«La sécurité est pour nous un axe stratégique»

«La sécurité est pour nous un axe stratégique»

ALM : Quel a été votre parcours avant d’être nommé, en avril dernier au poste de directeur de la Politique Sécurité Routière du Groupe Renault ?
Jean-Yves Le Coz : Après un doctorat en médecine et un certificat d’Etudes spécialisées en rééducation et réadaptation fonctionnelles, j’ai débuté ma carrière au C.H.U Necker (à Paris), en tant que Chef du Service rééduction et Réadaptation fonctionnelles. J’ai ensuite obtenu un diplôme d’Etudes approfondies en génie biologique et Médical (option biomécanique). Parallèlement à la médecine, j’ai décidé en 1991 de compléter mon cursus par une formation d’ingénieur à l’Université de Technologie de Compiègne. En 1988, j’ai rejoint le LAB (Laboratoire d’accidentologie, de Biomécanique et d’études du comportement humain) de PSA et Renault, que j’ai dirrigé dès 1991. Dans le cadre de cette activité, je me suis occupé de sécurité automobile et routière, via une approche concrète des accidents. Cela constitue une vraie valeur ajoutée, sur laquelle je m’appuis beaucoup en tant que directeur de la politique Sécurité Routière du groupe Renault.
En quoi consiste votre mission en tant que directeur de la politique Sécurité routière ?
La sécurité est un axe stratégique majeur pour Renault depuis plus de 50 ans. Nous investissons plus de 100 millions d’euros chaque année dans la recherche et le développement afin de proposer des produits au meilleur niveau de sécurité du marché. Sous l’impulsion de son P-DG, Louis Schweitzer, Renault a souhaité confirmer et accentuer son engagement en créant ce poste de Directeur de la Politique Sécurité Routière du Groupe. Car, la sécurité n’est pas uniquement un problème de technologie automobile, mais qu’il y a bien d’autres aspects sociétaux et comportementaux qui entrent en compte. J’ai donc pour responsabilité principale de définir et de proposer la politique de Sécurité routière du groupe à la direction générale de Renault et de coordonner sa mise en oeuvre.
Renault développe des actions de sensibilisation à la sécurité routière en France et en Europe, qu’en est-il pour ses filiales, comme au Maroc, où les routes sont si «meurtrières»?
Le comportement de l’homme est en effet très souvent à l’origine des accidents de la route. Depuis quelques années, Renault s’est fortement engagé à sensibiliser les conducteurs et les futurs d’entres eux. Le programme «Sécurité pour tous» regroupe des actions pour les enfants de 7 à 11 ans, ainsi que pour les adolescents de 12 à 15 ans. Ce programme initié en 2000 a déjà permis de sensibiliser plus de six millions d’élèves. Mais l’insécurité routière étant un fléau mondial, nous étendrons cette sensibilisation hors des frontières européennes, tout en faisant en sorte qu’elles soient adaptées aux spécificités locales. Au Maroc, notre filiale Renault Maroc envisage de lancer cette opération pédagogique «Sécurité pour tous», ainsi que d’autres actions ultérieurement. Il y a aussi le fait que nous disposons aujourd’hui de la gamme la plus sûre du marché automobile. Nos résultats aux crash-tests Euro Ncap le prouvent (6 véhicules ont obtenu la note maximale de 5 étoiles à ces tests).
Quelle est la démarche de Renault dans le développement de la sécurité pour ses véhicules? et comment se fait-il qu’il soit aujourd’hui «le constructeur le plus étoilé» aux tests Euro Ncap?
Comme indiqué précédemment, notre démarche a pour objectif d’assurer à tous un même niveau de sécurité : conducteurs des petites comme des grosses voitures, passagers avant et arrière… Nos innovations profitent à toute la gamme. C’est le cas des airbags SRP (Système Renault de Protection de 3ème génération) frontaux adaptatifs qui se déploient en fonction de la violence du choc, et qui, introduits en 2001 sur la Laguna, se sont généralisés depuis sur les Clio, Mégane, Scénic… Idem pour les aides à la conduite, telles que le limiteur-régulateur de vitesse et surtout les dispositifs de sécurité active, tels que l’assistance au freinage d’urgence (AFU) ou encore le contrôle dynamique de stabilité (ESP), et qui sont aussi proposés sur toute la gamme. Je dirais aussi que notre démarche est toujours centrée sur l’étude du réel.
Ce sont les résultats des études accidentologiques fournies par le LAB qui nous guident dans nos choix de recherche et développement. Nous avons toujours le souci de savoir ce qui se passe sur le terrain et nous cherchons à connaître l’impact de chacun de nos systèmes: combien d’accidents a-t-il permis d’éviter ? Comment a-t-il agit sur le bilan lésionnel des occupants ?…
Le fait que nous soyons le constructeur le plus étoilé à Euro Ncap, résulte d’une part d’une véritable culture d’entreprise dont la sécurité est l’un des piliers, et d’autre part de la passion et de l’expérience des 600 ingénieurs et techniciens de Renault qui travaillent sur le sujet. Développer un produit, une technologie, n’est pas tout. Toute la difficulté résulte du calibrage des systèmes et de leur adéquation les uns par rapport aux autres. C’est de là que naît l’expertise en matière de sécurité.

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