«Un départ sur une victoire»

«Un départ sur une victoire»

Contrairement à la quasi-totalité des Grand Prix de F1 de l’actuelle saison, le dernier en date, celui couru au Brésil n’a pas été franchi par (l’habituel) Michael Schumacher. Ce dernier déjà assuré du titre mondial, s’est contenté de terminer… septième !
Et ce n’est autre que Juan-Pablo Montoya qui a remporté l’épreuve, au bonheur de son écurie. Mais, pour cette dernière, la joie de la victoire fut brève, puisqu’à l’issue de l’épreuve, le pilote colombien annonçait son divorce avec BMW-Williams. Pourtant, les choses n’étaient pas si aisées sur ce circuit d’Interlagos, à Sao Paulo, la pluie s’étant invitée à la partie pour mouiller la piste. Aucun des pilotes, pas même ceux de Ferrari ne purent rivaliser avec Montoya qui arriva en tête devant Kimi Räikkönen et Rubens Barichello. Et si Kimi a pu depuis quelques mois déjà reconvertir les téléspectateurs finlandais du football à la F1, Montoya en a fait autant en Colombie. Là-bas, la vie publique et familiale a subitement changé.
Dorénavant, pour des millions de Colombiens, la priorité est devenue de suivre et de commenter les prestations de celui qu’ils surnomment «Juancho». Si elle fut tonitruante, son entrée dans le grand milieu de la F1 se sera faite par ses coups de volant et non pas par le génie mécanique de ce qu’il conduisait, comme l’ont prétendu certains de ses adversaires.
Né le 20 septembre 1975 à Bogota, Juan-Pablo Montoya, avoue très tôt ses penchant pour l’automobile et la compétition mécanique. Une passion qui le guidera à faire du karting, passage quasi-obligé pour entrer plus tard dans les grands circuits. Sauf que le petit Colombien allait prodigieusement gagner son premier titre de karting en Colombie à… six ans ! Suivra ensuite une saison remarquée en F3 en 1996, puis un premier titre en 1998. L’année suivante, sera celle d’un retour aux sources, avec en prime un titre de champion de la formule Kart. En 2000, il remporte les 500 miles d’Indianapolis et fait la Une et les louanges des médias nord-américains. Plus qu’un coup de pub, cette victoire lui vaudra une place dans l’écurie Williams-BMW dès le début de saison 2001. Une entrée qui se fera avec quelques grincements de dents de la part de son coéquipier Ralf Schumacher.
Toujours face à la même famille, Juan Pablo ne tardera pas de s’illustrer dans un dépassement plein de culot sur le grand frère Michael Schumacher. Le jeune pilote colombien, d’un gabarit modeste (1,68 m), venait de donner une idée sur son caractère bien trempé et son tempérament de feu.
Juan Pablo est un pilote au tempérament de feu. Agé alors de 25 ans, Juan Pablo ne manquait ni de scrupule, ni de détermination pour avouer et réaliser l’un de ses tout premiers objectifs : supplanter Ralf Schumacher dans l’écurie. A ce sujet, il n’hésitera pas à déclarer : «Oui, mon principal rival c’est mon compagnon d’écurie. C’est normal! Nous avons la même voiture, les mêmes conditions pour nous exprimer. La concurrence est saine. Je vais la jouer à fond». Son approche ne manquera pas d’attirer le champion du monde en titre (Schumi), surpris de voir que l’ambitieux colombien exploite à merveille le meilleur moteur de F1 de l’époque : le V10 griffé BMW-Williams. Ses courses sont souvent suivies par Helmut Panke en personne. Le P-dg du BMW Group n’hésite pas à se déplacer même dans les circuit pour le voir manier talentueusement le bolide qui arbore une hélice blanc et bleu.
Actuellement cinquième du Championnat Mondial de F1 (avec 58 points), Montoya vient de choisir de quitter son écurie, pour aller chez McLaren-Mercedes.
Interrogé sur ce départ, Montoya se contentera de répondre : «Nous avons eu des hauts et des bas. C’est si bon de gagner à nouveau…». C’est clair, «Juancho» a l’esprit du challenge. Pourvu qu’il réussisse à le prouver à bord d’une F1 étoilée.

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