Le meilleur du Diesel

Le meilleur du Diesel

En 2004, Univers Motors, l’importateur marocain de Honda, a vendu un peu moins de 2.000 unités (voitures de tourismes et 4×4). Un volume qui semble anodin, mais qui constitue plutôt une performance commerciale louable, pour ne pas dire remarquable. Et pour cause, l’ensemble de cette gamme ne dispose pas de Diesel. Or, ce type de motorisation occupe au Maroc, comme sur la plupart des marchés européens, plus des deux tiers des ventes de véhicules neufs. En revanche, ce n’est pas du tout le cas aux Etats-Unis, où Honda écoule chaque année plus de la moitié de sa production. En fait, son succès chez nous, Honda le doit principalement à des modèles qui ne manquent ni d’image, ni d’atouts.
C’est le cas notamment de la citadine Jazz, mais aussi de la familiale Accord. A elle seule, cette dernière a trouvé plus de 400 acheteurs l’an dernier. Un nombre appelé à croître sensiblement -peut-être même doubler- cette année avec l’arrivée sur notre marché de la version Diesel.
Baptisé i-CTDi (abréviation anglaise désignant «intelligent-Common rail Turbo Diesel injection»), ce moteur est une fierté pour la marque nippone, puisqu’il s’agit de son premier Diesel conçu à 100 % en interne. Car, contrairement à la Civic qui arbore le même sigle, les hauts responsables de Honda se sont montrés à la fois intransigeants et exigeants pour l’Accord. Pas question de confier le développement de ce Diesel à quelqu’un d’autre que les ingénieurs motoristes maison. Faut-il rappeler qu’en produisant 15 millions par an de groupes motopropulseurs pour voitures, motos, tondeuses, etc, Honda reste le plus grand fabricant de moteur au monde ? Normal, donc, que ce nouveau 2.2 litres, intègre les derniers raffinements en la matière : turbocompresseur à géométrie variable, alimentation en air frais par un échangeur air/air, injection directe par rampe commune Bosch de deuxième génération (jusqu’à 1600 bar de pression), recyclage total des gaz d’échappement, arbre d’équilibrage secondaire… Bref, le must en matière de moteurs à «mazout». Associé à une boîte manuelle à cinq vitesses, ce quatre-cylindres développent 140 chevaux de puissance pour 340 Nm de couple. Cette puissance, le 2.2 i-CTDi la traduit sur le plan dynamique par une vélocité remarquable, qui lui a même valu de battre des records de vitesse (voir encadré, en bas).
Sur le papier, le constructeur annonce une vitesse maxi de 210 km/h, alors que sur la route, le résultat dépasse toute espérance. En effet, la familiale de Honda se comporte plutôt comme une berline du segment supérieur, c’est-à-dire celui des routières. C’est ce qu’ont pu relever nos confrères de la presse européenne spécialisée, qui ont pu maintenir l’Accord à 140 km/h sur autoroute… en quatrième ! Remarquable. Ce même qualificatif convient tout aussi parfaitement au confort acoustique, qui est même l’un des points forts de ce moteur. Rien de surprenant en cela, puisque les responsables de la marque ont tenu à ce que ce Diesel respecte à la lettre toutes les exigences qui ont jusqu’ici fait la réputation de Honda, qu’il s’agisse de rendement, de fiabilité ou de discrétion. Qu’est-ce qui explique le silence et l’absence de vibration dans le fonctionnement de ce moteur ? D’abord un processus de fabrication du bloc aluminium, dont la structure accroît rigidité et précision avec, à la clé, un gain de poids. Ensuite une diminution sensible des frictions, ainsi que l’intégration d’un système de contrôle variable des turbulences à l’intérieur des chambres de combustion. Puis, l’encapsulage phonique supérieur et inférieur du moteur, qui plus est dispose de deux arbres d’équilibrage. Un véritable travail d’orfèvrerie… mécanique. Il semblerait bien que ce moteur est loin d’usurper le premier «i» de son sigle (i-CTDI), qui est là pour dire «intelligent». D’ailleurs, avec de tels raffinements techniques, ce 2.2 litres pourrait développer bien plus que les 140 chevaux actuels. Mais une puissance encore plus élevée se ferait sur l’autel de la sonorité et de la fiabilité. Deux principes chères au constructeur japonais.
Quoi qu’il en soit, il est indéniable que ce Diesel dopera sensiblement les ventes de l’Accord, qui plus est, compte d’autres atouts à faire valoir face à ses concurrentes nippones. A commencer par son look : une ligne dynamique et épurée, ainsi qu’une face avant agressive, bien dans l’air du temps. On est bien loin du design lourd et trop classique de la Toyota Avensis ! Idem à l’intérieur, où le niveau d’équipement et de confort n’a rien à envier aux plus chics des familiales. A l’heure où nous mettions sous presse, les détails des dotations ne nous avaient pas encore été communiqués, mais l’on peut d’ores et déjà deviner que l’Accord i-CTDI sera proposée au Maroc en deux niveaux de finition (Sport et Executive), comme c’est le cas actuellement pour les autres versions essence. Ceci étant, dès l’entrée de gamme, les clients auront droit d’emblée à une dotation complète, incluant entre autres : l’ABS avec répartiteur de freinage (EBD), des airbags frontaux, latéraux et rideaux, la climatisation automatique à deux zones, l’autoradio avec lecteurs de K7 et CD, des jantes en aluminium, un système d’alarme…
Enfin, les prix, non encore révélés, devraient démarrer autour des 350.000 dhs. Un positionnement bien étudié qui ne manquera pas de séduire la clientèle et pas seulement «diesélophile».

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