Lada Niva : La plus connue de toutes les autos russes

Lada Niva : La plus connue de toutes les autos russes

Durant les années 60, l’URSS est certes une puissance militaire et nucléaire, mais encore à la traîne en matière de mobilité pour les particuliers (6 voitures pour 1.000 habitants). La décision de fonder une firme automobile est alors prise par le gouvernement de l’époque, avec le soutien effectif d’un certain Brejnev. En partenariat avec Fiat, alors dirigée par Vittorio Valletta, le ministère de l’automobile va implanter une usine automobile dans une ville ex-nihilo. Celle-ci est baptisée Togliatti, du nom de l’un des fondateurs du Parti communiste italien, décédé en 1964. Trois ans plus tard, les travaux de construction de l’usine automobile de Togliatti commencent. C’est ainsi qu’AvtoVaz verra le jour et son inauguration se fera le 19 avril 1970, soit le jour où Lenine aurait eu 100 ans. Premier modèle à être assemblé par AvtoVaz, une version soviétisée de la Fiat 124, portant le nom de code de Vaz 2101. Celle-ci fait un tabac commercial, permettant à un grand nombre de personnes d’avoir une voiture. Mais voilà, dans un pays parsemé de kolkhoz et où les conditions de roulages sont dures, la berline de Lada a du mal à passer partout. D’où l’idée d’un véhicule russe, tout-terrain, rustique et populaire. L’auto est finalisée et présentée en 1976. Elle sera connue sous le nom de code 2121 et rebaptisée Niva, c’est-à-dire «champs» en russe. Son designer n’est autre que Valery Pavlovitch, qui officie toujours au sein de la marque et qui a choisi de donner à ce 4×4, un air de famille avec la 2101 (la Lada clone de la Fiat 124).
Mais au-delà du style, l’auto s’avère convaincante en dehors des sentiers battus. Et pour cause, cette Lada avait eu droit à ce qui se faisait de mieux en son temps : châssis monocoque, roues avant indépendantes, transmission intégrale permanente avec blocage de différentiel central et réducteur de rapports. Des solutions techniques de pointe pour l’époque ! Si bien, que le Niva fait preuve de capacités de franchissement exceptionnelles, pouvant traverser des gués de 60 cm, comme des couches de neige d’un mètre de profondeur ! Il faut dire aussi qu’avec une transmission bien étagée à 5 vitesses, son 4 cylindres de 1690 cm3 donnait toujours du répondant, bien qu’il ne développait que 81 chevaux. Du coup, le succès du Niva ne tarda pas et deviendra même mondial au lendemain de sa présentation au Salon de l’automobile de Paris. C’était en 1978, une époque où les véhicules tout-terrain étaient encore peu diffusés et ce, du fait qu’ils étaient lourds (Jeep), chers (Range Rover) ou plus enclins à une utilisation utilitaire (Land Cruiser). Or, le Niva était, lui, très abordable, plutôt léger (1.200 kg) et facile à mener en ville. Là encore, le succès est au rendez-vous, faisant du Niva un modèle à forte popularité. A tel point qu’apparaissent des clubs et des associations qui cultivent la mode Niva. En 1985 et pour faire face à une demande grandissante, AvtoVaz va même augmenter sa production, en assemblant ce modèle en Grèce. En 1991, Français et Anglais le choisissent pour assumer les liaisons sur le chantier du tunnel sous la Manche. Une quarantaine de Niva vont alors effectuer un va-et-vient sous la mer, sans connaître d’avarie. Plus proche de nous dans le temps, l’année 2002 verra la signature d’une joint-venture entre AvtoVaz et General Motors pour produire le Niva sous la marque Chevrolet.  Aujourd’hui et après trente années de bons et loyaux services, la plus célèbre des Lada poursuit sa carrière aux quatre coins du monde, attendant inlassablement de tirer sa révérence au profit d’un successeur digne de perpétuer son mythe. Un passage de témoin qui devrait se faire d’ici 2010.

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