PSA et Ford parient plus que jamais sur le diesel

Les deux groupes ont annoncé récemment à Londres qu’ils allaient fabriquer deux nouveaux moteurs diesel à rampe d’injection commune 2,2 litres dans le cadre de leur coopération, ce qui représente un investissement conjoint de 332 millions d’euros. PSA Peugeot-Citroën produira un moteur destiné aux voitures particulières moyenne gamme et haut de gamme dans son usine française de Trémery (Moselle), à raison de 200.000 unités par an.
Ford fabriquera un moteur 2,2 litres destiné aux véhicules utilitaires légers des deux groupes dans son usine britannique de Dagenham (Essex), également à une cadence annuelle de 200.000 unités. Ces moteurs commenceront à équiper des modèles PSA ou Ford à partir de 2006. «Nous sommes à la fin d’une phase importante de notre coopération, puisque nous disposons désormais d’une famille de moteurs qui peuvent équiper toutes nos gammes de véhicules», a commenté le PDG de PSA Peugeot-Citroën Jean-Martin Folz.
«La prochaine étape de la coopération consistera à s’adapter aux futures normes environnementales européennes», a jugé le président de Ford Europe, Lewis Booth. Plus de quatre millions de moteurs ont été produits jusqu’alors en commun par PSA Peugeot-Citroën et Ford dans le cadre de cette collaboration. Ford et PSA ont investi conjointement plus de deux milliards d’euros depuis le début. «D’ici à 2010, nous comptons produire ensemble plus de 3,7 millions de moteurs par an», a indiqué M. Folz. Grâce à leur coopération, qui leur permet de faire des économies d’échelle, PSA et Ford revendiquent désormais la première place mondiale des constructeurs de moteurs diesel, devant l’Allemand Volkswagen.
Leur capacité de production est de 10.000 moteurs par jour. Et les deux constructeurs tablent toujours sur l’avancée du diesel en Europe face à l’essence. Non seulement 95% des véhicules utilitaires vendus sur le marché européen fonctionnent avec ce type de moteur, mais près de 50% des voitures particulières neuves en sont désormais équipées, soulignent-ils. «L’attrait essentiel du diesel n’est pas le prix, mais l’économie de carburant», a rappelé M. Folz.
Les progrès de la technologie «common rail» permettent une réduction des consommations, plus d’agrément de conduite, de meilleures performances acoustiques ainsi qu’une réduction des émissions polluantes, font aussi valoir les deux groupes. Sur fond d’envolée du prix du carburant, essence ou gazole, d’autres groupes automobiles européens, les Allemands Volkswagen, BMW, Mercedes et Porsche, se sont cependant ralliés cet automne à la technologie hybride, lancée par le japonais Toyota. «La technologie hybride combinant essence et électricité n’a pas de sens économique en Europe : elle est intrinsèquement plus coûteuse que le diesel pour faire des économies d’énergie équivalentes», à savoir une consommation moindre de 20% comparée à l’essence seule, a réaffirmé le PDG de PSA. Et le président de Ford Europe de renchérir : «Nous partageons la même vision.
Le diesel reste la solution la plus économique en carburant et la plus écologique pour l’Europe et nous encourageons la Commission européenne à fonder ses futures réglementations sur les résultats que sur les technologies». «Très peu de gens peuvent se permettre d’acheter des voitures hybrides», a-t-il ajouté.

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