Renault acquiert 40% du capital du groupe de presse Challenges

Renault acquiert 40% du capital du groupe  de presse Challenges

Le constructeur veut anticiper l’arrivée de la voiture connectée et autonome

«Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du Groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés de qualité et à améliorer l’expérience de ses clients».

C’est une première. Le constructeur automobile Renault vient d’annoncer l’acquisition de 40% du capital du groupe de presse de Claude Perdriel qui édite le magazine économique Challenges ainsi que quatre autres titres, Sciences & Avenir, La Recherche, L’Histoire et Historia. Au terme de l’opération, Claude Perdriel sera majoritaire (60% des actions) et PDG de ce nouvel ensemble.

Renault vise à travers cette prise de participation dans le groupe de presse d’anticiper l’arrivée de la voiture connectée et autonome et de concevoir les nouveaux contenus éditoriaux embarqués et les technologies adaptées.

«Ecouter, regarder, décrypter le monde d’aujourd’hui, seul, en famille ou entre amis… Ces pratiques correspondent désormais à nos habitudes mobiles. C’est déjà vrai avec la voiture d’aujourd’hui, cela le sera encore plus dans la voiture autonome de demain. Chacun, dans son véhicule, sera en mesure de choisir, puis de commander, informations et contenus d’un groupe de presse entièrement dédié à la connaissance et aux savoirs», explique la marque au losange dans un communiqué.

Autrement dit, Carlos Ghosn et Claude Perdriel travailleront ensemble pour produire des contenus adaptés à la voiture de demain sous forme d’audio ou vidéo afin de les mettre à la disposition de tous les possesseurs de voitures Renault.

Carlos Ghosn a précisé que ces contenus seront traduits dans toutes les langues des pays où Renault vend ses voitures.

«Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du Groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés de qualité et à améliorer l’expérience de ses clients», a déclaré Carlos Ghosn, PDG de Renault.

Si Perdriel a accepté ce partenariat c’est parce que son groupe est en difficulté depuis bien longtemps. Le nonagénaire lui-même l’avait fait savoir à plusieurs reprises, des informations disent même qu’il cherchait un partenaire depuis plusieurs mois. Une fois l’annonce faite, Perdriel s’est rétracté en disant que le groupe a pu sortir la tête du goulot depuis un moment et que c’est Carlos Ghosn qui l’avait contacté début septembre pour lui faire cette proposition.

Toutefois, l’homme de presse ne cache pas son inquiétude quant à l’avenir de la presse, dans un édito publié à l’occasion sur Challenges le 13 décembre, titré «Révolution», il dit : «La situation financière de la presse est mauvaise. On peut même s’interroger sur son avenir». Et de poursuivre : «Les nuages noirs s’amoncellent. Les marchands de journaux, ruinés, ferment. La coopérative qui nous distribue ne peut plus payer l’intégralité de notre dû. Sur Internet, pour accepter de diffuser nos contenus, les grands groupes et les principaux intermédiaires prennent jusqu’à 70% de nos recettes publicitaires. Il y avait donc des raisons de s’inquiéter».

Avec ce nouveau partenariat avec Renault le patron du Groupe Challenges semble être rassuré. Dans le même édito il a exprimé sa joie et son optimisme : «L’avenir s’éclaire, il devient passionnant. Les journalistes verront leur travail récompensé par une audience multipliée. Après les smartphones, qui nous ont ouvert de nouveaux débouchés via les kiosques numériques, l’automobile devient à son tour un outil de partage de la presse, sous forme de nouveaux contenus, évidemment. C’est une transformation totale, un développement dont nous vous ferons profiter, chers lecteurs. Vous pouvez nous faire confiance pour défendre, comme toujours, la qualité de votre magazine».

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