L’homme au 150 Rolls

L’homme au 150 Rolls

Il est plutôt jeune et il est depuis l’âge de 15 ans à la tête de l’un des royaumes géographiquement les plus réduits, mais économiquement les plus prospères au monde. Lui, c’est le Sultan de Brunei, un homme attaché, dans son mode de gouverner son pays selon des traditions qui viennent droit des contes des Mille et une nuits. Tout en lui respire le faste et l’immense richesse, à commencer par son parc automobile. Car sa majesté Hassanal Bolkiah Muizzaddin Waddoulah dispose, du haut de son règne sur le sultanat, de pas moins de 1200 voitures, tout aussi luxueuses les unes que les autres et comprenant, entre autres marques dont on ne saurait épeler les noms tellement elles sont rares, quelque 150 Rolls-Royce et plusieurs dizaines de Ferrari. Rien que ça ! Pour certains, ce chiffre, malgré sa magnitude ne reflète pas toute l’immensité de la véritable caverne d’Ali Baba que le sultan ne cesse d’emplir.
On parle de quelque 5000 automobiles disséminées dans les quatre coins du globe et surveillées pat une armada de gardes, pour le moins dissuasifs. De quoi faire oublier bien d’autres richesses, comme les tableaux de valeur et les salles de bain en or massif, que le sultan cultive et garde jalousement. Sa fortune, accumulée à travers une lignée qui remonte au 14ème siècle et grâce à de précieux gisements de gaz et de pétrole dont son pays regorge, le 29ème sultan a droit à tous les honneurs. De la part des plus prestigieux constructeurs automobile notamment. Que ce soit Aston Martin, Rolls-Royce, Ferrari ou encore Mercedes, tous se plient devant ses désirs. A lui seul, Aston Martin aurait en l’espace de 15 ans vendu quelque 300 modèles, sur mesure s’il vous plaît, à Hadj Hassanal Bokiah.
C’est le cas d’un unique prototype, la Lagonda Vignale (1993), ou encore des renversantes variantes telles que des Vantage en quatre portes. Rolls-Royce et Bentley, quant à eux, lui livrent une cinquantaine de modèles par an, soit, tenez-vous bien, l’équivalent de 300 millions de DH chaque année. Pininfarina n’a également pas ménagé d’efforts en matière de creusage de méninges, pour proposer des Ferrari à même de plaire à son eEminence, allant jusqu’à lui tailler des modèles quatre-portes et break ! Alors que seulement 200 Porsche 959 ont été produites, le sultan en aurait une dizaine, toutes de couleurs différentes.
De quoi faire bien d’envieux et d’opposer l’archi-milliardaire à bien de résistances, notamment de la part des instances religieuses de Bruneï. Des positions auxquelles s’ajoutent la baisse remarquée à la fin du siècle passé au niveau du cours du brut. D’autant plus, que condamnés à l’immobilisme et manquant d’entretien, les bijoux à quatre-roues dont le sultan dispose perdent d’année en année de leur éclat, sérieusement menacés par la rouille et l’humidité. S’il ne faut pas moins d’une heure et demie pour parcourir, sur ordinateur, un modèle dans ses garages, on s’imagine alors, combien de temps il faudrait pour nettoyer toutes ces carrosseries. Triste sort pour la plus prestigieuse des collections automobiles au monde.

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