Toyota Land Cruiser : Un 4×4 que rien n’arrête

Coiffant depuis toujours la gamme Toyota, le Land Cruiser SW est une figure emblématique sur le marché mondial des gros 4×4 de franchissement. D’abord parce qu’il est apparu depuis plus d’un demi-siècle. Ensuite, parce qu’il est le 4×4 le plus vendu au monde, avec 5 millions de clients.
Mais surtout, cela fait près de 60 ans que ce baroudeur infatigable bat des records de durabilité, portant en lui les valeurs fondamentales de Toyota : solidité, longévité et fiabilité. Et ce sont ces trois critères que se devait de préserver le nouveau Land Cruiser, huitième du nom. Ceci étant, son cahier des charges prévoyait deux autres objectifs : l’amélioration des niveaux de confort, de suspension et de sécurité, ainsi que l’excellence en milieu tout-terrain et sur le plan de la consommation.

Un design génétique
Pour autant, le design du véhicule est loin d’avoir été bâclé. Très imposante, la face avant reprend à son compte l’héritage et l’authenticité du «style Land Cruiser». A ce niveau, on remarquera surtout que les designers ont profilé les blocs de phares un peu à la manière de la nouvelle Corolla (Millenium au Maroc). Le profil se veut plus sculpté (notamment au bas des portes), mais reste marqué par de généreuses et droites surfaces vitrées. Vitrage dont l’entière largeur est protégée par un rideau gonflable. En revanche -en toute objectivité-, le design de la partie arrière est sans grande originalité: une barre de chrome, un becquet de toit et une lunette aussi droite que le hayon sur lequel elle est montée. Quelques courbes auraient été bien venues. Mais au diable le look ! Car, le nouveau Land Cruiser n’est pas un joli petit camion pour frime comme le sont étiquetées quelques productions actuelles (Audi Q7 en tête). Non, au volant du LC on est le maître de toutes les situations et le voyageur de tous les terrains et surfaces.

Des technologies inédites
Mais avant même d’en faire la fantastique expérience, c’est tout un briefing technique auquel nous avons droit de la part de quelques ingénieurs nippons, venus spécialement pour la circonstance. Ils nous apprennent que le nouveau LC reçoit pas moins de quatre innovations qui améliorent globalement sa dynamique de conduite et notamment en dehors du bitume.
A commencer par un système combinant le contrôle actif de hauteur aux quatre roues et l’adaptation de la dureté des ressorts des suspensions (4W AHC & AVS) et ce, en fonction du terrain rencontré. La garde au sol peut alors passer de 24,5 à
29,5 cm ! Sur l’asphalte, le LC repose -dans sa finition VX- sur le KDSS (Kinetic Dynamic Suspension System), un système inédit de suspension dynamique dite cinétique, qui améliore la conduite, le confort et la maîtrise du roulis, en agissant sur les barres anti-roulis (avant et arrière). Autre nouveauté de ce 4×4, son différentiel central. Signé «Torsen», ce système qui agit au cœur de la boîte de transfert est à glissement limité, mais associé à un «capteur de couple». Concrètement, il répartit le couple non pas par essieu, mais par roues, en fonction de l’adhérence. Outre son utilité en franchissement, ce différentiel est aussi intéressant en conduite dynamique (soit sur route), assouplissant le comportement en virage et augmentant la stabilité du véhicule. Mais la grande nouveauté de ce LC reste le «Crawl Control», un régulateur de progression au pas, qui vient carrément suppléer aux accélérations du conducteur lorsque le terrain exige un jeu délicat de l’accélérateur, sur les sols pierreux ou sablonneux par exemple. En effet, ce système régule automatiquement la puissance du moteur et la pression hydraulique des freins afin de maintenir une allure lente et constante, comprise entre 1 et 5 km/h. Le conducteur se contente de diriger la voiture et peut ainsi se concentrer sur le parcours, sans craindre de déraper ou patiner.

Aux épreuves les plus rudes
C’est d’ailleurs ce que nous avons fait sur les différents parcours que nous avons traversés dans la région de Fuerte Ventura, l’une des îles de l’archipel canarien. Une contrée offrant des paysages magnifiques, mais parfois hostiles et même lunaires, du fait des volcans qui s’y dressent. Tant mieux! Car, c’est là un terrain de jeux certes redoutable pour beaucoup de 4×4 et donc idéal pour découvrir les limites du nouveau LC. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la piste est au Land Cruiser, ce qu’est une rangée de canapés pour un ogre fêtard : il n’en fait qu’une bouchée ! Viennent ensuite les choses sérieuses: des gorges de rocailles où peu de 4×4 peuvent s’aventurer. On enclenche alors quelques commandes : celles de l’«Assistance au démarrage en côte» (HAC), celle de l’«Assistance à la descente» (DAC) et celle du «Crawl». Ce dernier fait ainsi ramper le véhicule à très faible allure, ce qui se manifeste par des grincements peu rassurants. Pourtant, le grand Toy’ finit par s’extirper d’une situation d’où il semblait inextricable. Il faut dire aussi que mécaniquement, il est désormais mieux armé.

Un tout nouveau V8 Diesel
En attendant une éventuelle (mais peu probable) arrivée de blocs à 6 cylindres, le nouveau Land Cruiser ne jure que par des V8. En essence, le 4,7 litres VVT-i a été remanié pour offrir une puissance de 288 chevaux et un couple de 445 Nm. Mais c’est surtout son homologue Diesel qui fera beaucoup parler de lui. Il s’agit d’un V8 4,5 l D-4D, totalement inédit, associé à une boîte automatique à 6 rapports (avec mode séquetiel) et fort de quelque 286 ch et 650 Nm. On notera que ces valeurs élevées, seront légèrement dégonflées pour la version importée sur le marché marocain. Ainsi, le LC V8 D-4D qui sera vendu chez Toyota du Maroc, n’aura que 235 ch pour 615 Nm. En revanche, et c’est une bonne nouvelle, ce moteur sera compatible avec le gazole ordinaire, bien qu’il utilise une rampe commune de dernière génération. De quoi répondre à toute une cible de clientèle (les loueurs et les transporteurs touristiques), même si, le LC VX s’adresse avant tout à une clientèle haut de gamme.

Un habitacle luxurieux et luxuriant
En atteste son intérieur qui s’est sensiblement embourgeoisé. D’abord en termes de présentation, avec du cuir, du ronce de noyer et des chromes ici et là. Ensuite à travers une série d’équipements premium : sellerie cuir, accès et démarrage sans clé (système «Keyless Entry»), caméra vidéo de recul, écran tactile multifonctions (navigation, clim’, autoradio…), sièges électriques à mémoire et chauffants, climatisation sur 4 zones (réglable individuellement à l’arrière et diffusée via 28 sources d’aération), système audio de grande qualité (9 haut-parleurs)… etc. En option, il est même possible d’avoir un vrai réfrigérateur dans l’accoudoir avant ! L’espace habitable est tel, qu’une troisième rangée de siège permet à ses occupants de voyager à l’aise et ce, sans sacrifier le coffre. En sept place ce dernier offre un volume de 259 litres, alors qu’il atteint les 701 litres lorsque la troisième rangée est rabattue. La sécurité n’est pas en reste. Le LC se dote de 14 airbags, dont deux pour les genoux des occupants avant (celui du passager étant une première mondiale), ainsi qu’un système de détection d’un risque d’accident. Un dispositif intelligent de précollision qui se déclenche lors des situations critiques (un tête-à-queue ou un freinage violent) et que nous avons pu testé, sans avoir cherché à le faire. En effet, à un moment donné, nous avons dû urgemment freiner et ce, à l’approche d’une profonde crevasse sur la piste. Les ceintures de sécurité se sont alors tendues (via un moteur électrique), d’abord pour alerter le conducteur et les passagers d’un danger imminent, ensuite pour optimiser leur retenue.

Bientôt au Maroc
Attendu au Maroc pour février 2008, le nouveau Land Cruiser viendra aider Toyota du Maroc à conserver son leadership actuel (qu’il doit au LC Prado) dans le sous-segment des gros 4×4 (les 4×4 dits full-size). Son prix devrait démarrer autour de 650.000 DH pour la version GX et environ 850.000 DH pour la finition VX. D’autres 4×4 de même trempe peuvent s’afficher moins chers que le Land Cruiser. Mais reste une question : qui d’entre eux peut vraiment le suivre partout ?


DNES aux Îles Canaries
Jalil Bennanis

Le Land Cruiser en quelques chiffres

Apparue en 1951, la première génération du Land Cruiser n’a pas tardé à conquérir le reste du monde, puisqu’elle fut en 1956, le premier véhicule de Toyota à s’exporter. Près de 60 ans plus tard, le LC aura séduit un peu plus de 5 millions de clients aux 4 coins du globe. Produit dans 9 usines, il est commercialisé dans 140 pays. Quant à sa huitième et nouvelle génération, elle aura mobilisé 1.500 ingénieurs pour un développement qui aura pris 5 années, dont plusieurs mois d’essais intensifs, avec au final plus de 100.000 km de tests d’endurance. Enfin, si l’on se rappelle qu’en 1995, le LC avait fait sa première participation au Rallye Dakar (et terminé 4ème au classement final),on apprend qu’il fera son retour dans cette épreuve en 2009.

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