Le fonceur

Le fonceur

Avant d’être au poste qu’il occupe actuellement (président de la FIA), Max Mosley a connu une grande carrière dans le monde des voitures et plus particulièrement celui de la compétition. Né en 1940, ce Britannique a poursuivi plusieurs années d’études en droit, qui ont fait de lui un brillant avocat. Sauf qu’entre-temps, et plus précisément au cours des années soixante, Mosley allait se lancer dans le sport automobile, pilotant pour plus d’une saison en Formule 2.
Sa passion pour les circuits et la course allait le pousser jusqu’à créer, en 1970, l’écurie de Formule 1, March. Bien que cette petite affaire, fut le fruit d’une association avec trois autres messieurs (Rees, Cooke et Herd), ce petit constructeur avait pour logo la lettre «M» qui renvoyait directement au nom de Max Mosley. Après une ascension progressive dans le monde de la F1, Max allait se rapprocher de plus en plus des organes dirigeants. D’abord, avocat de Bernie Ecclestone (l’actuel argentier de la F1), M. Mosley le sera ensuite pour le compte de la FOCA (Formula One Constructors Associations) au cours des années 80. la FOCA est alors une affaire de Bernie qui cherche à lui donner du poids auprès des constructeurs. Il y parviendra en défendant les intérêts des écuries et en exigeant des organisateurs de courses un fonds minimal pour financer les gains des participants.
La politique de Bernie va aboutir au pouvoir d’un avocat qui défendra bien ses positions. Cet homme n’est autre que Mosley, qui deviendra aussi, chef de la commission des constructeurs de la FISA (Fédération internationale du Sport Automobile) de 1986 à 1990, puis son président en 1991 et 1992 ; Max allait, entre-temps (en 1991), prendre les rênes de la FIA, en succédant à Jean-Marie Balestre, pour un mandat d’essai d’un an. Ayant été confirmé à cette fonction en 1992, Mosley allait devenir un an plus tard, et officiellement, le président de la FIA avant d’être régulièrement réélu à ce poste.
Fin juin, début juillet 2004, Max Mosley annonçait sa démission du fauteuil de la présidence de la FIA. Et pour cause, les constructeurs engagés en F1 ont fait la sourde oreille face à ses recommandations pour cette discipline et qu’il avait d’ailleurs annoncées en marge du dernier Grand Prix de Monaco. Plus précisément, Max souhaite mettre un frein à la constante inflation des coûts qu’impose la F1 telle qu’elle est actuellement régie. Pour lui, la F1 devrait, dès le championnat 2008, redevenir un peu plus raisonnable pour plus de sécurité pour les pilotes et moins d’exclusion pour les petites écuries. Parmi les mesures qu’il préconise : des moteur huit cylindres de 2,4 litres, accouplés à une boîte de vitesses manuelle et dénués de toute aide électronique. «Ces nouveaux règlements permettront d’abaisser les budgets annuels d’environ 15 à 20 millions de dollars.
Aujourd’hui, Minardi a plus du double !», affirmait récemment Max Mosley. Il faut rappeler que l’écurie Arrows a dû fermer son stand l’an dernier par manque de fonds, tandis qu’en 2001, Prost Grand Prix avait déposé le bilan. En clair, les petites écuries toujours en course réclament des économies pour pouvoir boucler leurs budgets, alors que les plus puissantes (Ferrari, BMW, Renault, Ford et DaimlerChrysler) sont réunies sous la houlette de l’association GPWC (Grand Prix World Championship) et, de ce fait, ne se sentent nullement menacées. Formulées aux patrons d’écuries, les recommandations de Mosley seraient restées lettres mortes, ce qui l’aurait «écoeuré» au point de vouloir partir. «Depuis que je suis à la tête de la FIA, j’ai fait ce que j’avais à faire. On m’a demandé de rester mais c’est le moment de partir», déclare Mosley. Et d’ajouter, lors d’une conférence de presse récemment : «Se retrouver face à des gens qui changent sans arrêt d’avis, tout cela me pesait et je me suis dit que le temps était peut-être venu de passer la main». Et justement, cette main, Max aimerait la passer à Jean Todt, une autre personnalité de la F1 à qui il rend tout un hommage par ses déclarations et ses actes en sa faveur. «Il a travaillé et gagné dans chaque catégorie majeure du sport-automobile dans le monde et je pense qu’il est la seule personne qui ait réussi cela», disait de lui Mosley. Max qui est allé jusqu’à envoyer une lettre aux filiales de la FIA, leur demandant que, dans un premier temps, Todt devienne son «adjoint», ce qui permettrait au président qu’il est de se concentrer sur les questions ne concernant pas le sport-automobile. Car en fait, Mosley a d’autres préoccupations tout aussi sérieuses. Des motivations personnelles déontologiquement respectables, pour ne pas dire flatteuses. En effet, Max Mosley, en tant que président de la FIA, est très influant sur les membres qui la constituent et dont la moitié sont des organismes indépendants veillant à la protection des droits des automobilistes et à leur sécurité. Parmi elles, l’EuroNCAP est quasiment la plus médiatisée actuellement, du fait de ses crash-tests de plus en plus pris en compte de part et d’autre, au niveau du commerce automobile. Aussi, en fervent défenseur de la sécurité automobile, Mosley milite pour que les crash-tests de l’EuroNCAP, qui sont plus sévères que ceux effectués par les constructeurs, soient adoptés par la Commission européenne et à terme par les autres législations. Outre des normes de sécurité plus strictes, Max Mosley plaide aussi pour un réseau routier de meilleure qualité et un carburant moins cher. Dommage qu’il veuille démissionner si tôt et que dans tous les cas de figures, il ne soit plus le président de la FIA en 2005.

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