Les deux cousins surélevés

Les deux cousins surélevés

Jusqu’ici absent sur le segment très juteux (lire encadré) des 4×4, PSA Peugeot Citroën veut enfin combler son retard en la matière. En effet, le premier groupe automobile français vient de lever le voile simultanément sur deux tout-terrain, ou à proprement parler, de «deux tout-chemin» qui viendront dès juillet prochain se frotter aux Toyota Rav4, Nissan X-Trail et autre Honda CR-V.
Une double révélation qui intervient quelques semaines après que Renault ait dévoilé au Mondial de l’Automobile le Koleos, son premier vrai 4×4 et ce sous forme de show-car (prototype très proche d’une version définitive). Baptisé 4007 pour celui de Peugeot et C-Crosser pour celui de Citroën, ce duo français est le fruit d’une coopération entre PSA et Mitsubishi Motors Corporation (MMC). Un constructeur japonais dont l’expérience dans ce domaine n’est plus à prouver : maîtrise des technologies de la transmission intégrale, 4×4 à forte notoriété (Pajero), palmarès sportif très flatteur (vainqueur 7 fois de suite au Dakar)…
Du coup, c’est sur la base de l’Outlander, le tout dernier SUV (Sport Utility Vehicle) de Mitsubishi que seront développés le 4007 et le C-Crosser. Ceci dit, cette plate-forme sera sensiblement revisitée par les deux constructeurs français. Ainsi et selon le communiqué de presse relatif à ce partenariat, le domaine d’intervention du groupe français «couvre les liaisons au sol : des éléments comme le freinage, la direction, les suspensions, le train arrière, les pneumatiques sont donc revus et adaptés afin de garantir un confort et un comportement routier au plus haut niveau et conformes aux exigences élevées du groupe PSA Peugeot Citroën en la matière». Quant aux intérêts, si celui de PSA est de gagner principalement en accédant à la technologie 4×4 de Mitsubishi Motors, ce dernier, lui, pourra surtout amortir ses investissements avec des volumes de production (de châssis et système de transmission) plus élevés.
Mais tous ces arguments d’ordre technique et concentrés dans les entrailles des deux 4×4… le consommateur lambda ne les verra pas. Pour le commun des mortels, acheter un 4007 ou un C-Crosser sera principalement une affaire de goût… esthétique. Et le moins que l’on puisse dire à ce niveau, c’est que les deux équipes de designers se sont attelées à ce que chacun des deux véhicules soit doté d’une personnalité qui lui est propre et qui soit surtout en harmonie avec les autres modèles des deux gammes respectives. Résultat : le 4007 adopte une face avant bien distincte de celle de son cousin aux chevrons puisqu’elle reprend le principe de la calandre en forme de gigantesque prise d’air dans le bouclier.
Un détail qui, avec les nervures du capot et les écopes latérales fait passer le 4×4 du lion pour un ersatz d’Audi Q7. C’est clair : le style rondouillard et trop chargé du 4007 est loin de faire l’unanimité. On lui préfèrera assurément la bouille du C-Crosser. Tout aussi statutaire, ce dernier affiche un regard modérément expressif, des lignes plus tendues et un profil assez dynamique. L’élégance de l’ensemble est même accentuée par la présence de nombreux détails chromés.
On ne saurait en dire autant pour l’intérieur, puisque rien de bien concret n’a filtré à ce niveau du côté de Peugeot, comme pour Citroën. On sait notamment que les deux carrosseries s’étendront sur la même longueur : 4,64 m et surtout qu’elles pourront accueillir sept places.
Mais aucune photo de l’habitacle de l’un des deux véhicules n’a été diffusée. Seules quelques descriptions sur communiqué de presse permettent de s’en faire une idée. Celui de Peugeot se contente de mentionner: «L’intérieur de la 4007 a lui aussi bénéficié de l’attention particulière des stylistes Peugeot. D’aspect dynamique et fonctionnel, il propose de nombreux rangements. Le traitement du matériau de la planche de bord ainsi que le dessin et l’aspect des contre-portes ont été remaniés pour satisfaire de la clientèle européenne». C’est tout.
Un peu plus détaillées, les informations fournies par la marque aux chevrons laissent croire que le C-Crosser sera plus convivial et plus modulable puisqu’il «peut accueillir jusqu’à 7 passagers grâce à un rang 3 constitué de deux sièges, totalement escamotables dans le plancher. Le rang 2 coulisse sur 80 mm afin de privilégier le confort d’assise des passagers ou le volume de chargement. Il est aussi rabattable électriquement en portefeuille 2/3 – 1/3 grâce à deux commandes placées dans le coffre (…) Enfin, le coffre de C-Crosser s’ouvre en deux parties…».
Enfin, on peut espérer aussi que les 30.000 unités annuelles de ces deux 4×4 trouveront preneurs lorsqu’on sait que sous leur capot, logera un puissant diesel. Il s’agit du 2.2 litres HDi, puissant de 156 chevaux (pour un couple de 380 Nm) et associé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports. Un bloc qui sera l’unique offre mécanique disponible lors du démarrage commercial des deux cousins surélevés.
Un lancement prévu pour juillet prochain au niveau européen et probablement vers la fin d’année pour les marchés du pourtour méditerranéen comme le Maroc. Reste à voir si le colosse du losange ne leur brûlera pas la politesse…

Le segment des 4×4 : un marché trop juteux

Les 4×4. Voilà des véhicules qui «parlent» plus aux acheteurs par les temps qui courent. De plus en plus présents sur nos routes, ces véhicules de loisirs ne représentaient qu’un marché de niche au début des années 90.
Mais depuis quelques années, les ventes de 4×4 ont enregistré une progression assez forte et de façon continue surtout en Europe. Sur le Vieux Continent, ce segment est passé de 4,9 % en 2001 à plus de 6% du marché des véhicules particuliers vendus en 2005. Cette même année, le cap du million de 4×4 vendus en Europe a été franchi.
Du coup, la quasi-totalité des constructeurs automobiles, qu’ils soient généralistes ou premium, ont fini par développer ce type de véhicules. Mais si les Asiatiques ont très bien compris cela, ce ne fut pas des Français qui ne font que passer du statut d’«absents» à celui de «retardataires» en la matière. Mais il faudrait aussi et surtout retenir que les 4×4 sont devenus un segment à part entière avec ses propres sous-catégories.
Du 4×4 de poche, au gros tout-terrain de luxe, en passant par le crossover routier et le baroudeur-né pour le franchissement… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses.
Côté constructeurs, on se frotte les mains : des volumes non négligeables pour les constructeurs de 4×4 urbains et d’importantes marges bénéficiaires dans le marché du tout-terrain haut de gamme.

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