Regain d’optimisme

Regain d’optimisme

Après avoir été «piratée» par des chasseurs de scoops, dont les photos «espions» ont fait le bonheur de quelques magazines automobiles spécialisés, la future familiale de Fiat, jusqu’ici connue sous le nom de Large, a finalement été révélée par le constructeur italien. Elle s’appelle Croma et arbore une ligne plutôt séduisante. Mais elle garde encore secret son aménagement intérieur, qu’elle fera découvrir au public du Salon automobile de Genève, lors de sa présentation officielle.
L’apparition soudaine de ce nouveau modèle intervient à l’heure où Fiat Auto, ayant tout juste épongé son déficit commercial, est actuellement en négociations avec le groupe General Motors, tandis que sa filiale marocaine fait face à deux difficultés. En effet, Fiat Auto Maroc est d’une part en plein litige juridique avec l’un de ses anciens concessionnaires (Souss Engeneering) et d’autre part en quête d’un repreneur. A ce sujet, beaucoup de rumeur vont bon train. Certains parlent de la transformation de cette filiale en simple importateur local de la marque italienne, d’autres évoquent la possibilité d’un retrait pur et simple du marché marocain, tandis que d’autres avancent même que Fiat Auto aurait déjà été acquise par un groupe tunisien. La vérité est probablement ailleurs et en tout cas dans l’esprit du P-dg de cette filiale, Bruno De Mori, qui fera probablement une sortie médiatique pour faire taire tous ces bruits.
Ceci dit, la nouvelle Fiat se veut un énième symbole du renouveau de la marque turinoise (après la Stilo, l’Idea et la Panda) et ce, bien qu’elle reprend le nom d’une ancienne berline de la marque, commercialisée entre 1985 et 1994. En effet, on se souvient encore de cette familiale classique, qui en neuf années de carrière, a été produite à plus de 450.000 unités. Après quoi, la marque turinoise n’a plus commercialisé de grande berline.
Car au sein du groupe Fiat, chaque label a une certaine étiquette : esprit sportif pour Alfa Romeo, haut de gamme pour Lancia et ultra-sportivité pour le duo Ferrari-Maserati. Fiat, lui, reste le spécialiste des citadines et de la production en grands volumes, notamment à travers sa voiture mondiale.
Mais avec la Croma, Fiat semble vouloir renouer avec le segment des grandes voitures et ce, bien que celle-ci arbore une architecture de break. Crayonnée au sein des studios d’ItalDesign, par les designers qui travaillent pour le compte de Giorgetto Giugiaro, cette nouvelle venue fait la part belle aux rondeurs et aux galbes. Ceci étant, elle affiche une certaine discrétion malgré un gabarit assez massif. La face avant, reçoit une large grille de calandre à lamelle et des blocs de phare profilés, tandis que la poupe intègre un hayon légèrement incliné et évoque des créations du designer Walter De Silva. En effet, le traitement des feux arrière paraît très inspiré de celui de la Seat Ibiza et, dans une moindre mesure, de celui du break 156 d’Alfa Romeo.
Le profil, lui, reste caractérisé par une ceinture de caisse haute, ainsi qu’une ligne de toit chutant vers l’arrière et dictant la découpe du vitrage latérale. Par son choix de ne proposer la Croma qu’en break, plutôt que de la décliner aussi en berline classique, Fiat entend ainsi cibler les acheteurs de monospaces et de familiales breaks comme la Peugeot 407 SW. C’est ce qui nous amène à croire que son habitacle pourrait bien proposer sept places, d’autant plus qu’elle dispose d’un empattement assez généreux de 2,83 m. Mesurant 4,75 m de long, 1,77 m de large et 1,60 m de hauteur, la Croma laisse ainsi augurer de belles cotes d’habitabilité et un vaste coffre, même si tout le monde ignore encore à quoi ressemble vraiment son intérieur.
En revanche, on sait qu’en vertu des accords de coopération liant Fiat à General Motors, la nouvelle Croma repose sur la plate-forme de l’Opel Signum, avec laquelle elle partage d’ailleurs d’autres organes mécaniques.
A ce titre, Fiat a déjà annoncé une palette de motorisations assez variée, constituée de deux quatre cylindres essence et de trois blocs Multijet (turbo Diesel common rail). Les premiers s’entendent du 1.8 litre de 130 ch et du 2.2 litres de 150 ch, tandis que la seconde famille comprend un 1.9 litre disponible en deux configurations de puissance : 120 ou 150 ch, ainsi qu’un nouveau 2.4 litres qui développe, lui, 200 ch. De quoi permettre à cette Fiat de mieux s’attaquer à la concurrence dans ce segment, même si son point fort sera probablement sa grille tarifaire, d’ores et déjà annoncée comme très compétitive pour être plébiscitée.
Pour le reste, le constructeur italien maintient le suspense jusqu’au Salon genevois qui ouvrira ses portes en mars prochain. Soit quelques mois avant juin, date où les premiers modèles seront livrés sur les marchés européens. Autrement dit, «en juin, ça sera bien !», pourraient bien dire les aficionados de Fiat. Et il y en a encore beaucoup, contrairement à ce que l’on pourrait croire…

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