Patrick Pélata : Homme de confiance et «fusible» de Ghosn

Patrick Pélata : Homme de confiance et «fusible» de Ghosn

Directeur général délégué depuis 2008, c’est lui qui monte en première ligne lorsque l’affaire éclate début janvier pour justifier, deux semaines avant M. Ghosn, le licenciement de trois cadres dirigeants de Renault et affirmer haut et fort que le groupe est «victime d’une filière internationale organisée». C’est lui aussi qui, le 3 mars, se dit prêt à assumer le rôle de fusible, s’il s’avère que le constructeur a pu être berné par une «escroquerie», promettant d’en «tirer toutes les conséquences jusqu’au niveau le plus haut de l’entreprise, c’est-à-dire jusqu’à (lui)». Dix jours plus tard, il propose déjà sa démission à M. Ghosn, qui la refuse.  Camarade de promotion de Carlos Ghosn à Polytechnique, M. Pélata, âgé de 55 ans, est aussi ingénieur diplômé de l’Ecole des Ponts et Chaussées et titulaire d’un doctorat en socio-économie de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess). Après avoir travaillé trois ans comme chercheur, il rejoint Renault en 1984. Il y commence sa carrière comme chef d’atelier à l’usine de Flins, occupe différents postes dans l’ingénierie et travaille par la suite sur un des modèles phares de Renault, la Twingo. Il se distingue par «son intelligence» et un caractère «excessivement rationnel», se souvient un ancien cadre du constructeur qui l’a côtoyé dans les années 1980. «C’est quelqu’un de très direct, un homme de conviction qui, quand il a une idée, n’en démord pas», résume-t-il, évoquant un «caractère trempé». Patrick Pélata a un parcours atypique. Fils d’enseignants, ayant grandi dans le Cher, il a milité pendant une dizaine d’années au sein de l’Union des étudiants communistes (UEC), jusqu’en 1981. Cet engagement pèse sur le début de sa carrière chez Renault, selon un ingénieur qui l’a connu dans les années 1990 : «Il payait dans une certaine mesure des choix personnels atypiques, son engagement politique et syndical». C’est sa relation avec Carlos Ghosn qui le fera véritablement décoller. Promu au comité de direction de Renault en 1998, M. Pélata fait partie un an plus tard du groupe d’experts que M. Ghosn, devenu directeur général de Nissan Motor, emmène avec lui au Japon. «Ça a changé sa vie, y compris privée, et il s’est révélé être un dirigeant de premier plan», raconte le même ingénieur, sous couvert d’anonymat. Patrick Pélata est nommé la même année directeur général adjoint chargé du plan, du produit, du design et des programmes de Nissan. Il entre au comité exécutif et au conseil d’administration de l’allié japonais de Renault. En juillet 2005, peu après l’arrivée de M. Ghosn à la tête de Renault, M. Pélata est nommé directeur général adjoint «Plan, produits et programmes» et devient membre du comité exécutif du groupe. En octobre 2008, en pleine crise économique, il prend la direction opérationnelle du constructeur français, M. Ghosn –dont il est alors présenté parfois comme le dauphin potentiel– prenant du recul pour se concentrer sur l’alliance Renault-Nissan dont il assure la double présidence.

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