Pièces de rechange auto : Le secteur coulé par la contrefaçon

Pièces de rechange auto : Le secteur coulé par la contrefaçon

«On estime que deux tiers des pièces concernés par la contrefaçon sont non conformes pour notre métier. Cela veut très clairement dire qu’ils peuvent mettre en danger l’intégrité physique de l’utilisateur du véhicule».

«On estime que deux tiers des pièces concernés par la contrefaçon sont non conformes pour notre métier. Cela veut très clairement dire qu’ils peuvent mettre en danger l’intégrité physique de l’utilisateur du véhicule».

Après le textile, la pièce de rechange automobile est la deuxième branche d’activité touchée par l’informel. Ce phénomène sous terrain pèse lourd aussi bien pour les opérateurs économiques que pour les citoyens. La non-conformité des pièces vendues dans le circuit illicite coûte la vie à des milliers des Marocains. Le coût des accidents de la circulation est estimé à 17 milliards de dirhams, soit environ 2% du PIB. 10 à 15% des accidents observés sur nos routes sont causés par la défectuosité des véhicules.

«Les pièces de rechange constituent un danger et un facteur de risque pour les usagers de la route. Investir l’amélioration de la sécurité des véhicules notamment à travers la composante de pièce de rechange est un levier extrêmement important», souligne dans ce sens Benaceur Boulaajoul, secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) lors d’une table ronde organisée, jeudi 12 avril,  en marge du Salon Auto Expo autour de la thématique «Sécurité routière, lutte contre la contrefaçon et le marché informel». Si l’impact socio-économique des accidents de la route est mesuré, celui du commerce informel des pièces de rechange n’est toujours pas chiffré. L’absence des statistiques fait sombrer les opérateurs dans  le flou. Que des tendances qui se dégagent dont la principale n’est tout autre que la grandeur de ce marché.

«Le marché de la pièce de rechange, dans sa globalité, pèse à peu près 15 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. Il emploie pas moins de 300.000 personnes dont 100.000 postes directs dans le réseau de distribution et 200.000 postes indirects notamment dans l’entretien et la réparation de véhicule», explique pour sa part Rachid Fedouach, directeur général de Smeia. Ces données évoquées illustrent clairement l’ampleur du travail qui doit être mené pour réduire l’informel dans cette sphère et protéger par conséquent la sécurité des citoyens qu’ils soient utilisateurs ou non du produit automobile. La première mesure à engager est celle de la traçabilité. Les intervenants ont été unanimes sur ce point pour la simple raison que le circuit de distribution de la pièce de rechange automobile affiche une importante destructuration. «En effet la désorganisation complète du circuit de distribution de ces pièces fait que la contrefaçon progresse de façon phénoménale. Ainsi la principale mesure à prendre c’est d’organiser ce circuit pour avoir plus de traçabilité», déclare dans ce sens le directeur général de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale Ompic. Loin du manque à gagner économique, les participants à ce débat ont insisté sur le rôle de la sensibilisation et l’éducation aux bonnes pratiques. «On estime que deux tiers des pièces concernés par la contrefaçon sont non conformes pour notre métier. Cela veut très clairement dire qu’ils peuvent mettre en danger l’intégrité physique de l’utilisateur du véhicule de ces occupants et de son environnement», peut-on relever de Eric Basset, directeur général de Renault Commerce Maroc, qui depuis 2015 est engagé dans une opération portant sur la sécurité routière. Cette rencontre a été également une occasion pour mettre en relief l’ensemble des initiatives engagées par l’Etat en vue de renforcer le contrôle par rapport à cette problématique. Citons dans ce sens la mise en place du label «Salamatouna».

Il s’agit d’un système de labellisation du circuit de distribution des pièces de rechange automobiles lancé en novembre 2017 par l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale en partenariat avec plusieurs acteurs publics et privés dont l’Imanor et l’Amica. Ce système a pour objectif de garantir la traçabilité de la pièce de rechange depuis son introduction sur le marché jusqu’au consommateur final.

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