L’âge du renouveau

L’âge du renouveau

C’est en 1993 que le Sportage a fait son apparition. A l’époque, on assistait encore à l’éclosion des 4×4 de loisirs, qu’on appelle également SUV (Sport Utility Vehicles) et Kia était encore un petit constructeur coréen aux côtés de Daewoo et de Hyundai. Et c’est justement avec ce dernier, que Kia scellera, dès 2002, une alliance sacrée, qui lui permettra, non seulement de sortir du rouge, mais surtout de se donner les moyens de grandes ambitions. Ainsi, sa production globale a dépassé les 1,2 million de véhicules en 2004, vendus sur tous les continents. Faut-il aussi le rappeler : le groupe Hyundai-Kia prévoit de figurer parmi les cinq premiers groupes automobiles de la planète, à l’horizon 2010. En attendant et pour ce faire, les deux marques enrichissent leurs gammes respectives et travaillent en synergie, ce qui donne entre autres, le nouveau Sportage, frère de Hyundai Tucson avec lequel il partage la majorité des organes, tout en restant très différencié sur le plan stylistique. Le design est d’ailleurs l’un des nombreux atouts de ce nouveau modèle, mais à n’en pas douter, ce dernier aura surtout la chance de capitaliser sur l’image et la notoriété laissées par celui qu’il remplace, du moins dans notre pays. En effet, au Maroc, le (premier) Sportage a eu le mérite de s’imposer sur le plan commercial, accaparant jusqu’à 10% du marché local des 4×4, entre 1999 et 2001. Du coup, cette nouvelle version a la lourde tâche d’assurer la relève.
Extérieurement, le Sportage est plutôt bien parti, avec son look de baroudeur et ses atours bien conformes aux canons esthétiques actuels. En témoignent une face avant dotée de grands projecteurs effilés, ainsi qu’une calandre proéminente accueillant généreusement le logo de la marque. Tout aussi réussie, la partie arrière révèle toutefois une légère inspiration du Volvo XC90, bien que les feux ne soient pas verticaux, mais juste débordant sur les ailes.
Vertical et scindé en deux parties, le hayon reçoit, comme sur le Sorento, une lunette à ouverture indépendante, permettant un chargement pratique et rapide d’objets légers. De profil, la présence d’une troisième vitre latérale a autant pour effet de dynamiser le profil du Sportage que de le distinguer du Hyundai Tucson. Enfin, les barres de toit, au même titre que les élargisseurs d’ailes en plastique et les grandes roues, parachèvent de donner au véhicule un aspect de baroudeur. Bref, on est loin de la ligne fade et trop sage de l’ancienne mouture.
Bien que présenté comme un SUV compact, le Sportage présente cependant des mensurations assez généreuses par rapport à la moyenne du segment, avec notamment 4,35 m de long et une hauteur de presque 1,70 m. L’empattement, lui, évolue à 2,63 m permettant ainsi au Sportage de prétendre offrir une habitabilité meilleure que par le passé. Certes, avec ses 325 litres, le coffre n’autorise pas une capacité de chargement phénoménale, mais en rabattant la banquette, on obtient un plancher plat et un volume d’environ 805 litres. On conclura que l’habitacle du Sportage convient parfaitement à un couple et ses deux (ou trois) enfants. Et là encore, l’aménagement intérieur est bien dans l’air du temps et nettement plus moderne que l’ancienne version. Comme pour la carrosserie, la planche de bord est spécifique au nouveau Kia, par rapport au Hyundai Tucson… ce qui n’est pas le cas du soubassement et des organes mécaniques. En effet, les deux 4×4 coréens partagent plate-forme (structure monocoque), transmission (2 ou 4 roues motrices) et motorisations. Il s’agit des blocs essence 2.0 l et 2.7 V6, ainsi que du Diesel 2.0 l CRDi.
Ce dernier, l’unique moteur retenu pour l’instant par l’importateur marocain, recourt à une injection par rampe commune de dernière génération, offrant la puissance de 112 chevaux. A lui seul, il fera toute la différence avec l’ancien Sportage animé du vieux 2.0 l TD de 83 ch. Disponible en deux finitions (LX et EX), le Sportage importé reçoit d’emblée : la climatisation, les jantes en aluminium, les boiseries, les barres de toit et les lève-vitres électriques. Plus complète, la version EX s’enrichit notamment du double airbag, d’une alarme assortie à la commande à distance du verrouillage et de l’ABS couplé au contrôle de traction (TCS). Il est clair qu’avec de telles dotations, le Sportage n’entend pas figurer aux avant-postes des 4×4 actuels. Sauf peut-être en terme de prix. Car, en s’affichant à 239.000 Dhs pour la finition LX et 259.000 Dhs pour la EX, ce Coréen joue plutôt la partition de l’accessibilité.
Enfin, ultime précision, le Sportage est l’unique modèle de Kia Motors à ne pas figurer au catalogue de l’importateur officiel (Sup Auto). Et pour cause, un accord entre le constructeur coréen et Berliet Maroc, lui en donne l’exclusivité au Maroc. Par ailleurs, il faut aussi remarquer que le lancement de cette nouveauté intervient à l’heure où Berliet Maroc passe sous le contrôle de Renault Trucks (filiale du groupe suédois AB Volvo). D’ailleurs, le Sportage est l’unique modèle, en dehors des camions, poids lourds et autres utilitaires légers, à être commercialiser par Berliet Maroc. Ce dernier, réussira-t-il, à réitérer le succès du premier Sportage ? Le temps nous le dira…

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