Marrakech Grand Prix : entre grand show et chaos

Marrakech Grand Prix : entre grand show et chaos

Pour sa seconde édition, tenue le week-end dernier, le WTCC Marrakech Grand Prix n’a pas été avare en sensations. Fortes bien sûr. La «Race of Morocco», dont on rappellera qu’elle est l’unique épreuve africaine et arabe du Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC), a réussi non seulement à déplacer les foules, mais surtout à faire venir les plus hautes personnalités du sport automobile mondial. Bien évidemment, l’allusion est ici faite à MM Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formula One Management (qui est donc détenteur des droits de la F1), ainsi que Jean Todt président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Tous deux sont venus rendre visite aux organisateurs du Marrakech GP et découvrir les menues améliorations apportées au tracé de la ville ocre. Un circuit de vitesse (à l’inverse d’un circuit de courbes) et urbain, dont quelques portions ont été modifiées, lesquelles ont d’ailleurs permis la tenue, en marge du GP WTCC, d’une épreuve de Formule 2. Une première en Afrique ! Du coup, rumeurs et pronostics vont bon train pour entretenir ce rêve que le Maroc caresse tant : abriter un GP de Formule 1. Nous ne sommes pas encore là, même si toute une délégation de Ferrari était également présente le week-end dernier à Marrakech. Et c’est par une température supérieure à 30° (32 à 34° précisément) que visiteurs, organisateurs et pilotes ont fait le succès de cette deuxième édition. Tout un petit monde nourri par la passion et à l’affût du spectacle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu de l’action ce dernier week-end à Marrakech. D’abord, un spectaculaire accident lors de la 2ème course de Formule 2, lorsque la monoplace de Ricardo Teixeira a carrément décollé sur une autre lors d’un freinage à l’approche d’une chicane, mais ne faisant –miraculeusement– aucun blessé ! Ensuite, les nombreuses prouesses réalisées par certains pilotes résignés à ne plus jouer des seconds rôles. C’est le cas du Hongrois Michelisz (sur Seat Leon TDI) qui avait signé le meilleur temps lors des essais libres du vendredi. Idem pour le Britannique Robert Huff (Chevrolet Cruze) qui a pu rivaliser avec celui qui a décroché la pole, l’Italien Gabriele Tarquini (Seat Leon TDI). Quant à Yvan Muller, il a dû se contenter du sixième meilleur temps lors des «qualifs». En fait, et c’est ce qu’il faudrait surtout remarquer, la plupart des courses ont vu débouler, à plus d’une reprise, cette Chevrolet Cruze de couleur grise qui assure le rôle de «safety car» (voiture de sécurité). C’est donc entre les drapeaux jaune et rouge que les pilotes se sont affrontés, non sans accrochages. Vainqueur de la course 1 (WTCC), Tarquini a fait remuer le drapeau à damier derrière la safety car. Bien moins calme que la première, la course 2 a été émaillée par une série d’accidents. Deuxième sur la grille de départ, Michelisz fait caler sa Seat, faisant paniquer toute la meute derrière lui. C’est le chaos puisque Rob Huff (Chevrolet), Harry Vaulkhard (Chevrolet) et Sergio Hernandez (BMW) partent tous à la faute. La Cruze de Huff va même littéralement contre le mur, obligeant l’intervention de la voiture de sécurité et du staff chargé de nettoyer le circuit des divers débris éparpillés. Rebelote au septième tour de la course (qui en compte 13), lorsque Alain Menu (Chevrolet Cruze) et Augusto Farfus (BMW Série3) s’acharnent portière contre portière, jusqu’à ce qu’ils terminent leur jeu d’enfant contre le mur. La safety car reprend du service et ne laissera s’affronter Yvan Muller et Andy Priaulx (GB) que pour un seul et unique tour. Au final, Priaulx s’impose, suivi par Muller puis le Hollandais Tom Coronel (Seat Leon TDI), tandis que Tarquini ne finit qu’en sixième position. Tout cela pour dire que le duel très attendu entre les deux coleaders du championnat WTCC, Yvan Muller (Fra) et Gabriele Tarquini (Ita) n’a finalement pas eu lieu. Cela ne les empêche pas de rester au coude-à -coude au classement général. Mais parce qu’il a remporté la première course du Grand Prix de Marrakech, l’Italien est actuellement en tête du classement avec 70 points, devant Muller, qui compte, lui, 63 pts. Et Mehdi Bennani dans tout ça ? Notre pilote national a vaillamment combattu durant les trois jours du Marrakech GP en réitérant sa performance de l’an dernier puisqu’il a terminé premier au classement des pilotes «indépendants». Le tout dans une organisation toujours aussi bien ficelée. Une rigueur implacable qui fait croire que Aly Horma, qui n’en est qu’à sa deuxième édition, avait fait cela toute sa vie. Ce n’est d’ailleurs pas par complaisance qu’Yvan Muller –himself– a déclaré la semaine dernière : «c’est une épreuve formidable et les organisateurs ont réalisé un travail exceptionnel».

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