Un géant à quatre «Path»

Un géant à quatre «Path»

Sauvé il y a quelques années par Carlos Ghosn (l’actuel Pdg de Renault), Nissan est aujourd’hui un constructeur au-devant de la scène automobile mondiale. Le second constructeur nippon a même vendu le nombre record de 3.388.000 véhicules à travers le monde en 2004, soit 10.8 % de plus qu’en 2003. Et c’est aux Etats-Unis où ses modèles se vendent le plus, ayant même dépassé le seuil de 1 million pour la première fois l’an dernier. D’où la ferme volonté de Nissan quant à poursuivre le développement de véhicules spécialement pour ce marché, qui plus est, reste particulièrement friand des gros et luxueux 4×4. C’est le cas du Murano, ainsi que du Pathfinder que Siab (l’importateur marocain de Nissan) vient tout juste de lancer au Maroc. Un imposant tout-terrain, s’intercalant entre le Patrol et le Terrano et qui vient marcher sur les plates-bandes des Land Rover Discovery, Mitsubishi Pajero et autres Toyota Land Cruiser Prado, pour ne citer que ces labels assez réputés dans le monde du 4×4. Par rapport à ces rivaux, le Pathfinder accueille lui aussi sept places à bord et s’avance comme un 4×4 pur et dur, mais reste quand même polyvalent. Cela malgré ses proportions qui n’en font probablement pas l’engin idéal pour stationner en ville.
Long de 4,74 m et haut de 1,76 m, le Pathfinder se rapproche plus d’un 4×4 franchisseur que de ces tout chemin de loisirs qui pullulent sur nos carrefours. Avec ses surfaces carrées et ses lignes droites, ce nouveau Nissan s’inscrit à l’opposé du Murano, dont la carrosserie fait la part belle aux rondeurs. Cubique, le Pathfinder ne manque pas pour autant d’élégance et d’attrait stylistique. Son profil bodybuildé du fait des passages de roues bien marqués participe à la virilité de l’ensemble, d’autant plus que le «Path’» adopte un regard belliqueux. A ce titre, on pourrait bien regretter le dessin un peu trop complexe de la face avant et en particulier la forme des blocs optiques. Une question de goût, ni plus ni moins. Un peu plus sobre mais stylée, la partie arrière affiche un hayon vertical, dont la lunette au dessin incurvé, peut s’ouvrir indépendamment de la portière. Autre originalité, les poignées de portes intégrées aux montants arrière, façon Alfa Romeo.
Et c’est justement le volume habitable qui profite le plus de la découpe de la poupe. En effet, le volume du coffre peut passer de 190 à 2.091 litres, selon que l’on est en configuration deux, cinq ou sept places. A noter que cette troisième rangée de siège est un équipement de série. A bord toujours, le dessin de la planche de bord et les matériaux employés sont tout à fait au goût du jour et le traitement intérieur est plutôt embourgeoisé. C’est du moins l’impression dégagée lors de notre premier contact avec ce véhicule. S’il est un habitué de la marque, le conducteur ne sera pas dépaysé. En effet, le poste de conduite et certaines de ses commandes reprennent quelques détails du 4×4 Murano et du coupé 350 Z. Côté équipement, l’importateur marocain propose deux niveaux (LE et SE).
La version de base inclut d’emblée une dotation complète (climatisation automatique bi-zone, lecteur CD, double airbag, jantes en aluminium de 17 pouces, rails de toit…), tandis que la finition haute (SE) ajoute entre autres : la sellerie cuir, la climatisation à l’arrière, le détecteur de pluie, un chargeur frontal 6 CD, des airbags latéraux et rideaux, ainsi que des projecteurs au xénon à allumage automatique. Sur commande spéciale, les plus exigeants pourront opter pour une caméra de recul et un système de déverrouillage et de démarrage sans clé (Intelligent Key).
Mécaniquement, le Pathfinder fait exclusivement confiance à un 2.5 litres turbodiesel à rampe commune de seconde génération. Un quatre cylindres moderne et puissant, puisqu’il développe 174 chevaux. Une cavalerie qui promet un certain agrément de conduite sur la route. Mais tel n’est pas l’unique vocation du Path’, qui a tous les moyens pour s’aventurer sur terrain hostile. En effet, reposant sur une plate-forme séparée (châssis échelle) et des suspensions indépendantes à double triangulation (à l’avant et à l’arrière), ce nouveau 4×4 reçoit aussi une version évoluée de la transmission intégrale (All Mode) qui équipe le X-Trail. Et concernant ses aptitudes en franchissement, la presse européenne spécialisée qui a eu l’occasion de tester est unanime : le Pathfinder est un authentique baroudeur. Il n’usurpe donc pas son patronyme anglais (pathfinder) qui se traduit par «défricheur de sentier». Il a aussi de quoi préserver la réputation de grand spécialiste du tout-terrain dont jouit Nissan à travers le monde.
Idem au Maroc, où Nissan qui fait partie des trois marques les plus vendues dans le segment du 4×4. L’importateur marocain pourra notamment compter sur le bon positionnement tarifaire du Pathfinder : 420.000 Dhs pour la version LE et 480.000 Dhs pour la SE. Des prix très compétitifs. A tel point que l’on pourrait craindre une sorte de «cannibalisation» interne avec l’autre gros 4×4 de Nissan. Les mois à venir répondront à cette terrible question, qui est de savoir si le Pathfinder va faire de l’ombre au Murano.

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