Pare-buffles : L’interdiction levée provisoirement

Pare-buffles : L’interdiction levée provisoirement

La tutelle donne un délai supplémentaire aux chauffeurs routiers

Les pare-buffles exposeraient ainsi les usagers les plus vulnérables en l’occurrence les piétons et les conducteurs de deux-roues à des risques de blessures plus graves en cas de collision.

Depuis janvier 2018, les barres de protection (Pare-buffles) montées sur véhicule sont officiellement interdites. Cela dit, le ministère de tutelle vient de suspendre l’application de cette interdiction provisoirement pour les chauffeurs routiers. Dans les détails, le ministère de l’équipement, du transport de la logistique et de l’eau vient de repousser l’interdiction des Pare-buffles jusqu’en 2019. Les responsables affirment que cette mesure est de nature à donner l’occasion pour les professionnels de se conformer à la décision ministérielle concernant les barres de protection. Bien évidemment, tout le monde n’est pas concerné par cette décision. La suspension provisoire s’appliquera aux véhicules d’un poids de plus de 3500 kilogrammes utilisés notamment dans le transport des marchandises. Les véhicules utilisés dans les opérations de secours bénéficieront également de la suspension provisoire de l’interdiction des barres de protection placées souvent à l’avant ainsi qu’à l’arrière des véhicules concernés.

Les professionnels concernés auront ainsi un délai supplémentaire de six mois afin de retirer les équipements interdits. «Il est nécessaire de procéder au retrait de ces barres dans les délais réglementaires. Après expiration de la phase transitoire accordée, les autorités compétentes vont commencer les contrôles et vérifications pour prendre les décisions qui s’imposent en cas de constatation d’une infraction selon les lois et règlements en vigueur actuellement», tiennent à préciser les responsables. Ces derniers n’ont pas mentionné les raisons derrière la prise de décision concernant la suspension. Une chose est sûre en tout cas. L’annonce de l’interdiction, il y a quelques mois par la tutelle, avait suscité polémique et incompréhension.

A l’époque, la tutelle avait justifié l’application de cette interdiction des pare-buffles sur les voitures des particuliers et professionnels par les risques encourus par les personnes les plus vulnérables en cas d’accidents. Cette décision jugée «controversée» à son annonce avait été également critiquée par certains importateurs et producteurs d’accessoires de voitures et véhicules de transport. Les importateurs avaient à l’époque expliqué que cette décision les avait pris de court et se sont donc retrouvés avec des stocks d’invendus sur les bras. Cela dit, le danger des barres de protection est pointé du doigt non seulement au Maroc mais également dans plusieurs pays à travers le monde notamment en Europe. Les pare-buffles exposeraient ainsi les usagers les plus vulnérables en l’occurrence les piétons et les conducteurs de deux-roues à des risques de blessures plus graves en cas de collision d’où l’interdiction dans plusieurs pays comme le Maroc. Il faut préciser que les chauffeurs qui ne se conforment pas à cette décision peuvent être verbalisés. De même, les autorités compétentes avaient habilité les centres de visite technique à faire respecter la décision (voir encadré page 7) dès son entrée en vigueur au début de l’année en cours.

Défaut technique

Dès le mois de décembre 2017, le ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau avait saisi les directeurs des différents centres de visite technique à travers le Royaume au sujet du port des barres de protection (pare-buffles). Une décision avait notifié aux responsables de ces centres que les pare-buffles étaient désormais officiellement interdits. Concrètement, le ministère a demandé aux centres de visite technique de considérer le montage de ces équipements sur un véhicule comme un défaut technique. Autrement, les propriétaires de voitures équipées de barres de protection seront invités à effectuer une visite technique complémentaire et à défaut de quoi, ils ne pourront recevoir le fameux sésame du procès-verbal favorable délivré à l’issue d’une visite technique par le centre concerné. Pour rappel, cette décision est entrée en vigueur dès le 1er janvier 2018.

Un accessoire controversé

Conçu tout d’abord pour une utilisation en milieu sauvage comme forêt, les pare-buffles sont devenus au fil des années un accessoire décoratif utilisé non seulement sur les véhicules tout-terrain mais également sur les SUV et autres véhicules citadins utilisés principalement en milieu urbain. Une utilisation qui a fini par susciter la polémique dans la mesure où un pare-buffle, conçu pour des chocs contre obstacle naturel, pouvait constituer en milieu citadin  une menace pour les usagers vulnérables comme les piétons et cyclistes.

C’est pour cette raison d’ailleurs que l’Union européenne a ainsi pris un accord avec les constructeurs automobiles pour interdire la pose de pare-buffles sur les véhicules de série vendus dans l’Union. Cette dernière a également pris la décision d’interdire la vente de pare-buffles rigides en accessoire. Seuls les pare-buffles conçus pour absorber les chocs sont aujourd’hui toléré.

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