Larhouati : «Il y a un problème de qualité»

ALM : Beaucoup d’importateurs automobiles ont enregistré une forte affluence en après-vente de la part de leurs clients pour des véhicules quasiment neufs, mais déjà en panne, à cause du «mauvais sans-plomb». A votre avis, à qui incombe la responsabilité ?
Mohamed Larhouati : Plusieurs sociétés sont confrontées à cette situation, mais aucune d’entre elles n’arrive à cerner cette question. Ceci est dû au fait que le problème se pose de façon différente et aléatoire d’un véhicule à un autre en fonction du type de moteur et du lieu d’alimentation en carburant (injection électronique multipoint, injection directe d’essence, injection par turbo compresseur…). Cette situation est d’autant plus confuse que ni les autorités ni les professionnels du secteur de l’énergie n’ont communiqué à ce sujet. Ce qui reste sûr en tout cas, c’est qu’il y a un problème de qualité de carburant qui importune notre clientèle de façon notable et particulièrement ceux disposant de véhicules équipés de moteur à injection.
Concrètement, comment se manifestent ces problèmes mécaniques ?
Généralement, ces problèmes se manifestent par divers types de dysfonctionnements mécaniques. Cela commence par un démarrage à froid difficile, un régime instable du moteur et un manque de puissance.
Au niveau du bloc moteur, ils se traduisent par une détérioration du système d’alimentation et notamment les injecteurs qui font l’objet d’une usure prématurée ou d’un blocage engendré par des dépôts des particules de soufre contenus dans le carburant.
N’y a-t-il pas au Maroc des laboratoires ou des bureaux d’études indépendants, disposant d’outils de pointe pour mesurer la qualité des carburants et à même d’en alerter les importateurs et les automobilistes ?
Pour ce qui est du contrôle de la qualité des carburants, il faut noter qu’il y’a principalement deux éléments à prendre en compte : les différentes teneurs à ne pas dépasser et l’indice d’octane.
Au Maroc, le cabinet LPEE dispose, à ma connaissance, des équipements nécessaires pour mesurer et analyser des teneurs et notamment celle du soufre. En revanche, pour l’indice d’octane, seule la Samir dispose de l’outillage capable d’en effectuer le contrôle.
Comment voyez-vous l’issue de ce problème, sachant que dans le court terme, les carburants provenant du raffineur marocain devront inéluctablement s’aligner sur les normes qualitatives européennes, sans lesquelles plusieurs modèles ne pourront être importés ?
Pour notre part, nous avons initié une réflexion au sein de notre Association pour définir les actions à entreprendre dans ce domaine pour préserver les intérêts de nos clients. Maintenant, nous espérons également que les professionnels du secteur des carburants et les autorités concernées prendront les dispositions qui s’imposent dans les meilleurs délais.

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