L’hyper luxe automobile, un segment à part

L’hyper luxe automobile, un segment à part

Ne la cherchez pas dans nos rues, ni même si vous partez en voyage à l’étranger. Peut-être à l’écran lorsque le journal télévisé ou un quelconque reportage montrera un chef d’Etat (y compris le nôtre) se déplaçant en cortège officiel… Elle, c’est la Maybach, l’automobile conjuguée au superlatif. Une longue et luxueuse limousine dans laquelle tout a été taillé pour satisfaire la plus exigeante des clientèles. A l’origine, Wilhelm Maybach était un vieux complice de Gottlieb Daimler, plus exactement celui qui concocta le premier modèle de Mercedes.
L’histoire nous dit aussi que, par la suite, Maybach deviendra un constructeur de voitures de luxe pendant l’entre-deux guerres. Une période au cours de laquelle quelques 1.800 voitures toutes aussi exclusives les unes que les autres avaient pour propriétaires, le maharadjah de l’Inde, ou encore l’empereur d’Ethiopie, pour ne citer que ces deux clients très réputés à l’époque.
En 2002, soit près de 60 ans plus tard, Mercedes a fait renaître ce label de ses cendres. Et pour cause, l’automobile est comme un grand jeu de cartes, où chacun des joueurs (les constructeurs) cherche à rivaliser à armes égales. Une affaire de concurrence. Et aujourd’hui, il ne sont pas plus que cinq labels à pouvoir être présents dans le segment de l’hyperluxe : BMW avec Rolls Royce, Volkswagen avec Bentley et Bugatti, General Motors avec sa Cadillac Sixteen et bien entendu Mercedes avec Maybach.
En fait ce prestigieux label, la marque à l’étoile, jette une pierre dans la cour de Rolls Royce. Résultat : pour concurrencer les limousines ornées de la fameuse calandre au double «R» et de ce magnifique emblème qu’est le «Spirit of exctasy», la Maybach 62 s’étend (comme son nom l’indique) sur 6,20 m, se dotant ainsi d’un empattement de 3,83 m (qui mérite donc sa place dans le «Guiness Book» des records), offrant aux passagers arrière une habitabilité de chambre à coucher. D’ailleurs, par sa présentation et ses équipements, l’intérieur est digne d’un cocon en Classe Affaires. Jugez-en : sièges arrière avec position couchette et réglages en tout genre (inclinaison, fermeté, massage, climatisation, chauffage…), minibar intégré, toit panoramique en verre à cellules phosphorescentes (il devient transparent ou pas en fonction des rayons du soleil), climatisation individuelle (avec capteurs d’ensoleillement, déshumidificateur et groupe frigorifique indépendant du moteur), «home» cinéma (intégrant un récepteur TV, un système audio de 600 Watts avec Dolby Surround, lecteur DVD et écrans de 17 pouces), repose-ordinateur et la liste est encore longue. Ceci d’autant plus qu’il existe une infinité de possibilités pour aménager et équiper ce véritable palace roulant. Ainsi, Maybach propose un catalogue d’options ou d’accessoires des plus luxueux : set de bagages, sac de golf, coupes de champagne en argent Sterling, tapis de sol en velours ultradoux, petite couverture ouatée, sans oublier un choix de plusieurs teintes de cuir grand Nappa. C’est dire combien chaque propriétaire peut personnaliser son auto pour la rendre encore plus exclusive. A cela, s’ajoutent une flopée d’aides à la conduite (contrôle de stabilité en tous genres, suspension pneumatique à pilotage électronique «Airmatic», freinage électrohydraulique «Sensotronic») et surtout un joyau mécanique : un V12 bi-turbo de 550 ch et 900 Nm de couple ! Ce sont là des valeurs difficiles à égaler, puisque même une Ferrari 575 Maranello de 515 chevaux en lui rend quelques uns. Face à cette automobile d’exception, le BMW Group oppose une arme des plus redoutables, dont il est propriétaire depuis janvier 2003 et dont le point fort est avant tout sa réputation de marque britannique luxueuse par excellence. Personne ne peut le contester : Rolls Royce n’a pas d’égal en termes de renommée et de prestige.
Pour fêter son centenaire, la marque anglaise a présenté, il y a quelques mois la Phantom. Il est difficile de dire que cette Rolls est une concurrente de la Maybach 62, et ce pour plus d’une raison. D’abord, la Phantom n’existera qu’en 35 exemplaires, ensuite, ses proportions sont inférieures à celles de l’Allemande, puisqu’elle ne mesure que 5.83 m de longueur. Mais surtout, la Phantom est moins exubérante par sa présentation intérieure, sans pour autant être moins luxueuse. Un luxe inimitable qui fait toute la réputation de la marque de Goodwood. Censés être heureux, fortunés et très privilégiés, les propriétaires de cette belle anglaise ont droit à des marchepieds chromés, une moquette en laine de grande qualité, tout comme l’habillage en cuir et bois acajou.
Les portières semblent avoir été un souci particulier pour les concepteurs, puisque outre l’insigne du double «R» souligné dans leur capitonnage, ou encore les deux parapluies logés dans leur milieu (à l’arrière), elles sont à ouverture antagoniste, signe d’une certaine nostalgie… En attendant de voir des rivales, du côté de Bentley et Bugatti (deux labels appartenant à Volkswagen), Maybach et Rolls Royce peuvent voir en la Cadillac Sixteen une concurrente de même trempe. Il y a d’abord sa ligne surprenante, longue de 5,67 m, marquée par un capot interminable et de gigantesques roues de 24 pouces ! Il y a ensuite, l’habitacle, faisant appel massivement à des matériaux nobles (cuir, bois et chrome), reçoit une planche de bord exclusive s’ornant de compteurs protégés par des verres en cristal et d’une horloge signée Bvlgari ! Encore plus unique, le monstre qui sommeille sous son capot : un V16 de 13,6 l de cylindrée, libérant une puissance de 1.000 ch pour un couple de 1.355 Nm ! (non, non, il n’y a aucune erreur de frappe).
C’est tout simplement phénoménal et en parfaite esprit de démesure inhérent aux voitures américaines. Seul bémol, la Sixteen est encore au stade de concept-car, sa production en série n’ayant pas encore été définitivement décidée par General Motors. Car, il ne faut pas l’oublier, le segment du très haut de gamme est aussi une affaire de légitimité. L’échec cuisant de la Volkswagen Phaeton est là pour le rappeler…

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