Patrick Pélata devient directeur général délégué de Renault

Patrick Pélata devient directeur général délégué de Renault

Le patron de Renault, Carlos Ghosn, prend du recul en passant la direction opérationnelle à un numéro deux, Patrick Pélata, une première chez Renault, mais il garde la main sur la stratégie du groupe, lancée dans un vaste plan d’économies pour faire face à la crise. Jusque-là, l’un des directeurs généraux adjoints, Patrick Pélata, un homme de confiance de M. Ghosn chez Renault et auparavant chez Nissan, «prend la direction des opérations» avec le titre de directeur général délégué. Il chapeautera les directeurs généraux adjoints et les responsables de régions, tout en conservant la tête de la région Europe à laquelle il avait été récemment nommé. Carlos Ghosn conserve sous sa responsabilité directe «les décisions stratégiques» et «le suivi des questions financières et des affaires publiques». Il continuera à siéger au Conseil d’administration du groupe. Dans le contexte de crise économique, marqué par un ralentissement des marchés automobiles et la baisse en Europe, Renault vise ainsi «un renforcement du management opérationnel» pour être «au plus près du terrain» et des équipes. La décision de déléguer les tâches opérationnelles à un numéro deux doit permettre à Carlos Ghosn de «se concentrer sur la stratégie», a expliqué une porte-parole du groupe. Mais il ne consacrera «pas moins de temps» à Renault, a-t-elle assuré.
«On ne fait que répliquer chez Renault ce qui se passe chez Nissan», observe Gaétan Toulemonde, analyste de Deutsche Bank, qui juge «sans surprise» la nomination de M. Pélata : «quand on regarde le profil, ça paraît assez évident». «Avoir un opérationnel qui gère au jour le jour à Tokyo et un autre chez Renault n’est pas surprenant», a-t-il ajouté.
Carlos Ghosn, qui assume la double présidence de Renault et du japonais Nissan, partage son temps entre les deux groupes. Chez Nissan, il avait déjà nommé en 2005 Toshiyuki Shiga comme numéro deux exécutif. Récemment au Mondial de l’Automobile, M. Ghosn a insisté sur la nécessité de «beaucoup de prudence» et de «lucidité» dans la phase de crise actuelle. Renault a lancé fin juillet un plan d’économies, comportant notamment 6.000 suppressions d’emplois par départs volontaires, et le gel de certains programmes.
Au sein de Renault, Carlos Ghosn continuera notamment à diriger la stratégie produits, la stratégie d’innovation et technologie, les budgets, le plan d’investissement, la politique salariale, le sponsoring (F1 en particulier) et ce qui relève des fusions-acquisitions et alliances. En outre, M. Ghosn reste au Conseil d’administration d’Avtovaz, le groupe automobile russe dans lequel Renault a pris une participation de 25%.
L’arrivée d’un numéro deux au sein de Renault est une innovation, mais l’homme choisi par Carlos Ghosn a «toute (sa) confiance», a rappelé le président du groupe dans le communiqué de nomination, en soulignant «la qualité de (leur) collaboration». Patrick Pélata a rejoint l’équipe de Carlos Ghosn chez Nissan en 1999, puis est revenu chez Renault au comité exécutif en 2005 peu après l’arrivée de M. Ghosn à la présidence. Les deux hommes partagent «la même vision de la stratégie» pour le groupe, a noté la porte-parole. Le plan Renault Contrat 2009, mentionné dans le communiqué, reste à l’ordre du jour. Toutefois, la crise économique a amené Carlos Ghosn à réviser en baisse fin juillet les ventes prévues en 2009, tout en maintenant l’objectif de rentabilité de 6% de marge opérationnelle à cette échéance. Il y a une semaine, il a renvoyé à la présentation du chiffre d’affaires trimestriel le 23 octobre pour des estimations actualisées sur l’année 2008.

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