Porsche Cayenne Turbo : sensations indescriptibles

Porsche Cayenne Turbo : sensations indescriptibles

Lancé en 2002, le Cayenne est très vite devenu le best-seller du constructeur automobile le plus rentable au monde, Porsche. Mais face à l’arrivée des Audi Q7 et autres BMW X5, les responsables de la marque ont jugé opportun de faire évoluer leur tout-terrain. Et comme toute nouveauté fraîchement commercialisée, le Cayenne a vu la presse mondiale conviée pour le tester. Et, essayer le nouveau Cayenne Turbo, voilà une invitation que nous n’aurions manquée sous aucun prétexte. Une initiative de Porsche France, qui a choisi une contrée au sud de Marrakech et l’itinéraire l’y emmenant pour faire tester à quelques journalistes -assurément des happy few- cette nouvelle génération du plus puissant des tout-terrain.
Arrivés dans un domaine agricole situé à 15 km de la ville ocre, on découvre cinq exemplaires du Cayenne : deux V6, deux S et un Turbo. C’est sur ce dernier qu’on jette d’emblée notre dévolu. Mais avant d’en prendre le volant, on ne s’empêche pas de tourner autour de cette confrérie, noble par son blason, mais bestiale par la cavalerie qui loge sous chaque capot, le dôme de puissance. Un véritable troupeau sauvage, mais au repos. On scrute, discute et distingue les quelques différences esthétiques.
D’abord par rapport à l’ancien Cayenne. Ensuite, entre une version V6 ou S et un Cayenne Turbo. S’agissant des évolutions de carrosserie, on remarquera une nouvelle partie avant, dont la calandre a été redessinée et la partie inférieure des blocs optiques devenue plate. A l’arrière, les feux ont été retouchés, adoptant des diodes électroluminescentes, tandis que le bouclier, remodelé, affiche de nouvelles sorties d’échappement. Le profil est, lui, marqué par des ailes plus saillantes, histoire de souligner le caractère musclé de ce 4×4. Maintenant, deux détails sont propres au Cayenne Turbo, vu de face.
Il y a d’abord les deux renflements au niveau du capot, puis les clignotants apposés de façon horizontale sur le bouclier (alors qu’ils sont verticaux sur les versions V6 et S). Outre l’inscription «turbo» sur le hayon, la version éponyme se distingue aussi –vue d’arrière- par ses quatre sorties d’échappement et ses diffuseurs d’air au ras du bouclier. Avez-vous dit aérodynamique ? Un registre dans lequel le Cayenne évolue aussi, puisqu’il affiche désormais un Cx de 0,35 (contre 0,38 auparavant).
A l’intérieur, on note quelques évolutions en matière de présentation et notamment un habillage en cuir intégral (volant, tableau de bord, console centrale, panneaux de porte) sur le Cayenne Turbo, notre version d’essai. Mais les principaux changements concernent la dotation de série et les équipements pouvant être puisés dans le catalogue des options. C’est le cas d’un magnifique toit panoramique en verre, facturé à 52.000 DH. Sur le Cayenne Turbo, les jantes montées de série sont chaussées de pneus de 18 pouces, mais de nouveaux pneus de 21 pouces, spécialement conçus et brevetés par Michelin peuvent satisfaire les plus exigeants. Notre modèle d’essai, lui, avait des roues de 20 pouces. C’est là un des facteurs de performance quant à la tenue de route.
Un comportement exemplaire et incontestablement une référence dans sa catégorie, du moins sur l’asphalte. Avec son V8 turbocompressé et revigoré (alésage augmenté pour porter la cylindrée à 4,8 litres ; puissance accrue de 50 ch et couple majoré de 80 Nm) le Cayenne Turbo est un monstre capable de dévorer du bitume comme on avale un petit praliné belge : c’est-à-dire, vite et avec beaucoup de plaisir.
Une puissance de 500 chevaux et un couple infernal de 700 Nm. Deux valeurs qui font du Cayenne Turbo le 4×4 de tous les superlatifs et qui sont gérées par ce qui se fait de mieux en matière de systèmes de gestion électronique: suspension pneumatique active à hauteur variable (PASM), contrôle dynamique anti-roulis (PDCC) et transmission intégrale intelligente (PTM). Cette dernière répartie le couple entre les quatre roues selon le rapport 38/62 (av/ar) et peut diriger cette même puissance à 100% sur l’un des deux essieux selon le besoin. Et en off-road, le Cayenne a les moyens de rivaliser et même suivre le roi des 4×4 de franchissement : le Land Rover Range Rover. Mais c’est pour la route qu’il a un faible. Normal, c’est un véhicule Porsche ! Le démarreur est donc à droite du volant.
Une fois la clé tournée, le moteur émet alors un bruit de turbine qui porte presque la signature (sonore) de Porsche. Nos premiers tours de roues en Cayenne Turbo, révèlent un 4×4 puissant, agile et très agréable à conduire. Puis, lorsqu’on appuie sur la touche «Sport» et qu’on opte pour des accélérations soutenues… commence alors le vrai bonheur. Celui des fortes sensations, mais maîtrisées par l’arsenal électronique. Le paysage défile plus rapidement et on voit très vite rétrécir dans le rétroviseur intérieur chaque véhicule qu’on double un peu brutalement, par un simple kick-down.
On ne se rend pas compte que l’on est déjà à une allure déraisonnable : 150, 180, puis 225 km/h… et l’accélérateur n’est pas encore enfoncé! Sur la fiche technique, on lit que le Cayenne Turbo est capable d’atteindre 275.000 km/h. On ne s’y est pas risqués, d’autant plus qu’on évoluait sur une route nationale. Cela, même si les freins, également renforcés, permettent de stopper le véhicule de façon tout aussi impressionnante. Mais le plus surprenant, c’est de voir comment ce mastodonte enchaîne les virages avec précision et sans la moindre inquiétude. Sommes-nous vraiment à bord d’un véhicule tout-terrain ? Est-ce normal pour un paquebot haut de 1,69 m et dépassant les 2,4 tonnes ? Plus qu’un aboutissement technologique, le comportement «bluffant» du 4×4 Porsche est un véritable défi -remarquablement relevé- face aux lois de la physique. Que peut-on reprocher à un tel véhicule ? La consommation ? Même pas ! Celle-ci a été revue à la baisse par les ingénieurs motoristes de Porsche à l’occasion de ce restylage, avec à la clé une baisse de 15% sur les trois versions. Histoire de faire la différence, nous avons également conduit la version S, soit celle animée du même V8, mais atmosphérique. Déçus ? Loin de là. Car, même sans turbo, le Cayenne reste un régal et une bombe puissante de 385 chevaux. Même que cette version présente un bon compromis avec son rapport puissance/prix/équipement, étant affichée à environ 1 million DH. (Est-il toujours décent de parler d’argent à ce niveau de gamme ?) Quant au Cayenne V6 (290 ch/385 Nm), soit le ticket d’entrée dans la gamme, il se veut encore plus «abordable», revendiquant 750.000 DH. Tels sont les tarifs de la CAC (Centrale Automobile Chérifienne), l’importateur exclusif de Porsche au Maroc, qui a déjà enregistré plusieurs commandes concernant ce nouveau Cayenne. Les futurs acheteurs, qu’ils soient milliardaires ou pas, peuvent être au moins sûrs d’une chose, ils acquièrent la référence indiscutable en matière de 4×4 de luxe et de sport.

Fiche technique (Porsche Cayenne Turbo) :
8 cylindres en V. 4.806 cm3. Injection directe d’essence. Deux turbos. Système VarioCam Plus (réglage de la levée des soupapes). 500 ch de puissance et 700 Nm de couple. 0 à 100 km/h : 5,1 sec. Vitesse maxi : 275 km/h. Consommation en cycle mixte : 14,9 l/100 km. Boîte automatique Tiptronic S à 6 rapports avec programme séquentiel et commandes au volant. Jantes a lu de 18’’. Transmission intégrale PTM (Porsche Traction Management). Suspension pneumatique à hauteur variable (Porsche Active Suspension Management). Garde au sol : jusqu’à 27,1 cm.

Principaux équipements de série :
Huit airbags, climatisation à régulation électronique, radar de stationnement, phares bi-xénon directionnels, intérieur cuir, sièges sport chauffant et à réglages électrique, PCM (Porsche Communication Management) avec écran couleur, système audio Bose (2 amplis, 14 haut-parleurs et 350 watts), régulateur de vitesse, ciel de toit en alcantara… Etc.

• DNES à Marrakech Jalil Bennani

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