Un créateur de succès

Un créateur de succès

Durant les années 90, de grands chefs d’entreprises français ont souvent réussi, au-delà de toute attente et en dépit de prévisions parfois pessimistes. C’est le cas de Louis Schweitzer, P-dg de Renault depuis 1992. Né en juillet 1942 à Genève, Louis Schweitzer sera plus tard diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration.
Inspecteur des Finances en 1970, puis directeur de cabinet de Laurent Fabius en 1981, il entre chez Renault en 1986. Au début, il occupera plusieurs fonctions de responsable : directeur à la direction générale, directeur financier et au plan (1988), directeur général adjoint (1989), puis directeur général (1990). Et lorsqu’il est nommé président-directeur général de Renault en mai 1992, M. Schweitzer prend les rênes d’une société qui se remet à peine de sa quasi-faillite (en 1984-1985) et doit affronter bien des péripéties. Il y aura la rupture avec Volvo en décembre 1993, puis la fermeture de l’usine portugaise de Setubal en 1996 et, surtout, celle du site de Vilvorde en Belgique, au début 1997. Mais, contrairement à ses deux prédécesseurs (Georges Besse et Raymond Lévy), Louis avait eu, pendant six ans, le temps de se familiariser avec l’entreprise. M. Schweitzer réussira à bien redresser la barre en renouvelant rigoureusement les différents modèles, n’hésitant pas à explorer de nouvelles niches. La petite Twingo et le premier monospace compact Scénic, sont particulièrement des paris audacieux. Deux best-sellers qui verront le jour sous son règne. Puis, il y aura un moment fort : celui de la signature de l’alliance avec Nissan, en mars 1999.
Interrogé sur la cohérence de la stratégie commune au groupe Renault-Nissan, M. Schweitzer répond : «En s’appuyant sur les forces de Nissan là où elles existent, Renault s’internationalise plus vite et avec plus d’efficacité que s’il était seul. Notre implantation au Mexique en est un bon exemple. En partageant les efforts avec Nissan pour développer les plates-formes et les moteurs, Renault peut, de la même manière, mieux concentrer ses moyens techniques et financiers sur le renouvellement de ses produits». Résultat : Renault a doublé ses ventes au cours de ces deux dernières années grâce à cette alliance. Actionnaire de son partenaire nippon à hauteur de 44,4% et propriétaire du Coréen Samsung et du Roumain Dacia, Renault est désormais le cinquième constructeur mondial à égalité avec Volkswagen.
Mais pour Schweizer, l’internationalisation de Renault est aussi le meilleur moyen de réaliser de grandes ambitions en terme de production. D’où l’idée d’une voiture mondiale. C’est la Logan, plus connue en Europe sous le nom de «la voiture à 5000 euros» et qui répondait au nom de code de X90. Un projet propre à Louis Schweitzer, qui en a fait une question presque personnelle et qu’il n’hésite pas à qualifier de «voiture de tous les défis».
Là encore, Louis pourrait bien réussir son pari, lorsqu’on sait que la Dacia Logan rencontre actuellement un joli succès en Roumanie.
Officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’Ordre national du mérite, M. Schweitzer peut être fier non seulement de ses décorations, mais aussi d’avoir propulsé la marque au losange devant la scène internationale. Grâce à lui aujourd’hui, Renault s’est même transformé en leader européen (voire mondial) sur plusieurs créneaux : sécurité, innovation architecturale et conceptuelle…
Ayant battu le record de longévité parmi les patrons de l’industrie automobile en exercice, Louis Schweitzer va bientôt se retirer à la fin de son mandat (en avril 2005). Après dix-huit ans de maison et douze de présidence, il cédera son fauteuil à son dauphin : Carlos Ghosn, l’actuel patron de Nissan. Un homme tout aussi charismatique, qui promet une relève assurée.

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