Philippe Cornet : «Je m’amuse en travaillant»

Philippe Cornet : «Je m’amuse en travaillant»

Il est toujours de bonne humeur, fait de l’humour et des vannes. Il aime sympathiser avec tout le monde jusqu’à raconter un peu de sa vie privée et beaucoup de ses passions que sont l’histoire et la chasse. Mais il est là pour travailler ! D’ailleurs, il commence sa journée à 7 heures et la termine, au plus tôt, à 19h30. «Il est plutôt bizarre pour un P-dg» se sont intrigués certains employés et cadres de Renault Maroc, en avril 2006, soit le mois où Philippe Cornet a débarqué. Ce quinquagénaire, curieux et atypique, est en fait riche en connaissances, un peu comme son parcours.
Entré chez Renault en 1976, ce fils de diplomate a commencé par vendre des voitures. Mais juste auparavant, il fait un passage obligatoire par l’emblématique usine de l’Ile Seguin. «Pendant un mois j’ai soudé des châssis de Quatre-L», déclare-t-il fièrement avant d’expliquer : «à l’époque, pour évoluer et devenir cadre, il fallait passer par tous les services». Vendeur, devenu formateur (de commerciaux), Philippe évolue dès 1981 pour être chef des ventes dans la succursale de Renault à Rouen. Après quelques années dans la «ville aux cent clochers», il change de casquette en 1985 et occupe la fonction de chef de publicité. Deux ans plus tard, il rappelé à Paris et promu directeur de la succursale de Fresnes. Un poste à responsabilité qui ne l’empêche pas de vendre directement des voitures. Quitte à se lever à 3 heures du matin pour aller démarcher les poissonniers du marché de Rungis ! «Je m’amuse en travaillant», explique-t-il. «J’ai toujours éprouvé du plaisir à faire mon métier et vendre des voitures». Puis vient l’année 90, celle où il est nommé directeur régional de Renault à Madrid. Sa mission : réformer un réseau mal-en-point. Une tâche ardue, face à des concessionnaires plutôt allergiques à un «Francés». «Ils m’ont accueilli avec le fusil à 15 coups !», raconte-t-il. Cela ne l’empêchera pas de faire son devoir et avec brio même. Si bien que les ventes de Renault augmentaient à Madrid, alors que la pénétration de la marque baissait en Espagne. En 1992, il retourne en France pour prendre la direction régionale de Renault à Paris. Après l’opérationnel, il passe aux ressources humaines en devenant directeur du personnel. Au bout de trois ans (1999), il cherche à changer. En fait, cet homme n’aime pas rester sans bouger. «Je ne peux pas tenir en place», avoue-t-il. Du coup, lorsqu’on lui propose d’aller en Russie, il répond «génial !». Mais à Moscou, un autre choc des cultures l’attend, avec en prime un décalage commercial. Lui qui vendait «80.000 bagnoles à Paris», n’arrive pas à en écouler plus de 1.000 la première année ! C’est pour cela d’ailleurs qu’il a été nommé directeur commercial de Renault Russie. Là encore, Philippe va faire un travail de fond et une totale refonte du réseau. Mais il n’y restera pas longtemps, puisqu’il est vite réexpédié à Prague. Là aussi, Renault ne faisait pas plus de 1.000 ventes par an. Trois ans après le passage de M. Cornet, le cap des 10.000 Renault immatriculées est dépassé ! En fait, là où il sera passé, Philippe aura boosté les ventes du losange. D’ailleurs, on en oublie à parler de l’essentiel, à savoir ses réalisations pour Renault Maroc. En gros, il a réorganisé les services internes, inauguré le premier «Magasin national de pièces de rechange», instauré une école de formation, veillé de plus près sur les ventes de Nissan et décidé la construction d’un nouveau siège pour Renault Maroc. Une filiale, qui sous son règne, aura atteint ou frôlé le cap des 40.000 ventes, soit plus d’un tiers du marché automobile marocain. Colossal ! Bref, en si peu de temps, Philippe aura réussi à faire beaucoup pour Renault Maroc. Une tranche de vie courte, mais dense d’accomplissements et confirmant surtout un patron soucieux de l’image de Renault et exigeant d’un service de qualité. Au demeurant, ses voyages et passages par diverses structures lui auront charpenté un caractère rebelle, mais un esprit lucide et actif.  Même s’il n’est resté que deux ans et demi à la tête de Renault Maroc, Philippe Cornet aura marqué à jamais tous ceux qui l’auront côtoyé.

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