«La LLD est prisée par les entreprises»

«La LLD est prisée par les entreprises»

ALM : Comment se présente le marché marocain de la location longue durée ?
Manar Talhi : C’est un marché exigu dont le potentiel de développement est limité. Les statistiques dont nous disposons actuellement montrent que les parcs automobiles des entreprises marocaines ne sont pas énormes. La somme des réalisations de l’ensemble des loueurs LLD pour l’année 2004 tournerait autour de 10.000 véhicules. Mais en terme qualitatif, de plus en plus d’entreprises trouvent en la LLD une solution adéquate à leurs besoins. C’est pour cela que nous restons très optimistes. Les perspectives de développement de ce marché, si on prend en compte les ratios européens en la matière, sont de l’ordre de 45 à 50 % de taux de pénétration du parc entreprise marocain alors qu’aujourd’hui, uniquement 15 % de ce parc marocain des véhicules d’entreprises est en location longue durée. Pour notre part, Arval terminera l’année 2004 sur 1400 véhicules en parc.
Qu’en est-il de la demande ? Les entreprises marocaines sont-elles de plus en plus enclines à opter pour la LLD ?
Le nombre d’immatriculations entreprises, puisque c’est la source de statistiques la plus fiable, n’est pas très élevé. Et ceci en excluant bien sûr le parc automobile de l’Etat. Mais la demande se précise de plus en plus, même si aujourd’hui, de nombreux amalgames persistent encore autour du produit. Nombreuses sont en effet les entreprises marocaines qui font recours à la location longue durée pour leur parc automobile ou pour sa gestion.
L’externalisation de cette dernière est essentiellement faite dans un souci d’économie et de meilleur service d’optimisation du rendement. Le marché se développe donc et les opérateurs LLD avec. Pour preuve, Ce n’est pas pour rien qu’Arval vient d’augmenter son capital de 5 à 30 millions de dirhams et vient de déménager dans de nouveaux locaux au Zénith Millénium dans le cadre de son plan de développement. Une soirée d’inauguration est prévue le 09 décembre 2004.
Ne pensez-vous pas qu’il existe trop d’opérateurs de la LLD pour un aussi petit marché ?
Le nombre d’intervenants en LLD au Maroc n’est pas, à mon avis, très élevé. C’est vrai que le marché est exigu mais les perspectives de développement sont favorables. Il est vrai que nous sommes loin des chiffres réalisés en Europe ou en Amérique du Nord par exemple, mais je pense que sept spécialistes opérant sur le marché pourront développer leurs activités le plus normalement possible.
De toute façon, le marché régule et les évolutions se feront naturellement en fonction de la qualité du service d’intervention et son du professionnalisme de l’opérateur trancherait en faveur de l’un ou de l’autre.
Le marché de la location longue durée bute, pourtant, sur de nombreuses entraves. Lesquelles?
Nous avons créé une association professionnelle (ANALOG – Association nationale des loueurs longue durée) pour montrer aux pouvoirs publics les entraves qui freinent le développement de cette activité dans notre pays. Au Maroc, la location longue durée a été d’abord offerte par les loueurs courte durée. Les règles, qui sont propres à cette dernière sont encore légion et faussent la nature de l’offre. Le kilométrage illimité en est un exemple. Il est hors de question pour un intervenant LLD d’offrir une tarification sur cette base-là, parce que le fondement même de notre intervention est de faire payer au client le juste prix, c’est-à-dire le kilomètre parcouru, et pas plus. Et ce dans un souci d’optimisation. En outre, l’actuel arsenal juridique qui régit le secteur n’est pas adapté à la longue durée. Les lourdeurs administratives sont inutiles, puisque le véhicule reste aux mains d’un seul client pour une longue période, ce qui n’est pas le cas en courte durée. Je citerais l’exemple de la visite technique imposée tous les six mois pour tous les véhicules de location qui ne pend pas en compte la nature de la LLD.
D’autres pratiques de ce genre existent encore, mais je pense qu’elles disparaîtront dans le futur. Il apparaît aussi absurde de ne pas pouvoir racheter les parcs de véhicules existants de nos clients pour pouvoir leur louer ces véhicules par la suite (Leaseback) : c’est un frein au développement de la LLD et une gêne pour nos clients qui veulent transférer leur parc en LLD d’un coup.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *