Muscle cars : De la naissance à la renaissance

Muscle cars : De la naissance à la renaissance

Si les premières américaines à grande puissance sont nées dans les années 50, l’histoire officielle désigne généralement sous l’appellation de «muscle car» des modèles datant pour la plupart de la décennie suivante.
L’expression «muscle car» ne fait toutefois l’objet d’aucune définition officielle. On admet le plus souvent qu’elle regroupe les versions les plus sportives proposées dans les gammes américaines de l’époque, la «famille» la plus emblématique du genre étant celle des coupés et cabriolets «intermédiaires» (séries de taille moyenne intercalées entre les «compacts» populaires et les séries «standard size» de gabarit supérieur) dotés d’un moteur de forte cylindrée prélevé dans la gamme la plus haute, d’équipements spécifiques (suspensions renforcées, boîte manuelle proposée en montage standard, entre autres…) et identifiés par une dénomination ou une désignation signifiante (cf. la Pontiac «GTO»). C’est justement l’installation empirique d’un «big block» (moteur d’une cylindrée supérieure à 6 litres) dans une caisse relativement légère qui fait toute la singularité des «muscle cars», l’objectif premier étant d’obtenir un rapport poids/puissance des plus favorables (de l’ordre de 5 kg/ch en moyenne) et donc, de garantir à l’acheteur des performances hors du commun (les capacités d’accélération prenant ici le pas sur la vitesse pure).
Autre particularité : hormis quelques options mécaniques conçues spécifiquement pour ces modèles, la plupart des «muscle cars» de la grande époque utilisent un maximum de composants provenant de la grande série, ce qui réduit d’autant leur prix de revient et permet donc de les commercialiser à un tarif suffisamment attractif pour attirer une clientèle majoritairement jeune.
Les premiers V8 culbutés à haute compression sont apparus dans les gammes Oldsmobile et Cadillac du millésime 1949. Ce sont ces moteurs à rendement élevé qui ont engendré une irrésistible «course à la puissance» impliquant les principaux groupes américains durant toutes les années cinquante. Jusqu’en 1951, la firme Cadillac conservera une relative avance avec son excellent V8 de 331 ci (environ 5,4 l) développant initialement 160 chevaux. Mais, cette année-là, Chrysler passe soudain en tête de liste avec son très ambitieux V8 «Firepower» à culasses hémisphériques et culbuteurs croisés développant 180 chevaux pour une cylindrée identique (331 ci, lui aussi). L’année suivante, Cadillac retrouvera toutefois sa suprématie pour une courte période en relevant la puissance de son V8 à 190 chevaux. Et ainsi de suite jusqu’à la fin des années cinquante où les meilleurs V8 du marché culmineront à plus de 350 chevaux moyennant une élévation progressive du taux de compression et un accroissement constant de la cylindrée.
Dans les années 70, des modèles disparaissent totalement, tels que les Plymouth Barracuda, Dodge Challenger, Dodge Charger. Rares sont celles qui en réchappent, même les Chevrolet Camaro et Pontiac Firebird ont failli disparaître dès 1972. La dernière, «muscle car» considérée comme authentique est la Pontiac Firebird Trans Am SD-455 de 1974. Mais depuis le début des années 2000, les «muscle cars» connaissent un engouement certain sur le marché de la collection. Les prix des transactions ont augmenté de façon astronomique, certaines éditions rarissimes de la Plymouth Hemi ‘Cuda Cabriolet atteignant 5 millions de dollars aux enchères Barrett-Jackson. La plupart de ces voitures sont devenues inaccessibles au consommateur moyen, leur valeur atteignant souvent les 100.000 $ pour un modèle «comme neuf».
Face à cet effet de mode, les constructeurs américains ont engendré le style «néo-rétro». Bien qu’étant la seule dont la production n’a jamais été arrêtée, la Ford Mustang n’y a pas échappé et, en 2004, sa cinquième génération s’est largement inspirée du modèle de 1969. Chrysler a suivi le mouvement en développant la nouvelle Dodge Charger sortie en 2006 puis la Dodge Challenger qui est sortie en 2008 et reprend les lignes de la version des années 1970, de même que General Motors qui a présenté avec un peu de retard face à ses concurrents une cinquième génération de la Chevrolet Camaro qui reprend les grandes lignes du modèle de 1968.

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