Le fleuron des deux chevrons

Le fleuron des deux chevrons

La France l’a voulu, Citroën l’a fait ! La C6 n’est pas uniquement le fleuron des deux chevrons, elle incarne aussi et surtout le véritable haut de gamme à la française. Et en la matière, Citroën a incontestablement un capital historique intrinsèque. Les deux cérémonies d’investiture et autres parades officielles de Jacques Chirac sont encore là pour nous le prouver. En effet, le prestigieux locataire de l’Elysée tient toujours à rouler, à l’instar de ses trois prédécesseurs, dans l’intemporelle et gracieuse CX Pallas. Un palace roulant qui ne manque ni de classe ni de confort et auquel la XM, et encore moins la Xantia, n’ont pu dignement assurer l’héritage. En revanche, telle sera la (lourde) tâche assignée à la C6, qui d’emblée, semble avoir les moyens de ses ambitions. Esthétiquement, la C6 conserve le gros des détails qui firent la particularité de l’étude de style «Lignage». Un concept-car quasi futuriste à l’époque (1999), qui préfigurait le futur haut de gamme de Citroën et qui, justement, avait fait son apparition au Salon de Genève de la même année. Six ans plus tard, la version définitive ne s’en éloigne point, arborant une ligne effilée, épurée et loin de manquer d’originalité.
Charismatique et statutaire, la C6 l’est autant par sa taille (frôlant les 5 mètres), que par ses atours. Pourtant, son look n’a pas vraiment quelque chose de renversant, si ce n’est une poupe un brin osée. Les feux arrière ont en effet une forme galbée inhabituelle, s’apparentant à des crochets arrondis qui coiffent les ailes arrière et se reposent sur les extrémités hautes du bouclier. D’une géométrie tout aussi complexe, les blocs de phares remontent verticalement le long des ailes avant, longeant les côtés du capot. Bien entendu, ces projecteurs sont à technologie bi-xénon (croisement et route) et à éclairage directionnel (actif dans les virages). Pour le reste, la face avant reprend la nouvelle calandre constituée du prolongement des deux chevrons.
De profil, les troisièmes vitres latérales se prolongent jusqu’à la partie arrière, à la manière des coupés, tout en faisant fléchir la ceinture de caisse. Même tendance pour la lunette du hayon, qui s’affaisse en forme concave. Que de détails évocateurs de la vénérable CX.
Dépourvu d’encadrement et réalisé en verre feuilleté (voire doublé et renforcé pour la version blindée de Monsieur le Président…), le vitrage latéral est généreux et en parfaite harmonie avec le pavillon arqué. Ce dernier, courbé à la façon d’une ancienne Audi A6, se veut remarquablement fuyant vers les montants arrière, ce qui n’est pas sans accentuer la ligne basse de l’auto, contribuant ainsi à son aérodynamisme.
Le Cx demeure encore inconnu, mais gageons qu’il sera l’un des meilleurs de la catégorie, d’autant plus que la C6 a droit à un aileron rétractable, comme sur une Porsche 911. Rarissime sur une berline, ce déflecteur motorisé se déploie à partir d’une certaine vitesse pour améliorer la stabilité aérodynamique de la C6. Au demeurant, des baguettes de chrome parachèvent de souligner le caractère exclusif du véhicule.
Mais la griffe du prestige de cette auto se vérifie surtout à l’intérieur. Bien que la marque aux chevrons n’ait pas encore révélé tous les détails de l’habitacle, on sait d’ores et déjà que celui-ci joue résolument la carte du high-tech. On ne vous dira donc pas à quoi ressemble la planche de bord, mais plutôt que le conducteur aura droit à l’affichage tête haute (comme sur la BMW Série 5 et autres Corvette), au système anti-endormissement AFIL (alerte de franchissement involontaire de ligne), mais curieusement pas à l’innovation majeure étrennée par la petite soeur C4. En effet, l’absence du volant à moyeu fixe de la C4, reste inexplicable et paraît même antinomique, eu égard à l’esprit d’avant-garde de la C6. Pour leur part, les passagers seront traités royalement: sellerie en cuir, garnissage en matériaux nobles, habitabilité ultra généreuse (même si la valeur de l’empattement n’a pas encore été annoncée) et sophistications en tout genre, histoire de contribuer à leur confort. Dans ce registre, on peut déjà avancer la présence d’une climatisation à commandes individuelles, d’une installation multimédia à large écran central, de même qu’il sera possible d’opter pour deux sièges arrière indépendants et coulissants électriquement. Bref le grand jeu ! Mais le confort des occupants résultera aussi des bienfaits de la suspension Hydractive de dernière génération. Forte d’un amortissement variable (et peut-être d’un système actif antiroulis), cette suspension augure un comportement routier de grande qualité et à la hauteur des motorisations qui animent la C6.
Il s’agit des deux V6 maison : le 3.0 essence de 215 chevaux et le Diesel 2.7 HDI de 208 chevaux (équipé d’un filtre à particules). A n’en pas douter, ces deux blocs performants ne peineront pas à faire voguer le vaisseau amiral de Citroën. Cependant, il est reste regrettable de ne pas voir un V8 loger sous le capot de la grande Citroën. Dommage, car un tel ramage aurait bien valu ce plumage, jusqu’à inquiéter le clan très puissant des routières teutonnes. Peut-être que l’intelligentsia du groupe PSA se penche activement sur ce sujet et pourrait en révéler la possibilité lors de la commercialisation de la C6, prévue pour l’automne prochain… Qui sait ? En attendant, la C6 ne manquera pas de faire sensation au prochain Salon automobile de Genève. Elle pourrait même en être la nouveauté majeure.

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