«L’essence pourrait reprendre le dessus sur le Diesel»

ALM : Quelle est la pertinence de développer et proposer un carburant comme le Sans plomb extra, lorsqu’on sait que plus des deux tiers de véhicules vendus au Maroc carburent au Diesel ?
Nabil Medkouri : La première raison d’être du Sans plomb extra de Shell est qu’il s’adresse à près de la moitié du parc automobile roulant, soit près d’un million de véhicules. Maintenant, combien même la consommation automobile en carburant à l’échelon national serait répartie dans un pourcentage 80-20 entre le Diesel et l’essence, ces 20% correspondent à une clientèle qu’il ne faudrait pas oublier et que nous aimerons fidéliser en offrant un carburant meilleur, au même prix.

Où en sommes-nous au Maroc quant à l’introduction du Sans plomb 98 ?
Certes, en lançant le Sans plomb extra, nous offrons un bon carburant, mais évidemment sans pouvoir améliorer l’indice d’octane. Maintenant, pour ce qui est du Sans plomb 98, sa future disponibilité tient à une question de réglementation. Car, même si les sociétés pétrolières peuvent importer ce type de carburant, il restera la question de son prix. Et à ce niveau, seul le législateur à travers le ministère de l’Energie et des Mines est à même de décider le changement de telle ou telle spécification d’un carburant, en établissant sa structure de prix, puis d’entériner sa décision par un texte de loi.

Qu’en est-il par rapport au Diesel à 50 ppm (particules par million) en teneur en soufre ?
Là encore, ce sera un texte de loi qui définira les spécifications de ce carburant, les modalités de sa disponibilité et de son importation, ainsi que la structure de son prix. Concernant sa production, il faut savoir que le raffineur national, moyennant de gros investissements, a engagé un important processus de modernisation et de mise à niveau de ses installations pour, justement, pouvoir produire un gazole à faible teneur en soufre. Mais il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, les raffineries de la Samir ne sont pas encore en mesure de produire un gasoil à 50 ppm et en quantité suffisante pour répondre à la demande nationale. On pourrait alors envisager la voie de l’importation, mais parce qu’il est question dans le cas du Diesel à 50 ppm d’une importante partie de la demande nationale en gazole, cela dépendra surtout de l’état du raffineur national.

Concernant la consommation automobile nationale en carburant et sa parité dominée par le Diesel, pensez-vous que cette tendance soit inversée dans l’avenir, vu le prix que pourrait avoir le Diesel à très faible teneur en soufre ?
Je pense que la question du prix est une équation à deux variables. Il y a d’une part le coût de revient, puis d’autre part l’intervention de l’Etat dans la structure de ce prix et ce, via les subventions de la Caisse de compensation. Evidemment, le facteur prix (NDLR : du Diesel à 50 ppm) aura un impact sur le profil de la consommation du parc automobile marocain. 
Dès lors, il n’est pas exclu que l’essence pourrait reprendre le dessus sur le Diesel. Mais dans une telle hypothèse, cela prendra plusieurs années. On assistera alors à une période de transition assez longue, pour la simple raison qu’un parc ne peut basculer instantanément d’un carburant à l’autre.

Le «Sans plomb extra» de Shell, qu’est-ce donc ?
Shell du Maroc vient de lancer le Sans plomb extra. Un nouveau carburant essence, annoncé comme «révolutionnaire» par rapport aux autres. Et pour cause. Additivé d’une formulation exclusive à Shell, ce sans plomb protégerait le moteur de la corrosion en formant un film protecteur sur des pièces vitales comme les soupapes et les parois intérieures des cylindres. De même, il éviterait les dépôts nocifs, ce qui permettrait d’obtenir une combustion toujours efficace, pour une consommation optimisée. Et tout cela, sachant que ce Sans plomb extra est vendu au même prix que le Super et le Super Sans plomb.

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