Régulateur de vitesse : Confort ou sécurité ?

Régulateur de vitesse : Confort ou sécurité ?

Imaginez que vous êtes sur l’autoroute et que vous roulez, tranquillement et à pied levé, à la vitesse souhaitée ou imposée par la limitation. Cette hypothèse est possible et depuis un moment déjà, grâce au régulateur de vitesse. Un ingénieux système que les automobilistes nord-américains appellent «Cruise control» et qui s’est autant ancré dans leur mentalité, qu’il s’est quasi généralisé sur les véhicules qui leur sont proposés actuellement.
Son principe : permettre au conducteur de maintenir sa vitesse de croisière, tout en lui évitant de rouler en dessous de cette allure. Cela, quel que soit le relief de la route (descente ou montée) et sans appuyer sur l’accélérateur. Ce dernier n’est en effet sollicité qu’aux premières accélérations, histoire d’atteindre la vitesse à laquelle les commandes (souvent situées au volant) peuvent enclencher le régulateur de vitesse, soit à partir de 60 km/h dans le plus souvent des cas. La ville n’est donc pas le parcours qui s’y prête vraiment. Ce mode n’est ensuite désactivé que si le conducteur appuie sur le bouton «Resume», ou en cas de freinage ou de débrayage. Car, il faut savoir qu’un régulateur de vitesse, conventionnel, augmente ou relève la pression sur l’accélérateur comme si c’était l’action de votre pied, mais jamais et en aucun cas, n’agit sur les freins. C’est d’ailleurs là sa limite. En effet, le confort apporté au conducteur soulagé d’une certaine charge physique (pression du pied) et psychologique (concentration pour respecter la limitation) entraine souvent une perte de vigilance, voire l’endormissement dans certaines circonstances de conduite, nocturne par exemple.On lui incombe d’ailleurs la responsabilité de plusieurs accidents enregistrés aux Etats-Unis notamment. Sans aller plus loin dans ce raisonnement, juste le fait que le conducteur ait ses pieds croisés ou décalés, diminue sa rapidité à réagir et freiner d’urgence devant un obstacle imminent.
Du coup et à l’heure où le régulateur de vitesse se démocratise sur des véhicules du segment moyen, une innovation, sécuritaire cette fois, équipe de plus en plus les berlines haut de gamme. Il s’agit du radar de distance, qui s’accouple (en complément) au régulateur de vitesse. Son principe est simple : il ajoute à la régulation de vitesse une fonction de détection du véhicule qui précède. Ce système, également appelé régulateur de vitesse adaptable, fait appel à quatre entités principales : un capteur de proximité (placé à l’avant du véhicule), un calculateur électronique relié au moteur et à la boîte de vitesse, un combiné d’instrumentation (affichant vitesse et distance) et une entité de pilotage. Lorsque la distance qui vous sépare du véhicule roulant devant vous diminue, le radar de distance le signale par un bip et enclenche automatiquement, soit un ralentissement du moteur, soit une action de freinage dont l’intensité varie selon l’imminence ou pas du danger. C’est d’ailleurs pour son apport sécuritaire que cet ensemble a, une fois de plus, été rebaptisé : «régulateur de vitesse intelligent». Peut être pourrait-on voir un jour les législations s’harmoniser à l’échelon international et «imposer» aux grands constructeurs automobiles le montage, obligatoire, de ces deux dispositifs sur tous les modèles. Car à l’heure où les voitures sont devenues si performantes, ce ne pourrait être, alors, qu’une aubaine pour la sécurité routière.

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