailleurs, c’est dans ce but que j’ai débuté cette année avec l’Office national marocain de tourisme et la Royal Air Maroc, une campagne promotionnelle du Classic. Nous avons fait une présentation du Rallye en Italie et nous aimerions en faire autant en Allemagne et en Angleterre. Donc comme vous voyez, au-delà de la passion automobile, le Rallye englobe aussi et surtout un aspect touristique, sans oublier bien sûr le volet social.

Justement, qu’en est-il du volet social qui est devenu un élément presque fondamental du Rallye ?
Comme vous le savez, ce Rallye s’appelle depuis quelques années déjà la «Route du cœur». Pourquoi? Parce qu’on a voulu lui associer une œuvre caritative et ce, grâce à Kamil El Kholti, qui a depuis promu cette action sociale. Et à travers un bon nombre d’opérations, nous aidons l’association l’Heure Joyeuse. La principale de ces opérations reste une vente aux enchères que nous avons créée avec Shell du Maroc et qui est beaucoup appréciée des participants. La preuve en est que nous avons réussi depuis les six dernières éditions du Classic à récolter plus de 2,5 millions DH. Avec cet argent, nous avons pu accomplir un certain nombre d’actions sociales et notamment venir en aide aux enfants défavorisés. Concrètement, cette vente concerne le plus souvent des objets de valeur et rapporte en moyenne 350 à 550 mille DH, qui vont exclusivement à l’Heure Joyeuse.

Comment voyez-vous l’évolution de ce Rallye dans les années à venir ? Peut-on imaginer, par exemple, un périple encore plus long qui sillonnerait le Maroc de haut en bas ?
L’une des grandes évolutions que j’aimerais faire sur le Rallye, c’est de changer les villes de départ et d’arrivée. Mais je ne pourrais le faire que dans la mesure où le transport aérien le permettra. A titre d’exemple, on aimerait bien partir de Tanger, mais compte tenu de la diversité des pays d’où viennent nos participants, il faudrait avoir des vols qui viennent directement sur cette ville. Idem pour Fès. Et le jour où cette question sera résolue, nous aurons une grande ouverture et plus de liberté quant au choix des villes de départ.

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