Moscou-Casablanca : 7.297 km en Logan

Moscou-Casablanca : 7.297 km en Logan

En France, on ne présente presque plus une publication comme «L’Automobile Magazine». Pour ne donner que des arguments relativement récents, on rapellera que c’est le premier mensuel spécialisé à avoir été certifié Iso 9001 pour la qualité de ses essais, ou encore qu’il est l’unique titre français présent dans le comité d’organisation de la prestigieuse élection de la «Voiture de l’Année» en Europe.
Autant de notoriété que peut revendiquer «Za Rulem», le premier mensuel automobile spécialisé en Russie. Une publication fondée en 1928, passant au banc d’essai une moyenne de 20 véhicules par mois et tirant à plus de 520.000 exemplaires. Excusez du peu…
Point en commun entre ces deux magazines : ils se sont mis d’accord pour accomplir une sorte de raid intercontinental en Logan. La voiture mondiale de Renault a subi récemment quelques critiques relatives à sa tenue de route et à ses aptitudes dynamiques. Du coup, pourquoi ne pas prouver aux lecteurs de part et d’autre du globe que la Logan est bel et bien une voiture capable et fiable, malgré son étiquette économique.
C’est, entre autres, l’une des idées ayant prévalu dans la genèse de ce périple qui a mené ces journalistes essayeurs de Moscou à Casablanca, en moins de 8 jours. Un pari presque fou, mais en tout cas audacieux, qui trouve aussi sa raison d’être dans la passion pour l’automobile et l’aventure. Une aventure qui a démarré le 19 septembre dernier depuis de l’esplanade de l’Université de Moscou (*), avec d’emblée quatre journalistes : Vladimir Soloviev et Anton V.Tchouikin de Za Rulem, ainsi que Gaël Brianceau et Georges Cousseau (journaliste photographe) de L’Automobile Magazine. Ils prennent place tous les quatre à bord d’une seule Logan, qui, à raz le coffre, emmène également la totalité de leurs bagages.
Le modèle en question est une Logan 1.4 litre essence fabriquée en Russie et badgée Renault (et non pas Dacia). Vendue à 7.500 euros, elle reçoit une finition de base (appelée aussi «Logan»), qui ne dispose ni d’ABS ni de direction assistée ni de climatisation mais, en revanche, d’un airbag conducteur.
De la capitale russe, ils se sont dirigés vers celle de l’Ukraine, Kiev (900 km sans arrêt!), avant d’atteindre Pitesti, la ville roumaine qui abrite l’usine-mère de Dacia. Mais à leur arrivée en Roumanie, les conditions de roulage n’étaient pas des meilleures, en cette dernière semaine de septembre. «Nous sommes venus juste après une vague d’inondations qui avait touché le pays au début du mois», déclare Vladimir à ALM, avec un accent français pas si mal pour un Russe… Et d’ajouter : «sur les pavés, il y avait encore des flaques d’eau et des rivières débordaient encore.
Le pont qui menait à l’usine était en quelque sorte endommagé et nous avons donc dû le contourner, en empruntant une route quasi-impraticable». C’était donc une rude épreuve pour les trains roulants de cette Logan. D’un sourire déconcertant, Georges Cousseau, lui, déclare concernant la Logan : «Nous ne sommes pas tombés en panne, nous n’avons pas dû rajouter de l’huile et n’avons même pas crevé un pneu». Puis d’avouer : «nous avons roulé assez vite quand même, car par moments Vladimir avait le pied lourds…». «Lorsqu’on pouvait, on roulait souvent à 120-130 km/h, et la voiture  a très bien tenu le coup, sachant aussi que durant deux jours, nous étions tous les quatre à bord, avec un coffre rempli à raz-bord», remet Georges.
Puis à partir de la ville où siège Dacia, une deuxième Logan a accompagné la première. Il s’agissait d’une 1.6 essence, un peu mieux équipée. Autre précision : le kilométrage des véhicules. La première version, la 1.4 comptait 20.000 km déjà parcourus, tandis que la 1.6 partie de Pitesti avait moins de 3.000 km au compteur. Il s’agit certes de véhicules récents, mais cela ne remet en rien la prouesse accomplie.
Dans ce même ordre d’idées, Vladimir ne manque pas de déclarer : «de Pitesti à Paris, nous n’avons fait que 31 heures, puisque nous avons roulé 2.300 km sans relâche ! Nous avons juste dormi, à tour de rôle pendant 2 heures». Soudain, Georges Cousseau lache : «et nous avons roulé à 200 km/h !». Incroyable. Puis d’insister et d’expliquer : «si, si avec la 1 litre 6. Nous l’avons poussée à 200 dans la descente».
En fait, à un moment donné, nous avons perdu Vladimir (NDLR : les voitures se suivaient) et nous avons dû mettre le pied au plancher. Voilà tout». «Mais à 200», dit-il en explosant de rire, on entendait un boucan à bord, le moteur hurlait…». Au total, les deux Logan ont traversé huit pays : la Russie, l’Ukraine, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne, la France et l’Espagne, avant de débarquer au Maroc. Et pour une raison toute bête, ils ont été retardés au port de Tanger.
En effet, il a fallu expliquer aux douaniers que les véhicules n’allaient être qu’en «admission temporaire» au Maroc. Arrivés à Casablanca le 29 septembre dernier, les quatre journalistes ont alors été dignement reçus par les responsables de Renault Maroc et à leur tête le Pdg Leonardo Perreira Dos Santos.
Derrière leur exploit se cache une autre symbolique : celle d’avoir relié deux sites de production de la voiture mondiale de Renault, à savoir Moscou et Casablanca, en passant par Pitesti, là où siège la maison mère de Dacia. Cela, sans oublier la région parisienne, où se situe le Technocentre, le laboratoire d’idées de Renault, qui a d’ailleurs donné naissance à la Dacia Logan.

(*) Plus d’infos (mais en langue russe),
sont disponibles sur le site Web de Za Rulem (www.zr.ru) et le seront probablement
dans le numéro de novembre de L’Automobile Magazine.

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