La Logan va prendre le large

La Logan va prendre le large

ALM : Quel a été l’objet principal de votre visite au Maroc ?
Luc Alexandre Ménard : L’usine de la Somaca a battu son record de production l’an dernier, atteignant son plus haut seuil depuis la date de sa création, c’est-à-dire en 1962. Ceci étant, rien n’exclu l’hypothèse que le record de production de la Somaca soit battu en 2007. Depuis un an et demi, la Somaca se bat pour entrer dans le top 10 des usines de Renault, voire dans le top 3. Et aujourd’hui, nous sommes satisfaits de voir que cette usine a réussi ce challenge, faisant partie de celles qui ont les meilleurs résultats chez Renault. Cette condition de qualité étant largement remplie, elle nous permet désormais –et c’est pour cela que je suis là aujourd’hui- de prendre une décision qui, je crois, est à la fois hautement symbolique et de grande ampleur pour l’usine de Casablanca : nous avons décidé de démarrer l’exportation de Logan vers l’Europe. Dès le mois de mai 2007, nous allons exporter vers la France et l’Espagne au minimum 5.000 Logan, soit environ 30% de la production locale de ce modèle. Somaca entre donc dans la cour des grands et prouve ainsi la qualité de ses Logan, dont les clients seront marocains, espagnols ou français.

A votre avis, qu’est-ce qui a permis à cette usine d’atteindre ce degré de qualité et un tel volume de production ?
En fait, depuis que Renault a repris le management de cette usine, nous avons travaillé d’arrache-pied pour qu’elle soit conforme aux standards internationaux du groupe. Nous avons dispensé aux employés de la Somaca plus de 60.000 heures de formation, puis nous avons instauré ce que nous appelons le "Système de Production Renault", le SPR, qui est en place dans les usines du groupe dans le monde entier. Résultat : lorsqu’on entre à la Somaca, on a l’impression d’être dans n’importe quelle autre usine de Renault dans le monde. Et la qualité des voitures qui sont produites à la Somaca se fait tous les jours, via un système commun à Renault et à Nissan et qui est appelé chez nous en interne "SAVES". Cela constitue un gage de qualité et fait que le véhicule qui est produit à la Somaca a exactement les mêmes gènes que celui qui est fabriqué en Roumanie, en Russie ou dans n’importe quel pays où l’on fabrique la Logan. Bien entendu, il en va de même pour le Kangoo.

Avec cette nouvelle donne qu’est l’exportation, sera-t-il question d’étendre les installations de la Somaca afin d’augmenter le volume des Logan produites au Maroc ?
Lorsque nous avons repris cette usine, sa capacité était d’ores et déjà importante par rapport à ce qu’elle produit pour la demande locale. A la Somaca, nous pouvons produire, sans difficulté, 50.000 véhicules par an. Il n’est donc nul besoin de consentir d’autres investissements complémentaires pour faire face à une demande qui serait en augmentation. Ceci dit, avec l’exportation, nous prévoyons de produire 30 à 40 % de plus de Logan dans la Somaca.

Les Logan fabriquées au Maroc qui seront exportées vers les marchés français et espagnol, seront-elles différentes de celles vendues localement ?
La Logan est la même partout dans le monde! Certes, elle peut varier en termes d’équipement suivant les définitions marketing établies pour chaque pays. Mais vous retrouverez toujours les trois niveaux d’équipement dans tous les pays où la Logan est fabriquée ou commercialisée : en Roumanie, au Maroc, en Inde, en Iran, en Russie, en France… L’unique ou principale différence qu’il y a entre la Logan disponible au Maroc et celle vendue en France concerne les normes de dépollution. En Europe, ce sont les normes Euro IV qui sont en vigueur, alors qu’au Maroc, les normes de dépollution se situent autour de Euro II. Et à la Somaca, nous pouvons produire des Logan conformes Euro IV et donc pour les marchés européens.

Où en est-on pour ce qui est de l’exportation de la Logan vers les marchés signataires de l’Accord d’Agadir et notamment la Tunisie, l’Egypte et la Syrie ?
Il est vrai que lorsque nous avons signé la convention avec l’Etat marocain, un des espoirs était d’exporter vers l’un de ces pays. Cela ne se fait toujours pas, mais c’est un sujet qui reste d’actualité et que nous continuons d’étudier avec Monsieur Mézouar, le ministre de l’Industrie. En fait, le problème qui se pose, c’est que cet Accord n’est toujours pas appliqué. Mais il est d’une grande incidence sur le volet "exportation" de la Logan et fait que nous serions imbattables en terme de compétitivité sur certains marchés. C’est le cas en Egypte par exemple, où les droits de douane en vigueur sont de l’ordre de 40%. En attendant l’application de cet Accord, il est clair que le fait que nous exportons la Logan vers deux marchés matures et exigeants du Vieux Continent, est, d’une certaine manière, un "plus" pour l’image d’un produit "made in Morocco". C’est la meilleure pub que l’on puisse faire pour cette voiture.

Est-il question dans le moyen terme de fabriquer d’autres modèles et notamment certains de la gamme actuelle de Renault, telle que la Clio III par exemple, qui est assemblée en Turquie ?
L’usine de la Somaca est faite pour pouvoir produire 50 à 60 mille véhicules par an, dans des conditions de rentabilité acceptable. Son système industriel est candidat à accepter ou recevoir un autre produit pour le montage. Mais cela fait partie de notre planification stratégique industrielle. Et je ne peux rien vous dire pour le moment, puisque rien n’a été décidé dans ce volet. Maintenant, le fait que nous ayons franchi une telle étape industrielle et qualitative avec la Somaca, nous donne une force et des possibilités que nous n’avions pas auparavant.

Le fait de vendre des Logan en Europe, importées du Maroc et non pas de la Roumanie, autorise-t-il à Renault de meilleures marges bénéficiaires ?
Au total oui. La marge unitaire est moindre, mais la marge globale est plus forte ; à cause de la saturation de l’usine roumaine. Vendre en Europe des Logan fabriquées à la Somaca est toujours un plus pour Renault.

Qu’en est-il de l’extension de la gamme actuelle de Dacia ?
Comme vous le savez, la gamme Logan qui était composée d’un seul modèle, compte depuis le début de l’année un autre véhicule, à savoir le break MCV. Au total, le projet Logan comptera 6 modèles, dont une compacte 5 portes et un pick-up. Leurs lancements se feront avant l’échéance du "Contrat Renault 2009" et leur point commun restera toujours le même : un rapport prix/prestation unique.

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