Le moteur à air comprimé d’un Français intéresse l’indien Tata

Belle revanche pour Guy Nègre, qui travaille sur le sujet depuis dix ans. «C’est vrai qu’un baril à 100 dollars va obliger les gens à changer d’énergie et donc à polluer moins», dit cet ingénieur motoriste de formation qui a commencé sa carrière dans la Formule un, les moteurs de bateaux et d’avions. «Ma voiture, c’est zéro pollution en ville et presque rien sur la route», dit-il, «c’est un euro et deux litres aux 100 km, pas plus».  L’automobile de sa conception dispose d’un réservoir type bouteille de plongée dont l’air comprimé utilisé seulement en ville est associé à un «adjuvant énergétique» (éthanol, gazole, essence sans plomb ou n’importe quel bio-carburant) pour améliorer le rendement sur route. Les bouteilles d’air comprimé se rechargent en trois minutes en station-service. Protégée par une cinquantaine de brevets, cette voiture dont la fabrication en pré-série devrait commencer cette année, sera vendue aux alentours de 3.500 à 4.000 euros, selon les versions.
La carrosserie monobloc en fibres composites, les accessoires et le moteur ne lui feront pas dépasser 330 kilos sur la balance. Sa vitesse maximum sera de 150 km/h.
«Moins c’est lourd, moins ça consomme, moins ça pollue moins c’est cher, l’équation est simple», dit Guy Nègre.
 Avec une bouille qui lui donne l’air de sortir tout droit d’une bande dessinée, la OneCATS (son nom provisoire) a en tout cas déjà séduit le groupe indien Tata Motors. L’entreprise, qui est un des favoris pour le rachat des marques britanniques Jaguar et Land Rover, présentera la semaine prochaine au salon automobile de New Delhi la voiture la moins chère du monde, qu’elle promet de commercialiser cette année à 100 000 roupies (2 500 dollars).
Après des mois passés à étudier la OneCATS sous toutes les coutures, Tata vient de signer, contre un chèque de 20 millions d’euros, un contrat de transfert de technologie avec MDI. Il permettra aux Indiens de fabriquer chez eux et d’utiliser dans leur pays le moteur à air comprimé né à Carros qu’ils mettront dans leurs propres carrosseries.
Iraniens, Sud-Coréens, Australiens défilent aussi à cadence soutenue au siège de MDI, séduits par le produit et par l’idée des micro-usines imaginées par Guy Nègre. Des petites unités de production installées dans chaque pays intéressé par le concept, et dans lesquelles les voitures seront fabriquées. «Pas de transport, pas de sous-traitance, pas de fournisseurs extérieurs, tout sera fait et vendu sur place, chaque unité étant capable de produire une voiture toutes les demi-heures», ajoute Guy Nègre. «C’est plus rentable, plus écologique que les usines mastodontes des grands constructeurs, c’est une sorte de système franchisé sur lequel nous avons déjà cinquante options», dit-il.

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