Renault renforce son pouvoir après l’affaire d’espionnage

Renault renforce son pouvoir après l’affaire d’espionnage

Deux audits ont été remis en avril dernier au conseil d’administration du groupe au losange pour faire la lumière sur les dysfonctionnements qui l’ont conduit à accuser à tort plusieurs de ses cadres d’espionnage industriel. Un audit a été conduit en interne et un autre par le cabinet Bearing Point. Parmi les changements d’organisation confirmés dans un bref communiqué figure une refonte du service de sécurité de Renault, qui fut au cœur de l’affaire qui a éclaté en janvier et que l’on soupçonne désormais d’être une escroquerie. La nouvelle direction de la protection et de la prévention du groupe, aux prérogatives élargies, sera dirigée par Eric Le Grand, qui occupait jusqu’ici une fonction similaire à La Poste. Mais pour réduire à l’avenir le risque d’erreur, la direction sera doublement verrouillée avec la nomination d’un inspecteur général, Jean-Marc Berlioz, qui a dirigé un temps l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), et qui dépendra directement du P-dg. «Le président Carlos Ghosn avait informé de son intention d’appliquer toutes les conclusions du rapport dans les meilleurs délais», peut-on lire dans le communiqué de Renault. La nouvelle organisation confirme aussi la réunification de la DRH et l’élargissement de l’ancien secrétariat général (fonctions de support, direction juridique et protection du groupe, le fameux service de sécurité), confié à Mouna Sepehri. Les deux services sont placés désormais directement sous l’autorité de Carlos Ghosn, et non plus sous celle de son numéro deux comme dans l’architecture précédente. Les responsabilités du nouveau directeur général délégué Carlos Tavares sont ainsi réduites par rapport à celles de son prédécesseur Patrick Pélata, évincé après l’affaire. Carlos Ghosn tourne ainsi le dos à un fonctionnement en tandem qui a rythmé l’histoire de Renault avec des couples célèbres, comme celui formé par le P-dg Louis Schweitzer et le secrétaire général Michel de Virville dans les années 1990. Jusqu’ici, Carlos Ghosn avait semblé un temps souhaiter prendre du recul pour se concentrer sur la stratégie à long terme de l’alliance Renault-Nissan, et avait dans ce but délégué à partir de 2008 la direction opérationnelle du groupe au losange à Patrick Pélata.

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