Salon de Pékin : le gigantisme des Chinois

Salon de Pékin : le gigantisme des Chinois

Àelle seule, la Chine joue à l’alternance des salons automobile. À l’image du Mondial de Paris et le Salon de Francfort (ou International Auto Austellung), qui se tiennent chacun, une fois tous les deux ans, Pékin et Shanghai sont elles aussi des biennales en la matière. Et cette année, c’était au tour de la «Beijing International Automotive Exhibition», soit le Salon automobile international de Pékin d’assurer l’étiquette de «Auto China 2010». Un Salon qui s’est tenu du 27 avril au 2 mai et qui en est à sa 20ème édition puisqu’il a été créé en 1990. Mais c’est surtout une énième occasion pour les Chinois de faire preuve de démesure, à l’image d’ailleurs de la cérémonie d’ouverture de l’Exposition universelle de Shanghai. Quoi de plus normal lorsqu’on sait que la Chine est désormais le premier marché automobile mondial avec plus de 13,6 millions d’unités vendues l’an dernier. Mieux encore, et partant du fait que le taux de motorisation en Chine n’est que de 34 voitures pour 1.000 habitants (chiffres de 2008), les analystes s’attendent à une croissance annuelle continue, de l’ordre de 9 % en moyenne. À ce rythme –et selon eux–, le marché du neuf dépasserait la barre des 17 millions de véhicules à fin 2014, tandis que le parc automobile roulant pourrait atteindre en Chine les 140 millions de voitures à l’horizon 2020 ! En attendant, l’Empire du Milieu voit grand pour sa principale exhibition. Très grand même. Jugez-en… Environ 990 véhicules exposés à travers les 9 gigantesques halls de ce Salon, lequel s’étale sur une superficie totale de 200.000 m2, soit presque autant que le Mondial de Paris en 2008. À n’en pas douter, aucun constructeur ne manque d’espace pour exhiber la quasi-totalité de sa gamme. D’ailleurs, les organisateurs ont évoqué un autre gros chiffre : 89, soit le nombre de nouveautés dévoilées en avant-première régionale ou mondiale. Cela, sans compter une soixantaine de concept-cars également présentée pour la première fois à l’occasion de ce Salon. Question marques, le marché compte près de 70 constructeurs, dont 45 internationales présentes via des joint-ventures, le reste étant constitué d’une vingtaine de labels locaux. Bref et clairement, il ne s’agit plus d’une petite exhibition régionale, mais bien de l’un des plus grands salons automobile du globe à l’image de ceux qui se tiennent à Paris, Francfort, Genève, Detroit et Tokyo. Cela, les plus grands groupes l’ont compris et acquiescé. C’est pourquoi, plusieurs Psdg de marque font le déplacement. C’est le cas de Dieter Zetsche, le patron de Daimler, venu présenter –durant les journées presse– la nouvelle Classe E Cabriolet, ainsi qu’une étude de style singulière : le Shooting Break Concept. Autre proto, celui d’un hypothétique coupé 4 portes présenté par BMW et baptisé Gran Coupe Concept. Quant à Audi, c’est son nouveau vaisseau amiral, l’A8, qui a été décliné pour la circonstance en version longue (A8 L) strictement réservée au marché chinois. Les constructeurs américains n’étaient pas en reste. Ford a donné une idée de ce que pourrait être son avenir en matière de petite voiture écologique à travers le prototype Start Concept, une citadine allégée qui émet moins de 100 gr de CO2 au km. Le groupe Chrysler s’est contenté d’exposer sa nouvelle gamme 2010, tandis que son rival compatriote Chevrolet, lui, a dévoilé le Volt MPV5, soit un prototype de crossover électrique. Et parce que le marché chinois représente un potentiel de croissance énorme pour l’automobile sportive et premium, les spécialistes ont investi le salon avec quelques surprises dans leurs cartons. C’est le cas de Ferrari qui a dévoilé à Pékin la 599 GTO, soit son modèle le plus rapide de tous les temps, capable d’atteindre les 335 km/h. Pour une marque très haut de gamme comme Bentley, qui a multiplié par 10 ses ventes en Chine en moins d’une décennie, le Salon de Pékin est incontournable au point de lui préparer des nouveautés taillées sur mesure. C’est le cas des exécutions Continental GT Design Series China et Continental Flying Spur Speed China. Chacune d’elles arbore une carrosserie spécifique et un habitacle personnalisé à outrance. Mais en toute évidence, ce sont les constructeurs chinois qui ont frappé fort en exposant à domicile. Outre une QQ Sport, Chery, le numéro 1 des constructeurs 100% chinois, a fait comprendre qu’il est fin prêt aux défis de demain avec la Riich M3 EV. Une citadine électrique capable de rouler à 120 km/h avec une autonomie de 150 km, une fois que ses batteries au lithium-ion ont été totalement rechargées (6 hrs) sur une prise ordinaire (220 V). Et justement, BYD qui reste l’un des spécialistes des batteries rechargeables, n’a rien présenté en matière de véhicules électriques ou hybrides. En revanche, c’est toute une salve de nouveautés qu’il a présentée, dont la nouvelle berline L3, le SUV S6 et le grand monospace M6. Autre grand constructeur chinois, Geely qui a récemment acquis le suédois Volvo, a présenté toute une série de nouveautés et concepts. Parmi ces derniers, citons le coupé Gleagle GS, la limousine Emgrand GE et surtout, la Gleagle IG : une étonnante microcitadine dotée d’un design futuriste et de portes «papillon». Un article ne suffit point pour faire un compte-rendu, même non-exhaustif, de tout ce qui a été présenté au dernier Salon de Pékin. Une place qui a tout simplement acquis ses lettres de noblesse dans la cour des grandes exhibitions automobile. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si les organisateurs escomptaient une fréquentation supérieure à 700.000 visiteurs pour cette édition. Verra-t-on si l’affluence a été forte. Mais à coup sûr, la Chine s’est bel et bien réveillée.

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