L’AIVAM et le CNPAC : Unis pour longtemps contre la contrefaçon

L’AIVAM et le CNPAC : Unis pour longtemps contre la contrefaçon

La question est si grave que la démarche mérite bien des louanges. L’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) a décidé de prendre à bras le corps un phénomène à la fois dangereux et –malheureusement– grandissant qui affecte le secteur automobile national: celui des pièces de rechanges contrefaites. Et qui d’autre que le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) pouvait-elle trouver comme meilleur allié ? Voilà pourquoi les deux entités ont tenu une conférence de presse la semaine dernière afin de signer une convention les engageant à développer régulièrement des actions conjointes de prévention et de sécurité routières. Mais avant de sceller ce partenariat, dont la première illustration s’articule autour d’une campagne de sensibilisation sur les dangers de la contrefaçon en matière de pièces de rechange automobile, MM. Mohamed Amal Guedira et Azzeddine Chraïbi, respectivement président de l’AIVAM et secrétaire permanent du CNPAC ont, à tour de rôle, présenté quelques facettes, missions et ambitions de leurs structures.

Une action dynamique de l’AIVAM
L’AIVAM, indique M. Guedira, «c’est 24 importateurs de véhicules, pour près de 50 marques (…), une association dont la principale mission est d’œuvrer pour le développement durable du secteur». Vue de l’extérieur, l’AIVAM est surtout connue –par le grand public– pour être l’organisatrice du Salon Auto-Expo. Mais elle a bien acquis sa notoriété pour être désormais une «force de proposition auprès des pouvoirs publics». L’AIVAM, c’est aussi une «association citoyenne». D’abord, parce qu’elle pèse sur les plans économique et social avec 48 milliards de dirhams de chiffre d’affaires annuel et une contribution à hauteur de 2,3% au PIB national. Ensuite, du fait de ses actions sociales au profit de l’INDH, ainsi que ses démarches actuelles, dont cette initiative liée à la contrefaçon des pièces de rechange et qui s’inscrit pleinement dans le sillage de la lutte contre les causes des défaillances techniques, source d’accidents.

Tout le soutien du CNPAC
Une lutte qui est donc menée conjointement avec le CNPAC et dont s’est félicité le secrétaire permanent, M. Chraibi. Faut-il le rappeler, le CNPAC a adopté une nouvelle approche qui consiste à mener des études scientifiques permettant de se doter de solutions concrètes aux problèmes liés au fléau des accidents de la circulation. Ces études et le développement de l’expertise en sécurité routière faisant, le Comité n’hésite pas à tisser des partenariats avec les acteurs économiques de quelque nature qu’ils soient. À titre d’exemple, citons la mobilisation de Michelin Maroc dans le cadre de la «Journée nationale de la sécurité routière» (JNSR) au Maroc, qui a eu lieu tous les ans le 18 février et durant laquelle ses équipes effectuent –gratuitement– divers contrôles sur les pneumatiques d’automobilistes, en sensibilisant ces derniers sur différents risques (pression, sur-gonflage, usure…). Le tout, avec le concours du CNPAC qui, finalement et au-delà de son action, joue un rôle fédérateur à l’échelon national, en mettant régulièrement à la disposition des comités régionaux de sécurité routière tous les moyens logistiques et matériels pour célébrer et animer la JNSR.

L’appui des services de douanes
Autre partie prenante de cette initiative, la Douane est très active et réactive au problème de la contrefaçon, en apportant plus qu’un soutien effectif sur le terrain. Une administration qui, lors de cette conférence de presse, était représentée par Mohamed Labiad. Ce dernier a apporté son lot d’éclaircissements en rappelant qu’entre 2006 et 2010, «plus de 1.000 dossiers ont été réalisés par les services de la Douane». Par «dossiers», il faut comprendre l’ouverture d’une procédure administrative en vue d’identifier des pièces (de rechange ou autres) soupçonnées d’être contrefaites. C’est ce qui aboutit à des saisies régulières de marchandises et même des suspensions, qui se sont chiffrées à 161 cas (tous produits confondus) durant la période précitée. Mais «l’action de la Douane», précise M. Labiad, «reste uniquement possible aux postes frontières». D’où l’opportunité de cette campagne contre la contrefaçon.

La contrefaçon,  un art chiffré mais difficilement
Selon un rapport de l’Union des fabricants (UNIFAB) basée en France, la contrefaçon dans le secteur automobile est estimée entre 5 et 10% dans l’Union Européenne et entre 20 et 30% au Maroc. Une proportion inquiétante, d’autant plus que dans le cas des pièces de rechange destinées à l’entretien automobile, les conséquences de la contrefaçon vont au-delà des sentiments de déception ou d’escroquerie. En plus d’autres inconvénients (manque à gagner pour l’économie, préjudice aux marques et à leurs images, atteinte à l’innovation, à l’originalité à la propriété intellectuelle…), la contrefaçon menace carrément la sécurité du consommateur. À titre d’exemple : si on utilise des plaquettes de frein contrefaites, un freinage d’urgence à 130 km/h nécessite alors 30 mètres de distance supplémentaire pour un arrêt complet du véhicule. Une distance qui équivaut à six véhicules alignés ! On imagine aussi ce que seraient les choses dans le cas d’un passage piétons…
Ces plaquettes contrefaites ont l’apparence de plaquettes, certes. Mais elles n’obéissent à aucun cahier des charges. Elles sont copiées et produites illégalement. Elles ne sont ni brevetées ni homologuées et encore moins testées. Puis surtout, elles ne répondent pas à leur principale fonction ! Et c’est sur tout cela que l’AIVAM et le CNPAC veulent éveiller les consciences, via une campagne conjointe de sensibilisation.

Tout un dispositif médiatique
D’une portée nationale, la campagne de communication s’étend du 4 février au 10 mars 2011. Parmi ses principaux messages: «Pièces de rechange, la contrefaçon tue ! Utilisez des pièces de qualité». Concrètement et outre un visuel publicitaire choc diffusé ici et là (radio, presse écrite, affichage…) durant les six jours de cette campagne, cette dernière verra également la distribution de quelque 160.000 bons à des automobilistes leur offrant un «diagnostic technique gratuit» de leur véhicule et ce, au niveau de huit grandes villes du Royaume, à parcs automobiles importants. Pour le reste, on retiendra la présence remarquée de Abdelaziz Zaim, directeur général du Centre national d’essai et d’homologation (CNEH). Une autre structure administrative qui veille scrupuleusement au respect des normes d’homologation, dans le cadre d’une mise à niveau du secteur automobile. Un Centre qui trouve en l’AIVAM un partenaire audible, crédible et respectueux de toutes les lois. Autre fait marquant durant cette rencontre, la très pertinente question posée ou plutôt, simplement évoquée dans l’assistance, non pas par un journaliste, mais par un professionnel du secteur en la personne de Adil Zaidi, président du Groupement professionnel du poids lourd et de la carrosserie (GPLC). Ce dernier a en effet interpellé l’auditoire sur un autre danger similaire et parallèle : celui de la réparation par des pièces usagées. Des pièces qui sont, soit collectées au niveau des épaves et des ferrailles (de la récup’ comme on dit), soit carrément importées illégalement et surtout à des fins commerciales. Cela va des pneus rechapés à toutes sortes d’organes récupérés tels que les amortisseurs, balais d’essuie-glace, boîtiers électroniques…
Tout y passe et même finalement, la vie de nombreux automobilistes. C’en est trop !

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