Un génie national

Un génie national

Encore inconnu il y a quelques années Abdeslam Laraki a pourtant commencé à franchir le cap de l’anonymat entre 1996 et 2000, soit bien avant la conception de la Fulgura première GT du Maroc et d’Afrique. Belle à raconter, son histoire nous plonge vers 1992, année où Abdeslam, âgé alors de 19 ans, décroche son bac à l’American School de Casablanca et, sous l’impulsion de ses parents, part à l’étranger pour faire un MBA (Master of Business Administration).
C’est presque une aventure à contre-coeur, qui le mènera de Madrid à Boston durant deux ans… sans aboutir. Car, Abdeslam a d’autres passions : les voitures et les bateaux. Normal, il baigne depuis sa tendre enfance dans ce milieu, puisque son père n’est autre que Mohamed Laraki, un homme d’affaires qui a fait sa fortune dans le commerce maritime et automobile. Aujourd’hui, Laraki père est à la tête d’un puissant groupe détenant notamment les cartes Honda et Seat (et dans le temps BMW aussi), respectivement via les représentations Univers Motors et Bavaria Motors. Du coup, Abdeslam s’inscrit à l’école du célèbre designer Franco Sbarro, puis, deux ans plus tard (en 1996) part à Vevey en Suisse pour intégrer le prestigieux «Art Center Design of Europe».
Là-bas, il passera environ deux ans d’études pour la maîtrise du design des matériels de transport avant de débarquer en France dans un autre grand institut de design : le «Strate Collège» à Paris, où il s’inscrit directement en année de diplôme, gagnant trois ans sur le cursus normal ! Car, Abdeslam a, d’ores et déjà, de la créativité à revendre, comme en attestent ses premiers travaux qu’il présente d’un Salon à l’autre. En effet, lors de ces exhibitions internationales, dédiées au design des engins de transport, notre jeune concepteur présente ses esquisses de yachts et autres modèles de bateaux. Il profite de ces projets pour démarcher, en free-lance, de grandes entreprises de construction navales. Cela lui vaudra une commande ferme de trois yachts auprès du cabinet d’architecture navale d’Antibes. Les spécialistes en la matière (yachting) le voient même comme l’un des futurs grands designers de yachts… mais pas (encore) d’automobiles.
Lui, en a pourtant toujours été fasciné, faisant partie de ces passionnés qui, dès leur adolescence, se ruaient, argent de poche à la main, chez les kiosques pour s’acheter des magazines automobiles et y découvrir des machines qui font rêver. Et c’est justement ce genre de voiture de rêve que Abdeslam veut concevoir et offrir, d’abord à ceux qu’il aime. A commencer par sa femme, à qui il promet dès la fin 1999 de fabriquer un bolide aussi performant qu’une Lamborghini ou qu’une Ferrari. Deux ans plus tard, le rêve en question deviendra réalité avec la Fulgura, alors au stade de (premier) prototype. Elle sera dévoilée au Salon de Genève où Laraki s’est permis le luxe d’avoir son propre stand. C’est que les affaires marchent plutôt bien pour Laraki. «Laraki Design Studio», son cabinet-école qui emploie une quinzaine de personnes a, la même année (2001), été retenu par la compagnie britannique Harbour Quey pour la conception d’un bateau hôtel 5 étoiles. Rien que ça ! Mais Abdeslam croit dur comme fer au succès de la Fulgura et, en général, de «Laraki-Automobiles», la marque qu’il a créée. Car, la Fulgura n’est pas l’unique production connue à ce jour. Ainsi, après la deuxième version du protoype Fulgura, présenté en 2002, là encore, à Genève, Laraki reviendra à la charge, un an plutard et toujours dans le même Salon, pour dévoiler la Borac. Une nouvelle étude de style séduisante, mais assez proche d’une Ferrari 456 GT. L’année 2004 sera, elle, plus riche en événements. Abdeslam finalise le projet Fulgura. Celle-ci est l’aboutissement de plusieurs mois de travail acharné, de rencontres avec des techniciens de tous bords. Forte d’une ligne fluide et agressive, elle repose sur un châssis en fibre de carbone, pèse moins de 1210 kg et s’anime au choix par un V8 compresseur de 570 chevaux ou par un V12 Twin Turbo de 660 chevaux, les deux moteurs étant développés par AMG, le préparateur attitré de Mercedes. La Fulgura c’est aussi des accélérations fulgurantes, une vitesse maxi de 330 à 350 km/h et surtout une fabrication marocaine dans les ateliers à Casablanca, à l’exception du châssis et des motorisations. La version définitive sera homologuée en Allemagne au début de l’été 2004, avant d’être testée par les journalistes de la presse spécialisée internationale dans les environs de Marrakech. Aujourd’hui, Abdeslam, âgé de 31 ans à peine, peut être fier d’en annoncer la commercialisation, en série limitée à 99 exemplaires, numérotés et affichés à un prix avoisinant les 300.000 euros. Mais surtout, le plus talentueux des designers marocains peut se targuer d’avoir su captiver toute l’attention du public et des médias lors du mondial de Paris qui se tient actuellement. Un succès qui lui vaut toute l’estime des Marocains à commencer par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui le soutient pleinement dans son challenge. «De Maranello à la Médina, il n’y a parfois qu’un pas que la Fulgura a franchi en l’espace de quelques mois». Voici la phrase avec laquelle débute le commentaire de notre confrère Cyril Drevet de l’émission Turbo (M6).
Une phrase qui veut tout dire : Laraki a aujourd’hui réussi son pari de fabriquer une GT marocaine à même de rivaliser avec les meilleures Supercars actuelles.
Mais, au-delà de sa passion et de son patriotisme, Abdeslam reste avant tout un homme éclairé et motivé par son épouse pour qui son coeur continuera à battre éternellement.

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