Saab : chronique d’un redécollage difficile

Saab : chronique d’un redécollage difficile

Jugeant réelles les menaces d’attaques militaires sur la Suède à l’aube de la Deuxième Guerre Mondiale, le gouvernement de l’époque avait décidé de créer une firme industrielle capable de construire des avions militaires. Objectif : préserver la neutralité de l’espace aérien suédois. C’est ainsi que va être créée, en 1937, la Saab ou Svenska Aeroplan Aktie-Bolaget, que l’on peut littéralement traduire par «Société par Actions d’Aéroplanes Suédois». Mais à l’image de la Bavarishe motoren werk ou BMW (qui a d’ailleurs conservé une hélice comme logo), Saab fait partie de ces avionneurs de chasse qui se sont reconvertis en constructeurs automobiles au lendemain de la «Libération». Commence alors une aventure industrielle courageuse et inventrice. Car, partis de rien ou alors d’une feuille blanche, les ingénieurs suédois ont réussi à produire en 1947 le premier prototype automobile de la marque. Baptisé «UrSaab», l’engin fait sensation lorsqu’il est présenté à la presse, deux ans plus tard sous le nom commercial de Saab 92. Et pour cause, cette auto débordait d’originalité face aux voitures de son époque. Sa ligne fluide et profilée comme un avion y était pour beaucoup. Mais surtout, cette première Saab brillait par son contenu technique (châssis monocoque autoporteur) et par ses performances aérodynamiques avec un Cx de 0,35! Un coefficient de pénétration dans l’air encore d’actualité aujourd’hui, voire difficile à atteindre par bien des voitures. Si bien que la Saab 92, animée d’un petit 2 cylindres 764 cm3 (d’origine DKW) de 25 chevaux, pouvait dépasser le cap des 100 km/h en vitesse de pointe ! La marque fait de bons débuts et ses modèles suivants (Saab 93, 96 et 99, Sonett) connaissent un vif succès durant les années 50 et 60. Avant d’avoir une étiquette premium, la marque étonne par ses innovations technologiques, dont l’invention de l’allumage automatique des phares en… 1969 ! Mais ce sera surtout la gamme 99 qui apportera un maximum de notoriété à l’image de la marque Saab en étant la première voiture de série à adopter un moteur Turbo (1977). Parallèlement, la marque se met au diapason en matière de sécurité, histoire de rivaliser avec Volvo. À partir de 1978 et durant les 15 années qui suivirent, c’est la Saab 900 qui tenait la dragée haute. Grâce à elle et sa remplaçante, la 9000, Saab devient une référence dans le haut de gamme durant les années 90 et notamment sur le marché américain. Plus proche de nous dans le temps, l’an 2000 est un cap difficile à franchir pour ce constructeur dont les modèles avaient un design soit vieillissant, soit «mal» renouvelés. Les premières difficultés financières font vite pencher Saab dans le giron de la nébuleuse GM qui en prend 50% du capital. La suite, tout le monde la connaît : le label Saab est racheté par le groupe américain qui cherche depuis des mois maintenant à s’en débarrasser. Entre les rumeurs d’une fermeture pure et simple ou la nouvelle impulsion d’un repreneur, l’autre grande suédoise s’achemine vers une cession au constructeur néerlandais Spyker. Aux dernières nouvelles, ce fabricant de voitures de sport est parvenu à un accord avec le groupe GM. Un vrai soulagement pour les 3.500 personnes qu’emploie Saab en Suède, mais aussi à des millions de clients dans le monde. Car à coup sûr, la disparition d’un tel label aurait chagriné plus d’un passionné.

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