Primée pour l’écologie

Primée pour l’écologie

Si actuellement, les bureaux d’études de bon nombre de constructeurs réfléchissent encore à la faisabilité d’une automobile à propulsion hybride, Toyota a déjà pris une longueur d’avance en la matière, grâce à sa Prius. En effet, cette compacte a déjà été produite à plus de 130.000 exemplaires et se veut la voiture de classe moyenne la plus propre au monde. Lancée en 1997 au Japon, puis, peu après, aux États-Unis et, il y a trois ans en Europe, la Prius en est à sa deuxième génération aujourd’hui. Et c’est sur le Vieux Continent, que la plus écologique des Toyota vient de se distinguer en remportant, lundi dernier, le trophée de la «Voiture de l’Année 2005».
Un titre accordé après l’évaluation par un jury composé de 58 journalistes automobiles européens et décerné par un comité d’organisation composé par de grandes publications spécialisées, telles que le mensuel français «L’Automobile Magazine», ou son confrère britannique «Autocar». C’est dire la crédibilité de cette élection dont le prestigieux trophée reste très convoité, servant d’argument marketing de poids dans la carrière commerciale de la voiture «élue». Il n’y a qu’à voir les modèles primés depuis ces cinq dernières années : Fiat Panda (2004), Renault Mégane (2003), Peugeot 307 (2002) Alfa Romeo 147 (2001) et Toyota Yaris (2000). Mais mieux que la citadine maison (la Yaris), la Prius peut se targuer d’avoir fait l’unanimité cette année. En effet, un communiqué de «L’Automobile Magazine» annonce qu’il s’agit d’un : «Fait rarissime, les 58 jurés ont tous voté pour la Toyota Prius et 37 d’entre eux l’ont classée première, 11 lui donnant le maximum de points : 10». Pour info, les 35 voitures qui ont été retenues au départ se devaient d’être des nouveautés disponibles commercialement dans au moins cinq pays d’Europe avant le 1er décembre. Et sur tous ces modèles pré-sélectionnés, sept voitures avaient été retenues, dont la Toyota Prius.
Celle-ci a été élue avec 406 points devant la Citroën C4 (267 points) et la Ford Focus (228 points). Venaient ensuite l’Opel Astra (180 points), la Renault Modus (151 points), la Peugeot (407 (135 points) et la BMW Série 1 (83 points). Plus qu’une déception pour BMW, l’arrivée de la Série 1 en bas du classement est plutôt curieux au vu de toutes les qualités de cette compacte premium, qui est de surcroît, l’unique propulsion de sa catégorie.
En fait, parmi les critères retenus dans cette compétition, le prix joue un rôle très important et, lorsqu’il est très accessible, aide énormément à récolter des points. Pour Toyota en tout cas, cette distinction a son pesant d’or, surtout quand on sait qu’aux Etats-Unis, la Prius coule une belle carrière commerciale, profitant d’une forte réputation auprès des clients et particulièrement les plus sensibles à la protection de l’environnement.
Normal, puisqu’en combinant un moteur à essence à un autre électrique (voir encadré), la cinq-places hybride de Toyota s’assure des émissions d’hydrocarbures et d’oxydes d’azote nettement inférieures (respectivement plus de 80 et 90%) aux limites imposées par les normes EURO 4 imposées aux moteurs à essence et diesel. Il faut dire qu’aux USA, les rejets polluants restent un préoccupant avec la dégradation de la couche d’ozone. C’est même un sujet qui est très pris au sérieux dans le plus gros marché automobile du monde (en moyenne 17 millions de véhicules vendus chaque année). Mieux encore, Toyota a voulu la Prius un modèle «vert» au sens plein du terme, c’est-à-dire de sa production à son élimination en fin de vie!
Autrement dit, du choix des matériaux (en majorité réutilisables) et des méthodes de fabrication, à l’utilisation, à l’entretien et au recyclage de la Prius, les émissions de CO2 sont réduites de 32%, un chiffre étonnant. Que d’arguments qui n’ont pas laissé de marbre les membres du jury face à la Prius, et auxquels il faut ajouter : une ligne fluide, un habitacle accueillant, cinq étoiles aux crash-tests EuroNCAP et un tarif assez doux (pour un bijoux technologique) : environ 25.000 euros.
Bref, la Prius a tous les atouts pour convaincre. Sauf qu’on ignore encore si sa commercialisation se généralisera à travers le monde dans le moyen terme. Ce serait alors un joli pied de nez à la flambée du baril de pétrole.

Toyota Prius : 1 voiture, 2 moteurs
Après la première génération de la Toyota Prius, la seconde est apparue en 2003, innovant par sa solution hybride, qui combine un 1.5 litre moteur essence de 78 ch, à un autre moteur électrique de 68 ch. Baptisée «Hybrid Synergy Drive», cette solution est prétendue révolutionnaire. Car, si dans une propulsion hybride classique, la puissance maximale n’est atteinte que quand le bloc à essence tourne, l’électrique faisant seulement office de propulseur d’appoint, le système «Hybrid Synergy Drive», lui, accorde en revanche plus d’importance aux performances du moteur électrique. Même qu’un bouton intégré au tableau de bord permet au conducteur de couper le moteur à essence. Ainsi, la Prius roule pratiquement en silence et sans produire aucun gaz d’échappement. Résultat : elle ne consomme en moyenne que 4,3 l/100 km et n’émet que 104 g/km de CO2. Pour abaisser la consommation, la climatisation est la première du monde dotée d’un compresseur électrique, tandis que la structure du véhicule recourt massivement à l’aluminium pour abaisser le poids. Question punch, avec un couple maximal de 478 Nm, la Prius en en remontre même à une auto diesel à moteur V6 ! C’est indéniable : cette Toyota compte assurément parmi les voitures les plus évoluées de notre temps.

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