Les boîtes CVT : L’automatisme de demain

Les boîtes CVT : L’automatisme de demain

Il y a deux semaines, Carlos Ghosn, actuel P-dg de Nissan affichait l’ambition, de la marque qu’il dirige (encore pour quelques semaines) de porter à un million d’unités la production de véhicules équipés de boîtes automatiques dites à «transmission à variation continue» (CVT). Qu’est-ce qui pousse un décideur de cette trempe à prendre une telle orientation stratégique ? M. Ghosn est tout simplement un visionnaire, qui à l’instar de plusieurs ingénieurs, croit en l’avenir de ce type de transmission. Et pour cause, les boîtes CVT ne manquent pas d’avantage pour s’imposer au cours des prochaines décennies, ou tout au moins, prendre une ampleur considérable dans l’industrie automobile de demain. Pourtant, leur principe de fonctionnement n’est pas d’une folle complexité. Il faut tout d’abord savoir que les boîtes CVT ont fait leur apparition depuis longtemps sur les scooters, les mobylettes et les motoneige, avant d’être utilisées sur des tout-terrain ou des citadines.
Qu’est-ce qu’une boîte CVT ? C’est un système de transmission qui dispose de rapports infiniment variables. Autrement dit, une boîte dont le principe de base est celui du variateur qui a fait les jours heureux des anciennes mobylettes. Plutôt que de recourir à des disques et autres engrenages classiques d’une transmission manuelle, les boîtes CVT, elles, emploient deux poulies en forme de cônes, reliées à une courroie en acier.
Cette dernière est gérée électroniquement et par pression hydraulique afin de transmettre, de façon presque infinie, la démultiplication entre le couple moteur et la puissance transmise aux roues motrices. La courroie se déplace à des hauteurs variables sur les parois de chacune des poulies, permettant du coup un nombre infini de rapports. Et c’est la pression sur l’accélérateur ou la vitesse de croisière du véhicule qui détermine la position de la courroie. En outre, le principe de fonctionnement des boîtes CVT se distingue par une considérable réduction de la friction inutile, faisant tourner le moteur au meilleur régime à toutes les vitesses. A cela, il faudra ajouter que la totalité du couple moteur est transmises aux roues, où alors très peu de pertes sont enregistrées lors de ce transfert. La puissance du moteur est alors transmise graduellement aux roues afin d’obtenir, de façon progressive, l’accélération voulue.
Du coup la boîte CVT réagit avec une douceur certaine, donnant l’impression de ne pas changer de vitesse, et encore moins de légers à-coups qui découleraient d’une accélération subite. L’agrément de conduite est alors plus que réel, étonnant. Autre avantage tout aussi concret, l’économie d’utilisation. En effet, sachant que le couple moteur est presque exploité à 100 % et que le régime optimal est plus rapidement atteint, il devient ainsi possible pour un véhicule de profiter d’une certaine puissance, mais avec un moteur plus petit. Résultat : la consommation, notamment en ville, est sensiblement diminuée. Cela, la plupart des constructeurs l’ont compris.
Audi emploie la principe de la boîte CVT dans sa transmission Multitronic, histoire de rendre moins gourmandes ses grosses berlines (A6 et A8). Et ça marche ! Idem pour Nissan, qui l’applique, entre autres pour le même but, sous le capot de son 4×4 Murano… et on ne saurait citer tous les exemples, tellement il y en a. Ceci étant, on ne manquera pas de reconnaître que le mérite revient à Honda, qui propose en option sur sa Jazz, une boîte à variation continue, moyennant un supplément d’environ 15.000 Dhs. Un surcoût qui semble modique au vu des bienfaits qu’apporte une telle boîte à la petite Honda.

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