L’auto bonus-malice

L’auto bonus-malice

C’est presque devenu une manie : depuis le lancement de la première génération de l’Espace en 1984, Renault a souvent tenté de créer un segment automobile avec une nouveauté «première d’un genre». Coup d’essai, coup de maître avec le premier monospace européen précité, mais aussi avec la Twingo en 1992, puis la Mégane en 1996, mais hélas pas pour l’Avantime (sorti en 2001), premier «coupéspace» et…échec cuisant pour la marque au losange. Ceci étant, tous ces véhicules ont un point en commun : ils privilégient l’espace à bord. Idem pour son dernier-né, Modus, qui s’intercale entre la Clio et le Scénic, s’étalant sur 3,79 m de long et culminant à 1,59 m. Et c’est au Portugal que Renault nous a donné l’occasion et le privilège de partir à la découverte de Modus. Première remarque sur ce petit monocorps : sa bouille n’a rien de déroutant et semble d’emblée assez familière. Pourtant, le Modus a bel et bien été dessiné par l’équipe de Patrick le Quément, patron du design industriel chez Renault, et à qui l’on doit les récentes productions de la marque (Mégane, Scénic, Vel Satis…) au look assez osé et tranchant. Le Modus, lui, semble faire les yeux doux avec sa face avant, tout en affichant un minimum d’agressivité. Ainsi, la large prise d’air sur le bouclier apporte sa dose de caractère à l’ensemble, tandis que les phares évoquent vaguement ceux de l’actuelle Clio, même s’ils intègrent d’épais clignotants en forme de sourcils et que leurs angles ont été adoucis. Comme ses grands frères que sont le Scénic et l’Espace, notre micro-space (le Modus) en reprend les principaux caractéristiques au niveau de la partie arrière, avec notamment, un hayon vertical intégrant une lunette bombée. Cependant, il reste singulier par la forme assez rondouillarde des feux arrière. Autre originalité : l’ouverture en deux parties du hayon. Indisponible sur les versions de base, cette option permet d’accéder au coffre via une trappe basse qui s’escamote à la manière de la portière d’un four à cuisinière. De profil, outre la légère inclinaison du pavillon vers l’arrière, on remarquera quelques effets de style tels que la nervure en arc de cercle courant le long de la caisse, les rappels de clignotants sous les rétros ou encore l’avancement de l’immense pare-brise, au demeurant doté d’essuie-glaces à cinématique papillon. Sympathique et même attachant, le Modus ne cherche pas à plaire par ses attributs esthétiques, mais joue avant tout la carte de la compacité et de la modularité. D’ailleurs, chez Renault, on l’appelle «voiture au grand coeur». C’est que dans son habitacle, cette «boîte à malices» a plus d’un tour dans son sac.
Techniquement, le Modus repose sur la nouvelle plate-forme (B) du groupe Renault-Nissan, celle-là même étrennée par la Micra. Du coup et avec un empattement (distance entre les 2 roues) de 2,48 m, le Modus se permet une habitabilité très généreuse au niveau de la banquette. Mieux encore, celle-ci coulisse sur 17 cm vers l’arrière, se modulant de trois à deux places, mais offrant à deux grands passagers une longueur aux jambes de 23 cm, soit comme à bord d’un Scénic ! Il faut aussi préciser que c’est de cette modularité que dépend le volume du coffre : entre 198 et 274 litres suivant l’avancement de la banquette et jusqu’à 621 l une fois les dossiers de celle-ci rabattus. A l’avant, la planche de bord se veut plaisante par sa présentation et ergonomique par son agencement. Instrumentation digitale, rangements astucieux (au plancher, sous l’assise du siège passager, boîte à gants réfrigérée…) et matériaux composés et assemblés avec soin.
Bref, une ambiance intérieure assez gaie, qui l’est encore plus lorsque le pavillon en acier laisse place à un toit panoramique en verre, ouvrant électriquement, mais n’équipant que les versions haut de gamme. Et en parlant d’équipement, le Modus a presque tout d’une grande et en tout cas bien plus que ce que propose la concurrence dans ce segment. De la climatisation automatique à deux zones, aux phares au xénon tournants, en passant par le régulateur-limiteur de vitesse, le capteur de pluie, ainsi que toute une panoplie de dispositifs de sécurité tels que les airbags (y compris rideaux), l’ABS avec amplificateur, l’ESP (contrôle de stabilité) etc, la nouvelle Renault peut s’armer jusqu’aux dents. A noter, d’ailleurs, que le Modus vient d’obtenir, à son tour, ses 5 étoiles aux crash-tests EuroNCAP, confirmant le leadership actuel de Renault en matière de sécurité. Ceci étant, au Maroc, il faudra encore attendre quelques mois (début 2005) pour avoir une idée sur les configurations d’équipements des versions importées. Ce sera la même chose pour les motorisations qui seront retenues sur une palette qui en compte cinq : trois essence (1.2 l de 75 ch, 1.4 l de 98 ch et 1.6 l de 115 ch) et le Diesel common rail 1.5 l dCi, disponible en deux niveaux de puissance 65 et 80 ch. Fabriqué à l’usine de Valladolid en Espagne, dont la capacité est de 300.000 exemplaires par an, le Modus a tous les atouts pour tenir ses promesses. Pourvu qu’il ne fasse pas trop d’ombre à sa soeur aînée, une certaine Clio.

• DNES au Portugal, Jalil Bennani

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *